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Camus : la Remigration, what else ?

Camus : la Remigration, what else ?

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Propos recueillis par Maximilien Friche

Mauvaise Nouvelle : Le grand remplacement n'est pas une théorie mais un constat. En revanche, le multiculturalisme est une véritable idéologie qui a supplanté toutes les autres. Quels sont les ressorts profonds du Grand Remplacement de notre civilisation ? Qui tire les ficelles ? Qui a un intérêt raisonnable à cela ?

Renaud Camus : Pour ce qui est des ressorts profonds, on pourrait dire : antiracisme, bourdieusisme, profits.

Appuyé sur la légitimité incontestable qui lui vient du “plus jamais ça” post-génocidaire, l'antiracisme impose le tabou absolu sur toute référence ethnique, et c'est évidemment la condition indispensable au Grand Remplacement. L'homme n'est interchangeable que dans la mesure où il n'y a plus de races. C'est ce que j'ai appelé La Seconde Carrière d'Adolf Hitler. Hitler règne à l'envers, comme référence implicite à toutes les phrases, et par l'effet d'un naïf renversement terme à terme. Ce que le racisme n'a pas détruit en Europe, l'antiracisme est en train d'en venir à bout. 

Par bourdieusisme je désigne la vulgate bourdieusienne triomphante, l'égalité sortie de son lit, la haine de l'héritage et de la transmission. D'une part la déculturation est indispensable au changement de peuple, d'autre part il est bien évident que l'égalité entre les classes, au prix du bannissement de l'héritage, le sera aussi, bientôt, entre les peuples, entre les races, entre les civilisations, entre les citoyens et les non-citoyens.

Quant à l'exigence de profit il va sans dire qu'elle veut la normalisation, dans la tradition fordienne, tayloriste : l'homme normalisé, déculturé, décivilisé, dénaturé et bientôt déshumanisé, remplaçable et interchangeable à merci — la Matière Humaine Indifférenciée (MHI). Inutile de chercher des “coupables”, quoiqu'il y ait certes des profiteurs. Ce sont des mécanismes qui dépassent tout le monde, même ceux qui en tirent avantage : la convergence tardive de la Révolution française et de la Révolution industrielle, l'alliance contre-nature du vertueux antiracisme et de la finance internationale. La droite des intérêts est à gauche, nécessairement : c'est ce qui rend le remplacisme si puissant.

MN : Vous faites de la Remigration l'axe phare de votre programme présidentiel. Cependant est-ce réaliste ? Peut-on avec réalisme envisager de déplacer les populations issues de l'immigration ? Lesquelles seraient concernées par ce programme ? Peut-on le faire sinon avec charité, du moins en respectant ces personnes ? 

RC : Les mêmes qui expliquent l'invasion migratoire par l'extrême mobilité propre au monde moderne jugent la remigration impossible. C'est un peu contradictoire.

MN : D'aucuns pourraient vous dire que la priorité est économique et que le plein emploi serait la meilleure garantie d'une intégration de tous dans le roman national. D'autres pourraient placer l'éducation et la transmission de nos valeurs et de l'amour de la France comme élément premier. Vous avez choisi le déplacement de population comme priorité, pouvez-vous nous expliquer en quoi tout découle de là ?

RC : L'économisme, sa primauté sur le politique et a fortiori sur l'histoire, sont précisément ce qui nous a mis dans cette situation impossible. Quand un pays est envahi ou colonisé, le premier objectif est sa libération : tout le reste est une indécence. Or comme nous l'expliquaient un peu rudement les Algériens en 1962, il n'y a pas libération sans départ du colonisateur.

MN : La Remigration concerne nécessairement les pays d'origine des populations, qui deviendront pour l'occasion pays d'accueil. Comment envisagez-vous de mener cette politique nationale avec eux ? N'y-a-t-il pas risque de conflits externes ? Les axes du partenariat avec l'Afrique et du co-développement ne seraient-ils pas le corollaire indispensable à toute ambition de mettre en œuvre la Remigration ?

RC : Je suis très disposé à aider financièrement l'Afrique, et, d'autre part, à encourager pécuniairement les départs. Tout reviendra toujours moins cher, et surtout sera moins douloureux, que la conquête.

MN : Le Brexit, l'élection de Donald Trump comme président des Etats Unis, sont autant de signes de retour du peuple et du réel contre le système. Sont-ils de bonnes nouvelles selon vous pour les causes que vous défendez ou pour la refonte des stratégies politiques pour 2017 ?

RC : Non, ni l'un ni l'autre, et surtout pas le Brexit, ne me réjouissent particulièrement : je ne suis pas favorable aux politiques du pire. Mais maintenant que c'est arrivé, autant essayer de tirer avantage des perspectives inédites que cela ouvre, surtout l'élection de Donald Trump.

MN : Nos regards orphelins de Français se tournent parfois vers des personnages sachant incarner avec force une nation. Je pense ici à l'admiration que peut provoquer un Vladimir Poutine chez certains. En cas d'échec de ces élections de la dernière chance que sont celles de 2017, y aurait-il une solution pour les Français à appeler à l'aide à l'étranger ? Poutine, par exemple, pourrait-il être celui qui sauve la France d'elle-même, de ce qu'elle est devenue ?

RC : J'ai toujours dit que le combat antiremplaciste ne pouvait se mener qu'à l'échelle de l'Europe. Poutine est certainement un tyran très doué mais ce n'est pas un ami de l'Europe, sauf pour la conquérir en tout ou en partie, dans la lignée soviétique qui est celle de sa formation. Il représente exactement le contraire de tout ce que l'Europe a élaboré de meilleur dans les deux ou trois derniers siècles, l'État de droit, la liberté d'expression, la résolution pacifique des conflits internes. L'Europe doit rentrer en elle-même et cesser de se chercher à l'extérieur, comme un chien perdu sans collier, des maîtres ou des modèles, que ce soit Trump ou Poutine. Elle doit opérer son retour dans l'histoire et comme acteur majeur de l'histoire : cesser de s'envisager sous le seul angle économique, comme un cartel de boutiquiers ; se souvenir enfin de sa culture commune, de sa civilisation, de sa dimension spirituelle.


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