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De la nécessité d’achever la France

De la nécessité d’achever la France

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Et si le problème du monde, c’était la France ? Et si nous étions l’organe porteur du virus qui le détruit ? Et si à force de vouloir sauver la France, nous ne faisions que favoriser l’action de celui que nous combattons ? Ce sont des questions sans doute tordues. Néanmoins, force est de constater que la France a vu sa vocation d'universalité, que lui avait confiée son statut de fille aînée de l’Église, détournée au profit de l’idée révolutionnaire qui gangrène le monde.

France, processeur du monde

Moi le patriote non nationaliste, je considère qu’il est nécessaire de supprimer mon pays, la France. Autant se dénoncer avant l’érection du doigt vengeur vers mon visage. C’est justement parce que je crois que la France n’est pas une patrie comme les autres, qu’il y a une nécessité de la supprimer. Ce sacrifice est rendu nécessaire comme toute action, toute parole, tout simplement pour la gloire de Dieu et le salut du monde, et surtout pour le second point, il faut bien l’avouer.

Quoi qu’en disent les abonnés au quai Branly, toutes les civilisations ne se valent pas. La Perse ne vaut pas le Congo, la Chine ne vaut pas la Californie. Et la France, nous le croyons, a un rôle particulier, elle est la projection sur un territoire de la vocation d'universalité de l’Église. Bien sûr, l’Angleterre a beaucoup apporté au monde mais son rayonnement est endigué car réduit à son internationalisme financier. Bien sûr, il y a eu la Russie, la Chine, le Japon, l’Iran… mais ces magnifiques civilisations abîmèrent tout message dans leur nationalisme. Seule la France comme fille aînée de l’Église, s’est trouvée dépositaire de l’universel. L’internationalisme des uns et le nationalisme des autres ne sont que caricature de l’universel. Souvenons-nous de Farida Belghoul au moment du lancement de son mouvement Jour de Retrait de l’école en réponse à l’intrusion de l’idéologie du Gender dans les méthodes éducatives. Cette dernière, devant une assemblée de femmes musulmanes, dit ceci : si la loi du Gender passe en France, vous n’aurez nulle part où aller, vous ne pourrez pas retourner au bled. Pourquoi ? Parce que la France est la fille aînée de l’Église… C’est assez édifiant que cette musulmane ait conscience que ce statut confère à la France une prétention à l’universalité, comme l’Église universelle. C’est assez révélateur de prendre conscience que la France est donc ce véhicule qui permet désormais à toute idéologie de s’imposer comme universelle. Alors pourquoi processeur. Parce que le monde procède de la France, parce que le code de l’universel y est présent.

Bien sûr, ce n’est pas en France que se produisirent les pires applications de l’idée révolutionnaire, il y eut le communisme, les anticléricaux mexicains, le nazisme… Mais la France est bien la source et le véhicule, la possibilité d’une diffusion légitime de la révolution dont le programme n’est que négation de la personne humaine au profit de son avatar, l’individu, mis au service du système, transformé en organe du système.

Dès lors, arrêtons de nous réjouir et de pleurer sur les poèmes de Péguy. En 1789, l’idéologie révolutionnaire drapée dans les philosophies des Lumières qui la rendirent comestible s’est emparée du véhicule qu’est la France et use de l’efficacité de son rayonnement. Tout comme certains juifs religieux peuvent considérer qu’Israël dans sa forme actuelle, orientée vers des intérêts particuliers, est la caricature et donc la mort de l’Israël mystique, nous pouvons considérer que la France d’aujourd’hui qui a détourné la vocation à l’universel au profit de l’esprit révolutionnaire est la caricature de celle qui fut la fille aînée de l’glise. Il y a urgence d’arrêter les frais.

