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(Re)voir Providence (1977) D’Alain Resnais

(Re)voir Providence (1977) D’Alain Resnais

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Avec Providence, Resnais signait un grand film sur la vision active du monde, ou comment un vieil écrivain alcoolique, à la veille de ses soixante dix-huit ans, sentant la mort se rapprocher, relance une œuvre littéraire couché sur son lit, quelques bouteilles à portée de main.

Une nuit troublée de cauchemars et de fantasmes commence pour Clive qui imagine son entourage dans un pays en butte à la répression fasciste.

Providence fait partie de ces films qui peuvent en cacher un autre.

Il y a en effet, deux niveaux de fiction dans le film : la vie finissante de l'écrivain qui meurt ou se croit mourant, et la fiction qu'il imagine pour son dernier roman et que Resnais met aussi en scène.  C’est là une grande partie de l’intérêt du film.

Sauf que dans sa fiction, l'écrivain s'amuse à projeter des personnes de son entourage, de sa famille, en leur attribuant des traits de personnalité qu’ils n’auront pas en vérité. Habilement, Resnais nous fait rencontrer tous ces personnages « en vrai ». Ils sont tous véritablement différents de ce que ce vieil homme misanthrope et mesquin avait imaginé. Ceci est dévoilé lors d’une fameuse scène de déjeuner en extérieur techniquement très travaillée (lumière, cadrage, mouvement de grue).

Le sujet même de Providence relève du récit psychologique et introspectif. Ainsi Alain Resnais emprunte un propos et des motifs emblématiques à celui-ci, tel que le monologue, celui-là, jamais écrasant.

L’écrivain souffle les répliques aux personnages, les guident telles des marionnettes, au gré de son humeur et des ses projections mentales. Place alors à l’autre thème du film qui est l’illustration critique et ludique de la psychanalyse, à travers sa représentation en direct et l'évocation des frustrations des personnages, aussi bien que ceux du spectateur.

Plus généralement, la mémoire, sa façon de reconstruire et de déformer des expériences vécues ou fantasmées, sont également l'enjeu indirect mais omniprésent de Providence.

Alain Resnais travaille en fait dans ce film de la nouvelle vague, longtemps quasi invisible en France, à la réunion de deux noms communs : «père» et «créateur».  Ce travail a abouti d’un petit chef-d’œuvre méconnu qu’il est urgent de redécouvrir.

Le dvd est sorti en France chez jupiter-films en 2013. C’est l’occasion de connaître cette œuvre du septième art quasi unique en son genre, et grâce aux bonus, le travail des acteurs et du réalisateur.

 

Lien vers le DVD : http://www.jupiter-films.com/film-providence-8.php#dvd


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