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Petit essai sur l’art autoproclamé contemporain et officiel #8

Petit essai sur l’art autoproclamé contemporain et officiel #8

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Louis XIV revient !

Le prince est aujourd'hui un commerçant, l'art est donc à son image et sert ses intérêts, le prince qui a les moyens pour se payer l'art, imprime sa marque, c'est psychologiquement et socialement logique, c'est psychosociologique.

Louis XIV disait aux membres de la Petite Académie : « Vous pouvez, Messieurs, juger de l'estime que je fais de vous, puisque je vous confie la chose au monde qui m'est la plus précieuse qui est ma gloire. Je suis sûr que vous ferez des merveilles. Je tâcherai de ma part de vous fournir la matière qui mérite d'être mise en œuvre par des gens aussi habiles que vous êtes. » La mission de la Petite Académie était donc claire : Travailler à la gloire du roi. C'était ce qu'on appellerait aujourd'hui être en charge de sa communication. Je ne suis pas fan sentimentalement de Louis XIV, mais constatons qu'après lui, restait Versailles et la perpétuation de l'enseignement et de la promotion du savoir-faire artistique indispensable à l'émergence des talents futurs.

L'art contemporain n'est pas nul, il n'est rien

L'art contemporain n'est pas nul, il n'est rien, mais un rien qui s'impose. En effet nul est le premier degré dans une échelle de valeur. Tout se passe comme si l'art contemporain avait fait en sorte d'échapper à tout jugement. Non figuratif de façon institutionnelle, et ayant également institué le séduisant règne de la subjectivité individuelle sur les cendres du métier de peintre et sur la décadence de l'habilité manuelle (lumière modelé forme harmonie de couleurs poésie émotion etc.), il échappe à tout véritable jugement artistique. Ses monochromes deviennent du même coup le lieu de tous les discours possibles et de leur contraire.

Le street art est la mise à la rue de l'artiste figuratif

Dans une analyse symbolique qui a son importance quand il s'agit d'art et de communication, l'art figuratif qu'il tolère est le street art. Il n'est pas une menace puisque son support est le mur, support éphémère et non muséalisable. Symboliquement il met l'artiste figuratif « à la rue », hors la loi. Qu'il s'exprime sur les murs a ses risque et périls ! Par le territoire culturel qu'il occupe, l'art d'Etat (et la subversion en même temps) légitimé par à son poids économique et institutionnel, entretient la confusion entre illégalité et subversion. Son poids économique est apparent car ce ne sont que très peu qui s'achètent entre eux et font la cote. Il perpétue pour lui la figure de l'artiste maudit et se réserve bourgeoisement la toile, le musée et les fonds publics.

En conclusion : il s'est installée une contraction sémantique entre art officiel et académisme, ces mots se sont presque fondus, générations après générations, quasiment en un seul. Si on remonte à l'origine on peut proposer à la place trois mots bien distincts.

  • L'académisme en tant que savoir-faire de la ressemblance, utile à tous les genres qui est un artisanat. En effet l'académie, c'est l'école.
  • Le genre : le réalisme est un choix artistique qui pousse plus loin la technique figurative après l'école.
  • L'art officiel qui est l'art financé et enseigné et montré par l'Etat, avec ou non l'adhésion du public.

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