Catholiques collabos de la Révolution

Et les catholiques dans tout ça ? Et bien les catholiques sont au garde à vous ! Chair à canon au profit de la République et on se souvient de Jean de Viguerie qui fustigea le militarisme et le nationalisme des catholiques au moment de la première guerre mondiale, militarisme et militantisme qui ne firent que servir la république et la Révolution en les défendant tout d’abord, puis en mourant ensuite… Et voici plus de deux cents ans que les catholiques servent la soupe pour la continuité de l’État et amoindrir les conséquences des politiques menées par l’idéologie révolutionnaire au pouvoir. On entend même certains évoquer le respect que nous devrions à la personne du chef de l’État… Ridicule ! Le roi est mort, il est hors de question de dire vive Hollande ! Le chef de l’État n’est justement pas une personne, mais une fonction cristallisant la construction hors-sol du monstre froid en lieu et place de la patrie. Mais il est facile de piéger les catholiques au jeu de leurs propres valeurs. C’est un jeu d’enfant.

Les arguments s’avancent le samedi soir, lorsque l’on est sûr d’être entre nous. On n’oserait pas dire au travail que l’on connaît Jésus… Dans ces arguments, nous trouvons celui de la politique du moindre mal, celle qui consiste à avancer moins vite, à appuyer sur la pédale de frein de temps en temps, mais à ne jamais proposer de changer de route ou de direction.

La droite n’a pas vocation à être une gauche au ralenti… En 84, tout le monde a pensé avoir gagné la bataille de l’école libre et en 2015, l’enseignement libre et les diocèses font une libre et spontanée allégeance à la réforme des collèges de Najat…

Mais rassurez-vous, ils sont présents partout. Les catho sont dans la place, c’est hallucinant. De quoi agacer certains fantasmant sur la pieuvre internationale catholique. Dans tous les état-major de l’armée, dans toutes les grandes administrations, dans tous les conseils d’administration des grandes entreprises, il y a des catholiques bon teint qui attendent le samedi soir pour se lâcher. L’armée des ombres est en place depuis plus de deux siècles et nous attendons la saint Glinglin. Bien sûr, les catholiques restent absents des domaines de décision de l’art et des médias, n’ayant toujours pas compris qu’une démocratie signifiait conquérir l’opinion et non le pouvoir… On me dit que cela devrait me rassurer qu’Hollande ait un Lefebvriste comme conseiller militaire. Mais cela m’inquiète sur l’état de la collaboration en France ! On me dit, mieux vaut que ce soit des catholiques que d’autres… Ok. Mais la seule question qui se pose est : la collaboration jusqu’où et jusqu’à quand ?

En agissant ainsi, nous ne faisons que renforcer la chute du monde, en animant le cadavre de la France par lequel l’idéologie diffuse. Supprimer la source est peut-être bien la seule possibilité de stopper l’avancée de la Révolution contre l’homme. Il y a une nécessité à achever la France ou du moins à révéler au monde qu’elle est morte depuis longtemps. Exhibons le cadavre de notre patrie pour mettre à nu la Révolution, la République et les droits de l’homme et du citoyen, que leur tête décharnée, leur tête de mort paraisse aux yeux de tous.

Dans l’attente d’être rayé de la carte

Quoi faire en attendant ? Il y a la femme et les gosses à nourrir quand même… Deux attitudes relèvent selon moi du refus de collaborer. La dissidence et le recours à la marge. La dissidence est une attitude par laquelle on refuse de considérer la loi et les institutions comme indispensables, dans laquelle on opère une disjonction entre morale et loi. Cela commence par l’objection de conscience et cela va jusqu’à être hors-la-loi et inciter à l’être. Il nous faut prendre goût à la garde-à-vue et aussi apprendre à ne pas se faire prendre, à fuir. Cette attitude fait le deuil d’une posture réformiste et cultive un certain cynisme. Le recours à la marge avait fait office sur MN d’une longue série : sortir du monde du recyclage et prendre la marge. Il s’agit de préférer le hors-système en tout, les écoles hors contrat à l’éducation nationale par exemple… Cette attitude de vouloir prendre la marge, pour renouer avec l’aventure, peut nous amener à envisager une sorte d’arche française. Affirmer que la France n’est plus en France, etc. Le but serait de se créer une France de sauvetage, de reconstruire la France hors d’elle-même… Toute une aventure…

Si vous ne parvenez ni à entrer en dissidence, ni à prendre la marge et que vos compétences vous amènent à vous mettre au service de l’État, si vous êtes dans l’obéissance, alors faites le en croisant les doigts et en préparant le coup d’État.


De la nécessité morale d’un coup d’État
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France Dar al Islam
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La France à la croisée des chemins
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