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MN prend la marge et revient en septembre


Courage, Fillon

Courage, Fillon

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« Aujourd’hui, je crois que je suis mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l’emporter en 2017. Si je ne le pensais pas, je ne serais pas candidat » a déclaré François Fillon à Valeurs Actuelles. Après avoir été Séguiniste, Chiraquien, puis Sarkozyste, François Fillon se voudrait fillonniste. On te souhaite bien du courage, Fillon ! Qui l'eût cru, celui qui n'a jamais véritablement eu de mentor, qui a toujours su prudemment parier sur le bon cheval pour gravir les échelons du pouvoir, est aujourd'hui sur le point de conclure sa carrière sur une erreur de jugement aussi magistrale que risible.

François Fillon le sait bien, son manque de charisme et de soutien de la part des militants UMP sont critiques pour lui. Alors, le sage notable de province bien peigné se voudrait aventurier. Il va briser des tabous, quitte à renier ses convictions anti-Front National. Il va attaquer Nicolas Sarkozy, quitte à renier son engagement à ses côtés pendant cinq longues années. Mais rien n'y fera, l'ancien Premier Ministre s'est rocardisé : il restera populaire malgré ses coups de Jarnac, mais ne sera jamais élu à de hautes responsabilités. « S'il te faut des colères pour te paraitre fort, […] alors tu n'as rien compris, » chantait Jacques Brel. François Fillon n'a en effet rien compris : libre à lui de casser de la vaisselle autant qu'il lui plaira, cela ne fera de lui ni un homme de conviction, ni un homme de caractère, ni a fortiori un homme d'État. L'hystérie n'est pas une force en politique, sans quoi Madame Royal aurait été élue haut la main.

En dépit de ces tentatives pour gagner en envergure, François Fillon se rêve finalement, et il le reconnait, en un nouveau Pompidou. Le collaborateur de Sarkozy voudrait se muer en secrétaire du général de Gaulle. Certes Pompidou a été élu Président de la République, mais dans un contexte totalement différent. En effet, Monsieur Fillon a exercé, pendant cinq ans, les fonctions de Premier Ministre sans contester la politique de son Président, et trouve désormais opportun d'étaler ses états d'âmes dans la presse. Pompidou, lui, a clairement exposé son mécontentement face à l'absence du général en mai 1968 et a été remercié, sans pour autant cracher plus tard à la figure de son prédécesseur. Pour se permettre d'entrer en guerre ouverte avec un Président sortant, il faut avoir du charisme. Il ne faut pas s'appeler Fillon, mais Chirac, ou Sarkozy.

Ajoutons, enfin, que quoi qu'en dise François Fillon, l'élection présidentielle de 2017 ne se gagnera pas au centre. Cet espace qui n'existe plus, sera largement occupé par Messieurs Bayrou et Borloo lesquels, tirant la leçon de l'erreur centriste de soutenir François Hollande, se rallieront nécessairement au candidat UMP au second tour… Tout comme le PS qui, piégé par ses fausses postures, sera contraint d'appeler à voter pour l'UMP, après l'élimination de François Hollande au premier tour.

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