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Entre le bœuf et l’âne gris

Entre le bœuf et l’âne gris

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Conseil général de Vendée, mairie de Béziers… Juridiction et autorité administrative, en auxiliaires zélées de la libre pensée, se sont illustrées ces dernières semaines en partant en croisade, que dis-je, en guerre contre ces crèches installées dans des bâtiments publics. Nouveau motif de crispation du pays chouan face au jacobinisme anti-calotin des bobos parisiens.

Pourtant, notre gouvernement nous a habitués à ce genre d’écran de fumée. Cet accès de fièvre de Noël devait être un joyau de manipulation politique, il n’aura été qu’un nouveau raté. Outre de masquer l’état réel du pays, il devait créer une nouvelle occasion de division en touchant à l’intime de chacun et en soulignant ce clivage artificiellement entretenu entre républicains et catholiques.

Une superstition pernicieuse

La levée, attendue et espérée, de gonfanons à l’encontre des pourfendeurs de la chrétienté a fait de nous les idiots utiles du gouvernement. En effet, fort opportunément relayée par nos media, les tenants de la laïcité tolérante et apaisée ont pu développer leur argumentaire : « Mais regardez-les donc ces pauvres cathos englués dans leurs pratiques de gamins attardés. Comme si jouer à la poupée avec leurs santons les rapprochait de leur illusoire perfection… Regardez-les ces dangereux naïfs qui veulent nous imposer leur vision réac et rétrograde de la famille. Regardez-les donc s’arroger des droits sur les lois de la République. Ils n’ont qu’à faire comme s’ils étaient chez eux, tant qu’ils y sont! ». Et nous voici gentiment mais fermement exclus de l’espace public et rejetés dans la pénombre des plis obscures de l’Histoire.

Un relativisme coupable

A contrario, certaines bonnes âmes catholiques ont choisi la carte de l’apaisement. Finalement, cet élément de folklore valait-il vraiment la peine de s’énerver et de cultiver un climat déjà tendu ? La crèche n’est après tout qu’un élément de catéchisme, un acte de piété davantage culturel que dogmatique. Et puis comprenez-vous, dans un lieu public ! Non vraiment c’était un peu abusif voire même discriminatoire… Finalement, accueillir chacun dans sa diversité, sans le brusquer, n’est-ce pas cela la vraie charité ? Et puis ne ferions-nous pas mieux de chercher une crèche pour ceux qui sont dans la rue plutôt que de nous émouvoir des crèches que l’on met à la rue ?

Courte-vue médiatique

Funestes tentations que ces deux extrêmes toutes deux suscitées par le pouvoir.

Pour autant, les réactions d’indignation n’ont cette fois pas traîné… a contrario d’une frilosité certaine lors de la énième profanation des Femen lors de la venue du pape François à Strasbourg. Serait-ce donc que les catholiques de cœur ou simplement de culture, deviennent plus chatouilleux à l’approche de Noël ? Comme l’a montré fort justement Paul Voltor dans ces pages, cette réaction en faveur de la crèche ne trouve pas son origine dans la seule appartenance religieuse. Et c’est ce que n’avait pas mesuré le pouvoir socialo-maçon.

De profundis

Les fossoyeurs de la famille ont oublié ceci. La crèche et plus largement la fête de Noël touche à nos racines d’homme. Il suffit à l’enfant que nous étions d’entendre quelques notes de cantiques pour qu’il s’émerveille encore des illuminations, des flocons de neige, du feu qui ronfle dans la cheminée, des plantureux repas, de cette douce euphorie générale, de la famille qui se retrouve dans la paix de cette nuit si spéciale.

La libre pensée ne croit pas en l’incarnation de la Vérité. Elle lui préfère un relativisme individualiste où tout se vaut. Dès lors, toute institution, toute autorité qui pourrait donner un semblant de sens, de base morale, de fondation intellectuelle ou pire encore religieuse est suspecte et doit être abattue.

L’homme doit être libéré de ses conditionnements. Il doit être pour cela arraché à ses racines, détaché de son héritage, purgé de sa nature même. La famille, l’Église mais aussi l’École en tant que lieu de transmission d’un enseignement sont des cibles de premier choix.

Divine surprise

Hélas, à défaut d’être des bœufs, les Français sont des ânes. La vague d’indignation populaire suite à ces décisions d’interdire des crèches est révélatrice, comme l’ont d’ailleurs été les grandes manifestations de 2013, d’une prise de conscience encore diffuse. Petit à petit, les Français comprennent que l’on essaye de modifier leur contrat social. Ce moule que les révolutionnaires tentent de briser depuis si longtemps se révèle plus solide que prévu. Nos concitoyens y demeurent profondément attachés.

Sans avoir encore la pleine conscience que les combats qui secouent notre société sont ceux, plus larges, d’une humanité qui cherche son sens et la Vérité, ils perçoivent confusément que ces luttes sont très importantes et que chaque défaite les fragilise dangereusement.

C’est sans doute là l’erreur de la bienpensance et la divine surprise de Noël. La lobotomie politico-médiatique n’effacera jamais la nostalgie de la Vérité, la soif de transcendance, pas plus que les réflexes du bon sens populaire…             


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