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Astérix et le Domaine des Dieux

Astérix et le Domaine des Dieux

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Alors que les chaines de télévision s'apprêtent, à l'approche de Noël, à rediffuser Astérix le Gaulois pour la énième fois, Astérix et le Domaine des Dieux est toujours à voir - en 3D - au cinéma.

Tiré de la BD éponyme, cette adaptation est plutôt fidèle au support d'origine même si elle se permet quelques écarts. Alors que le petit village des irréductibles coule des jours tranquilles, Jules César décide de faire construire à la place de la forêt un immense complexe urbain afin de forcer les Gaulois à s'adapter à la civilisation romaine ou à disparaitre. D'abord rétissants à la présence de civils romains à la périphérie de leur village, les Gaulois commencent petit à petit à commercer avec les Romains jusqu'à se laisser séduire par le mode de vie des envahisseurs, avant qu'Astérix, Obélix et Panoramix ne décident de prendre les choses en main…

Il est plutôt rafraichissant de la part d'Astier d'avoir porté son attention, comme il l'a signalé en interview, sur une aventure d'Astérix dont la potion magique n'est ni l'élément central, ni la solution au problème. Face à l'implacable symbolique de la société de consommation qui est un peu caricaturée ici, la ruse d'Astérix ou le savoir de Panoramix semblent presque sans ressource, comme devant des civils romains collés à leur fenêtre (comme devant la télé) pour observer Gaulois et légionnaires se battre. Cette dernière séquence n'est pas hilarante, mais dénote bien qu'Astier et Louis Clichy ont bien compris le thème traité par l'album tout en lui donnant des touches d'actualité.

Sur le plan technique, il y a peu à redire : l'animation est fluide et rapide, les jeux de lumière font plonger le spectateur dans le décor et donnent corps à l'environnement. La 3D est utilisée à bon escient et la réalisation tire profit au maximum de la technique d'animation, notamment avec des placements de caméras impossibles dans la réalité.

Le seul regret vient peut-être de la voxographie. Comme c'est désormais l'habitude pour les films d'animation, plusieurs noms connus ont prêté avec talent leur voix aux personnages : Lorànt Deutsch, Laurent Lafitte, Alain Chabat, Elie Semoun, Géraldine Nakache, Florence Foresti, Alexandre Astier himself, Lionel Astier ou encore Joëlle Sevilla (respectivement père et mère d'Alexandre). Cependant la voix de Roger Carel - Astérix, bien sûr - manque désormais parfois de puissance et clareté. En dépit du respect unanimement partagé pour Roger Carel, son travail, sa carrière, avec des voix comme Winnie, ALF, Kaa, Astérix, Kermit, Idéfix, C3PO, il est indéniable que la voix d'un homme de 87 ans n'est pas exactement celle qu'on peut imaginer pour un petit Gaulois agité, hargneux et teigneux. Toutefois, Roger Carel ayant annoncé sa retraite, la prochaine adaptation d'Astérix comportera obligatoirement une nouvelle voix. Enfin, la voix de balourd d'Obélix demande un certain temps d'adaptation. Certes le personnage n'est pas censé être la subtilité même, mais était-il besoin de lui coller cette voix de lourdaud de Guillaume Briat ? La voix de Jacques Frantz dans Astérix et les Vikings était beaucoup plus en accord avec celles - historiques - de Pierre Tornade ou Jacques Morel.

Après quelques adaptations pas très réussies, Le Domaine des Dieux est un succès bienvenu. Ne vous attendez pas à rire de bout en bout (ce n'est pas Astérix d'abord) mais il y aura quelques moments de pure hilarité, des passages qui vous feront sourire avec le jeu des références ou des clins d'œil. Attendez-vous plutôt à un film alternant les sentiments avec un bon dosage et possédant un réel message distillé dans la substance du film…


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