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Entre FN-phobie de l’un et islamophilie de l’autre

Entre FN-phobie de l’un et islamophilie de l’autre

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Nos hommes politiques sont systématiquement dans des stratégies personnelles visant à incarner un jour ou l’autre le recours, l’homme providentiel. On pourrait même discerner un certain cynisme quand il s’agit d’organiser la chute de notre pays, la division des Français, et la guerre hors de nos frontières. Intéressons nous en premier lieu à ceux qui ont le pouvoir en France et veulent le garder. Le moment de dénoncer l’idéologie républicaine et laïciste du Front viendra bien assez tôt

Nous avons donc du côté gauche le premier ministre qui se veut le chef de file d’un monde du spectacle mobilisé pour stigmatiser le FN. Et du côté droit, nous avons l’ex-premier ministre à tête d’impôt mutant son padamalgamisme en véritable islamophilie. Valls et Juppé, deux mâchoires fétides d’un politiquement correct usé.

La FN-phobie se donne en spectacle

« Si le FN passe en 2017, je quitte la France »… Le slogan se fait entendre, prononcé par les bouches qui ne vivent que d’être désirées. On entendrait presque « retenez-moi, retenez-moi ». La liste s’allonge : Bruel, Le Clézio, Bedos, Noah, … et Debouze qui menace de retourner au bled … Le ridicule de ce genre de menaces est qu’elles peuvent rapidement constituer une motivation supplémentaire de voter Front. Les humanistes du Paf jouent avec le feu ! Mais heureusement, ils ne sont pas plus crédibles que le petit bourgeois de droite ânonnant à chaque élection « si la gauche passe, je vais en Suisse ». Les masses stagnent, quelque que soit la nature du pouvoir. Et il est fort à parier que les stars préfèreront toujours, au bout d’un moment, collaborer que fuir. A noter que ce sont les mêmes stars qui devaient partir en cas d’élection se Sarkozy, aujourd’hui, sans doute par précaution, ils repoussent les limites. Moi-même, si les chars russes pointent leur nez demain, cette fois, je reste ! Qu’on se le dise…

Valls, Marion et le djihadiste

Ce qui est surprenant, ce n’est pas l’immaturité et la niaiserie de tel ou tel comique ou chanteur, nous savions déjà que leurs raisonnements s’en tenaient à l’expression de quelques slogans maintes fois remâchés, non, ce qui est surprenant, c’est Valls. Valls qui se veut tête de pont des élections départementales et parle déjà de 2017. Valls qui joue le fusible prêt à se sacrifier pour le PS et qui finalement se pose comme seul rempart efficace et possible face à la bête. Dimanche 8 mars, jour de La femme (avec un grand L), le premier ministre a exprimé son « angoisse » de voir l’extrême droite arriver au pouvoir en 2017. L’expression de cette émotion est d’autant plus intrigante que dans le même temps, ce gaillard de premier ministre affirmait ne pas avoir peur de Daesh… Entre le coutelas du djihadiste masqué et le joli sourire de Marion, pour ma part, j’ai fait mon choix. Le fait est que justement, c’est avec Marion Maréchal-Le-Pen que la partie de ping-pong a commencé, devant les députés heureux d’être maintenus en éveil. La jeune frontiste de lancer : « Vous qui étalez votre angoisse de perdre votre mandat alors que vous devriez vous soucier de l'angoisse de nos agriculteurs, de nos artisans, commerçants, retraités, de l'angoisse de nos cinq millions de chômeurs, gardez donc votre mépris crétin ». Une virgule après mépris et le crétin en question aurait été mieux désigné.

Comme le souligne avec amusement Zemmour, pour répondre à cette invective, Valls n’a pas eu peur de sur-jouer, de théâtraliser sur le thème « la République en danger », Robespierre au mieux de sa forme. Même les gestes étaient là, avec la tremblote de la main gauche qui excita les réseaux sociaux croyant le gardien de la révolution atteint de Parkinson ou de la vache folle. Il y a bien d’autres raisons de trembler : la trouille, le froid, la haine, … pour ma part j’opte pour la trouille de sa propre haine.

