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MN prend la marge et revient en septembre


Benzema à l’UMP

Benzema à l’UMP

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L’équipe de France entre de belle manière dans la phase finale de la coupe du monde. Sans verser dans le manichéisme si français de quelques journaux qui voit déjà la France championne du monde, il faut reconnaître qu’une certaine efficacité et surtout un état d’esprit fort éloigné de celui de la dernière coupe du monde règne dans le groupe France. Il semble que l’heure de Karim Benzema soit enfin venue.

Quels sont les ingrédients indispensables à une grande équipe de coupe du monde ? Un leader incontesté que servent des coéquipier de qualité et un groupe soudé sans état d’âme venu pour  gagner. Cela s’est quasiment vérifié à chaque fois : en 1998, ce chef était Zidane entouré de Deschamps, Petit, Turent et tant d’autres. En 2010, et même s’ils n’ont pas gagné, l’équipe d’Uruguay et Diego Forlan ont offert un spectacle magnifique. Les exemples sont légions de duo magique équipe-leader. Mais cette alchimie est fragile et ne dure pas. La star incontestée d’une sélection nationale lors d’une coupe du monde ne l’est quasiment jamais ni avant, ni après : avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure. Nombreux sont ceux qui ont manqué ce rendez-vous avec leur destin et les qualités des joueurs ne sont pas nécessairement la cause première de ces échecs. Didier Deschamps l’a très clairement dit à propos d’Anelka : il a eu son temps. Aimé Jacquet en 1998 avait écarté lui aussi Papin et Cantona (ce qui à l’époque lui avait valu bien des critiques…). Cela n’enlève rien aux carrières exceptionnelles et aux qualités de ces joueurs. Mais l’alchimie ne s’est simplement pas faite au moment juste.

Nicolas Sarkozy veut revenir à la tête de l’UMP pour reconquérir la place présidentielle. Il se présente comme le leader incontesté et incontestable. Incontesté, certes par la petite partie de ceux qui lui ayant toujours été fidèles voient dans son retour leur meilleure chance d’accéder enfin à des postes de pouvoir, mais on peut espérer que la plus grande partie des militants, qui n’y gagneront personnellement rien, ne soit pas aussi unanime sur ce caractère incontesté… Incontestable prête à sourire. Autour de lui gravitent pas moins de six affaires. Il ne semble s’être fait prendre dans aucune d’entre elles mais ce fardeau pourrait bien un jour l’entraîner vers le fond.  Et la France perdrait encore quelques années à s’occuper de la noyade de son leader…

La plus récente de ces affaires est celle qui le rend justement le plus contestable. Admettons qu’il n’ait rien vu des dépassements de ses comptes de campagne, admettons qu’il se soit fait rouler par des gens qu’il a nommé, admettons que bien que président de la république, garant des institutions, il ait ignoré les conditions nécessaires pour que le conseil constitutionnel valide l’élection : admettons donc qu’il ne soit là encore pas coupable. On ne pourra quand même pas contester que c’est alors un gros benêt qui ne sait pas bien choisir ses collaborateurs et connaît mal son boulot. Et dangereux pour la stabilité du pays par dessus le marché ! Imaginons la pagaille générée par l’invalidation de ses comptes s’il avait été élu…

Mais peut-être a-t-il comme un certain général rappelé en 1958, un bilan incontestable qui justifierait son rappel ? Bilan économique : hausse de la dette publique d’environ 50%, dégradation de la balance commerciale d’environ 60%, augmentation du chômage d’environ 2%. 1300 mesures annoncées, la moitié mises en oeuvre, les trois-quarts des promesses de campagne ont été abandonnées. Coté image : colérique, parfois vulgaire… D’autres ont peut-être eu un bilan aussi mauvais mais celui de Sarkozy n’est certainement pas meilleur !

En résumé Nicolas Sarkozy est très contestable comme nouveau leader de l’UMP. Pour cette grande famille politique que constitue la droite républicaine et démocrate en France (je parle des militants et hommes politiques à qui il reste une conviction d’être au service de la France avant de servir leur carrière), il est temps d’avoir le courage de Didier Deschamps et d’Aimé Jacquet. Il est temps de dire : Nicolas Sarkozy a eu son temps. Ces deux sélectionneurs ont su prendre le risque de parier sur les nouveaux et d’écarter ceux qui avaient déjà eu leur chance. C’est généralement la fonction qui fait l’homme et non l’inverse. Il y a certainement à droite d’autres gens capables d’incarner cette fonction et pour lesquels l’alchimie pourrait prendre. Or La même alchimie ne se produit jamais deux fois. Un règne lorsqu’il est doublé n’est jamais le fait d’une alchimie mais d’une résignation, et il n’apporte généralement rien de nouveau. Nicolas Sarkozy a déclaré récemment qu’il voulait revenir pour tout changer… Que diable ne l’a-t-il fait dès 2007 ? Je serais militant UMP, j’aurais le sentiment d’être pris pour un gogo… Aujourd’hui le militant UMP est le sélectionneur et il ne doit pas avoir peur d’écarter une ancienne star.


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