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L'Apôtre, dernier film de Cheyenne Carron

L'Apôtre, dernier film de Cheyenne Carron

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Propos recueillis par Maximilien Friche

Cheyenne Carron est une réalisatrice, scénariste et productrice française. Elle sort son film le 1er octobre prochain, l'Apôtre. Le film raconte l'histoire d'Akim, jeune musulman appelé à devenir imam, qui voit son identité bouleversée alors qu'il est touché par l'amour du Christ… Dans un chaos familial qui l'oppose à son frère, Akim tentera de faire accepter sa conversion au christianisme par les siens. Ce film présente un sujet évidemment brûlant pour notre société, il pose la question cruciale de la liberté religieuse, de la possibilité de se convertir pour un Musulman. Cheyenne Caron a accepté de répondre aux questions de MN.

Mauvaise Nouvelle : Votre film raconte une histoire très contemporaine de la conversion d’un jeune musulman à la religion catholique. Le sujet est extrêmement sensible à l’heure où les rapports entre les religions sont souvent conflictuels à travers le monde. On pourrait même dire qu’il est tabou. Avez-vous conscience du risque pris, ne craignez vous pas d’exciter encore davantage une communauté musulmane qui n’a de cesse de vouloir se faire remarquer pour trouver sa place en France ?

Cheyenne Caron : Je suis catholique, et je vis dans l’espérance, alors je n’ai pas peur. De plus, j’ai fait ce film en souvenir du prêtre du village d’où je viens. Sa sœur a été tuée par un jeune musulman. Suite à ce meurtre, le prêtre avait dit « je reste vivre auprès de la famille dont le fils a tué ma sœur, car ma présence les aide à vivre ». Avec ce prêtre, j’ai découvert la Charité et la splendeur de la religion catholique.

MN : Au-delà du rapport entre Chrétienté et Islam, il me semble que votre film met en lumière le rapport entre une quête religieuse et le monde d’ici bas. Votre film semble rappeler l’essence même d’une religion, qui est de permettre à l’être de se relier à ce qui ne se voit pas : Dieu. Cherchez-vous avec votre film à faire dépasser l’aspect culturel et politique de la religion pour orienter le regard des spectateurs vers l’invisible, les faire renouer avec une crise métaphysique, cause première d’une quête spirituelle ?

CC : Effectivement, mon film parle d’une jeunesse qui aspire et qui cherche Dieu. Akim le cherche à travers le Christ, alors que son frère le cherche dans l’Islam. Leurs parents, eux, sont plus détachés de la religion. L’Apôtre parle de cette quête que l’on sent revenir dans la jeunesse de France, une aspiration à quelque chose de plus grand que nous, qui nous porte et nous élève.

Et dans le film, cette quête est avant tout celle de l’amour du Christ. La religion catholique est, à mes yeux, la seule religion et l’unique religion qui puisse sauver parce qu’elle porte l’Amour au cœur de tout.

MN : La conversion d’un homme est une véritable aventure intérieure, comment avez-vous fait pour la rendre visible à l’écran, en faire du cinéma ?

CC : Je l’ai d’abord vécue moi-même. Mon histoire est autre que celle du héros du film. Je suis une fille de la DDASS, j’ai grandi dans ma famille d’accueil catholique, et enfant, bien que je n’étais pas baptisée, j’ai senti l’amour de Dieu me porter très souvent. Ensuite, j’ai choisi mon baptême, je suis devenue catéchumène.

Bien des années plus tard, lorsque j’ai voulu faire le film L’Apôtre, j’ai puisé dans des témoignages de conversion, mais aussi dans mes propres souvenirs.

MN : La sortie de votre film est prévue le 1er octobre, et il cumule déjà les prix et les sélections aux festivals : Prix spécial de la fondation Capax Dei - Festival Mirabile Dictu (Vatican City-State – 2014), Sélection Festival Rendez-vous du jeune cinéma Français (Russie - 2014), Sélection Festival du Film Franco-Arabe Institut Français (Jordanie – 2014), Sélection Festival Braunschweig International film (Allemagne – 2014). Qu’est-ce qui fait, selon vous, que ce film attire ? Le rapport de la France avec l’Islam qui est un sujet d’une grande actualité ? Ou simplement le désir de spiritualité répandu dans notre société matérialiste ?

CC : Je n’en sais rien. Je n’y ai pas réfléchi. Moi, j’ai fait ce film pour mon prêtre qui a tendu la main à la famille de celui qui avait tué sa sœur. Et pour sa sœur, Madeleine, qui est morte il y a maintenant 19 ans. J’espère que ce film touchera le cœur des gens, et qu’il donnera envie de réfléchir à ce geste, humble et sublime à la fois, de ce petit curé de campagne.


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