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Des cabanes pour le marché de Noël, mais pas pour les migrants

Des cabanes pour le marché de Noël, mais pas pour les migrants

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Place Carnot à Lyon, au plein cœur de la presqu’île, non loin du no man’s land de Perrache, a lieu chaque année le marché de Noël. Une tradition. Mouais. Enfin la copie de la tradition de Strasbourg pour pratiquer ici et ailleurs l’extension du domaine du capitalisme. L’objectif du capitalisme mondialisé est toujours de tout détourner à son profit, tout absorber, tout digérer… tout gâcher. On ne va pas partir maintenant sur le détournement de Noël, ce serait trop long et en plus on sait déjà ce que l’on va dire. Non, revenons à notre place Carnot. Depuis quelques années, à partir de septembre, des familles de migrants se mettent à camper sur les pelouses. Elles viennent vraisemblablement de Moldavie en passant par la Roumanie pour profiter du laxisme de Schengen et venir mendier leur misère dans un des pays les plus riches du monde comme l’est encore notre hexagone.

Le quart-monde aux pieds des loyers prime

Les cars de Roumanie arrivent à la gare de Perrache et on voit les pauvres hères débouler avec leur maison sur le dos, comme des escargots de misère. Tous les soirs, ils s’installent. Tous les matins, ils plient les gaules sous le regard vigilants de la police municipale. Il y a souvent un ou deux bénévoles d’association qui viennent prendre des renseignements pour mieux remplir la paperasse nécessaire à faire de ces illégaux des migrants destinés à s’incruster. La journée, les jeunes, élevés à coups de trique pour voler, sont pickpockets avant de revenir au campement urbain sur la pelouse de Carnot. Le quart-monde aux pieds des loyers prime de la capitale des Gaules. Que cela paraît long ! Les mois filent, la pluie et le froid arrivent, et ils sont toujours là. La misère s’enlise. Dans notre grand pays riche, l’adjoint au maire en charge de la salubrité publique préfère inaugurer les éclairages à led des ponts plutôt que régler cette affaire.

Pas besoin d’une visite présidentielle pour virer les migrants, le marché de Noël suffit

Que l’on soit opposé à l’immigration de masse n’empêche pas de trouver scandaleux notre incapacité à loger la misère que l’on importe. Je fantasme parfois sur une organisation militaire de l’accueil des migrants, une grande dalle de goudron, des bungalow installés à la chaine, une école, … bref un camp de réfugiés tenu par des militaires pour préparer l’intégration à la société. En lieu et place de ce fantasme d’intégration autoritaire, on laisse proliférer les bidonvilles au cœur de la cité jusqu’à ce que… la trêve de Noël nous pousse à les évacuer. Pas besoin d’une visite présidentielle pour virer les migrants, le marché de Noël suffit, le capitalisme a besoin de faire place nette. Les ouvriers construisent des chalets avec efficacité en série. Un village pour migrants, des cabanes pour leur redonner un peu de dignité et un toit ? Non des cabanes pour vendre des choses moches et inutiles à des badauds désœuvrés venus battre la semelle en ville ayant renoncé et remisé définitivement leur gilet jaune dans la penderie des utopies. Des cabanes food trucks pour fabriquer des obèses l’hiver avant de les complexer pour les soldes de printemps. Et nos migrants dans tout ça ? Disparus un beau matin avant l’ouverture du marché de Noël. Ils ont bien viré Jésus, ils peuvent cacher les migrants… Où sont-ils ? Sans doute relogés convenablement après trois mois d’attente. Nécessité fait loi. Chers migrants, si vous voulez être relogés sous trois mois, campez à proximité d’un futur marché de Noël !

Le commerce est un camp

Ce n’est pas tout ! Les mignons petits chalets noirs avec de la fausse neige sur le toit qui forment ce village commerçant de Noël sont entourés de clôtures RAZ et les entrées barrées par des blocs de béton. Une sorte de fan zone de Noël. Le commerce est un camp. C’est que nous sommes en guerre civile mondiale. Vous aviez presque oublié avec la magie de Noël ! Il y a des risques d’attentats. Vendredi dernier, c’était black Friday à Londres… Sur la place Carnot de Lyon, au marché de Noël, nous avons une lecture, si on y prend la peine, de la géopolitique actuelle, du mondialisme financier qui transforme l’humain en marchandise, qui importe la misère sans la supprimer, qui promeut les marchands du temple partout où il peut, qui se moque de la guerre et des attentats tant que le commerce fonctionne. Commerce-guerre-migrants-misère-commerce-attentats-etc. Tout est leurre et trompe-l’œil, stuc, carton-pâte. Le capitalisme mondialisé est une fête au marché de Noël !


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