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D'un révisionnisme l'autre

D'un révisionnisme l'autre

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Il y a 20 ans, Jean-Marie Le Pen prononçait à l'antenne de RTL une phrase qui allait entrer dans notre histoire politique. Celle-ci, qui évoquait la Seconde Guerre mondiale mais pas les millions de morts des chambres à gaz, était la marque d'un homme bercé par un antisémitisme d'autrefois.

Je suis passionné par l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce mercredi 15 février, Emmanuel Macron a prononcé des mots qui, s'ils ne sont pas promis à la même postérité que ceux de son illustre prédécesseur de révisionnisme, n'en sont pas moins faux.

La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.

Parce que la repentance est dans l'air du temps, et que tous les vices à la mode passent pour vertus, les propos d'Emmanuel Macron ont pu être condamnés par certains mais ne susciteront pas la même réprobation générale que ceux de l'ancien président du Front National. Tant mieux pour lui, mais cela ne fait pas une vérité de ses élucubrations.

Non, la colonisation n'était pas un crime contre l'humanité. D'abord parce que qualifer de crime toute une période de l'humanité relève d'un grossier amalgame, ensuite parce qu'utiliser un concept du XXème pour définir une pratique millénaire procède de l'anachronisme le plus évident et enfin parce que la colonisation porte la civilisation dans sa suite. Viendrait-il à l'esprit de qui que ce soit de demander des excuses à Rome pour les conquêtes gauloises de Jules César ?

Peu importent les divagations de Monsieur Macron, qui resteront celles d'un candidat ultra-libéral qui cherche par tous les moyens à s'acheter un image de gauche et à draguer dans son sillage l'électorat des banlieues, elles n'engagent pas la France. On notera bien d'ailleurs que, quand bien même Alger déciderait d'aider par ses services la campagne d'Emmanuel Macron, son action aurait probablement moins d'impact qu'ont pu avoir les services russes dans l'élection de Donald Trump.


Manuel, tends l’autre joue !
Manuel, tends l’autre joue !
Entre FN-phobie de l’un et islamophilie de l’autre
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Un candidat peut en cacher un autre
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