Après avoir avoué qu’il menait campagne contre le FN, il a sorti tout l’attirail dialectique possible : « je considère que pour l'image de mon pays, pour notre démocratie, cela représente un véritable danger », et pour les images : « Je ne veux pas que le 22 mars, ce pays, ma France, se réveille avec la gueule de bois », et pour le final avant les applaudissement de son camp : « Vous trompez les petites gens, vous trompez les ouvriers, vous trompez les agriculteurs, vous trompez ceux qui souffrent alors il est temps que dans ce pays il y ait un débat, qu'on déchire le voile, la mascarade qui est la vôtre ». Retour à l'antiracisme des années 80, Valls était à deux doigts de ne pas toucher à son pote … Mais voyons clair dans le jeu, au-delà de la sincérité de ses tremblements, c’est par gaullisme stratégique que Valls agit : diviser les Français, annoncer le chaos et sortir comme un pop-up pour être ciment de la nation, grand rassembleur de ceux qui ne désirent rien d’autre que la paix à tous prix. Porté par les corps médiatiques et les stars du showbiz, le premier ministre se fait meneur de revue, clown triste et grave, dézingue ceux qui osent penser librement comme Onfray pour mieux piloter et manipuler l’opinion. Et comme par ailleurs Valls cultive l’image du gars qui aurait très bien pu faire carrière à l’UMP, ayant fait allégeance à la finance, à l’Europe et à New-York, il devient vite la solution pour maintenir la rente de tous ceux qui en ont une, la solution pour maintenir la paix civile. Pour parvenir au pouvoir, il lui faut grandir en même temps que le Front, dans les mêmes proportions, il lui faut un Front menaçant.

L’islamophilie, chemin de soumission

A force de combattre leur peur de l’islam, certains finissent par se préparer à la soumission. C’est le cas de Juppé, candidat de droite adulé par les électeurs de gauche. Qu’on se le dise, Alain aime ses frères musulmans et habituons nous à imaginer le meilleur d’entre nous avec les poils au menton que son crâne d’œuf refuse depuis bien longtemps. Ce n’est pas à Bordeaux que les minarets seront interdits. La une de Valeurs actuelles dénonce les complices irresponsables de l’islamisation du pays, et à leur tête nous trouvons : Alain.

Le maire de Bordeaux a acheté un terrain de 8 500 mètres carrés et a concédé un bail de très longue durée pour le projet de mosquée de Bordeaux. Ce n’est ni le premier ni le dernier maire de France à ouvrir les portes de sa ville à une civilisation étrangère, le cas le plus particulier d’Alain Juppé réside dans l’affichage de ses fréquentations. Il fait les louanges de Tareq Oubrou, futur recteur de la mosquée en question. Or Tareq Oubrou est un théoricien de la “charia de minorité”, concept qui préconise l’allégeance aux lois sécularisées… tant que les musulmans sont minoritaires. Il parait que cette posture est modérée, c'est-à-dire que nous avons à dire merci à celui qui l’adopte. Il y a toujours dans l’annonce d’une modération, une menace sous-jacente de ce que cela aurait très bien pu être. Nous avons d’autant plus à dire merci à Tareq qu’au début des années 2000, il était favorable à l’instauration du califat et au port du voile obligatoire. Estimons-nous heureux, et aidons les musulmans radicaux à devenir modérés, en faisant des concessions. Voici la stratégie de façade de Juppé. Quant aux musulmans, leur stratégie est tout aussi simple : devenons des modérés de façade pour obtenir des concessions ; petit à petit le califat s’imposera de fait. D’ailleurs Tareq continue à se réclamer des Frères musulmans, organisation souhaitant rien de moins que l’avènement de l’État islamique mondial. Déjà en 2011, le glabre Alain avait rencontré ces (ses) frères musulmans si représentatifs de l’Islam modéré que nos démocraties appellent de leurs vœux. Tout ceci nous fait penser à l’accommodement raisonnable du Québec, cette tentative des sociétés laïques de s’accommoder des exigences des différentes minorités religieuses au sein de la société civile. Belle intention qui pousse des juges par exemple à refuser le divorce à une femme musulmane victime de violences conjugales au motif que dans ces milieux, il n’est pas inhabituel que l’homme exerce son droit de châtiment corporel sur sa femme. On n’arrête pas le progrès porté par le multiculturalisme…

Comme Valls à gauche se veut le pacificateur d’un pays déstabilisé par la montée du Front national, Juppé joue la carte également de la division pour mieux rassembler, recréer une nouvelle unité nationale derrière sa personne. Sans doute n’a-t-il pas supporté que Houellebecq ait choisi Bayrou comme premier ministre idéal de son héros Mohamed ben Abbes, idéal car sans idée ni conviction, uniquement désireux d’accéder à la fonction suprême. Soumission a du échapper des mains du Juppé, s’écriant mais c’est moi, cela doit être moi ! Il a du s’emparer de son téléphone portable pour chercher en vain le nom de Mohamed Ben Abbes, personnage de roman. Valls et Juppé veulent sentir monter le risque de guerre civile pour incarner un jour la garantie de la paix civile.

Pauvre Valls, pauvre Juppé, pauvre droite, pauvre gauche, pauvres musulmans, pauvres de nous.


D'un révisionnisme l'autre
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Entre le bœuf et l’âne gris
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Manuel, tends l’autre joue !
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