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MN prend la marge et revient en septembre


Et le bobard d’or est attribué à ….

Et le bobard d’or est attribué à ….

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Propos recueillis par Maximilien Friche

Après une carrière politique, Jean-Yves Le Gallou a fondé Polémia en 2002, site destiné à la ré-information. Depuis 2009, J.Y Le Gallou organise également la farce des bobards d’or destinée à « récompenser » un média ou un journaliste ayant excellé dans le mensonge, la déformation de l’information ou la propagande. La cérémonie a eu lieu le lundi 14 mars 2016 à 19 heures 30 au Théâtre du Gymnase Marie Bell à Paris. MN a rencontré J-Y Le Gallou pour en savoir plus. Pour plus d’infos : http://bobards-dor.fr/

MN : Les « bobards d’or », voilà bien un titre à côté duquel MN ne peut passer sans tourner la tête avec intérêt. On y pressent un déboulonnage du politiquement correct dans la joie et la bonne humeur. De quand datent ces bobards d’or, comment vous est venue cette idée ?

J-Y Le Gallou : Polémia est né en 2002. En fait, on s’est à ce moment là intéressé au poids considérable des médias dans l’ensemble des décisions prises dans le pays, qu’elles soient socio-économiques, politiques ou judiciaires. Nous avons donc mené quelques réflexions critiques sur les médias. C’est d’ailleurs à ce moment là qu’est sorti mon livre : la tyrannie médiatique. En fait, nous avons structuré notre action en deux volets. Le premier est positif et se propose de construire une ré-information au travers du site Polémia. Il s’agit là d’apporter une information autre, de mettre en lumière ce qui est dans l’ombre… Le deuxième volet de nos actions est plus destructif en quelques sortes. Il s’agit de cette cérémonie parodique construite dans l’esprit des « Gérards » qui se moquent des Césars et des Oscars. Avec les bobards d’or, nous souhaitons récompenser « les meilleurs des journalistes » au service du politiquement correct jusqu’à en mépriser la réalité des faits.

MN : Comme toute bonne cérémonie délivrant des récompenses, vous présentez les nominés en expliquant en quoi ils ont brillé dans leur désinformation. Et nous disposons de toute une palette dans la stratégie de désinformation, il n’y a pas que le mensonge pur et simple…

J-Y Le Gallou : Non bien sûr, le mensonge pur n’est qu’un des moyens. Nous trouvons à côté du mensonge des stratégies d’accentuation, d’établissement de fausse symétrie, de déformation, d’amalgame… Le vrai mensonge qui concourt à ces bobards d’or est le mensonge géographique de l’AFP. Les faits sont les suivants : Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, un chalutier a fait naufrage dans le golfe de Gabès à une centaine de kilomètres des côtes libyennes et des côtes tunisiennes, ce qui a provoqué la mort de plusieurs centaines d’immigrés clandestins. Ce que rapporte l’AFP est que ce naufrage a eu lieu quelques 500 km plus loin, proche de la Sicile. Ce mensonge permet bien évidemment à la presse de pointer du doigt la responsabilité des européens plutôt que celle de la Libye ou de la Tunisie. Au delà des mensonges, une stratégie largement utilisée par les médias est de faire silence, de ne pas couvrir un événement, même si cela devient de plus en plus difficile pour eux avec les médias alternatifs et les réseaux sociaux.

MN : Justement, derrière cette question se cache celle des moyens. En France, quasiment toute l’investigation est publique avec l’AFP, et les médias ne se contentent que de pratiquer une glose politiquement correcte des dépêches pour rendre grâce aux subventions publiques reçues…

J-Y Le Gallou : Tous les médias sont extrêmement subventionnés. La presse écrite reçoit quelque 2,5 milliards d’euros par an, et pour ce qui est des médias audiovisuels, il est important de noter qu’ils bénéficient d’un canal attribué par le CSA. Ils jouissent donc de l’octroi d’un bien public. Pour ce qui est des sources dans notre travail de ré-information, il s’agit d’abord et surtout, de remettre en ordre ce qui fait grand bruit et ce qui ne fait que peu de bruit, de faire passer le petit bruit devant, de le faire remonter à la surface des pages locales vers les pages régionales, puis nationales. Dans notre travail de ré-information, nous fouillons aussi beaucoup les pages étrangères. C’est par exemple par la presse arabe qu’est sortie la remise de la légion d’honneur à un prince saoudien la semaine passée. Malheureusement, bien souvent, on déboulonne les bobards avec retard. Notre travail consiste à décrédibiliser les médias, mais quand un événement a lieu, leur puissance de feu anéantit un temps tout esprit critique, comme ce fut le cas avec la photo du petit Eylan. Le seul moment où on arrive avant, c’est quand on oblige les médias à couvrir un événement sur lequel il y avait des consignes officielles de ne pas en parler. Ce fut le cas avec les viols de Cologne…

MN : Finalement les bobards d’or révèlent que le politiquement correct construit son mythe en temps réel en falsifiant l’actualité, c'est-à-dire les faits historiques à leur source. La gauche s’est toujours fondée dans le mythe historique, et l’Histoire est toujours ré-écrite par les vainqueurs, en l’occurrence, elle est désormais fabriquée à sa source avec le recours des médias.

J.Y Le Gallou : C’est tout à fait exact. On nous reproche parfois de ne pas révéler les bobards des hommes politiques, et pourtant il y en a. Mais c’est que, contrairement aux journalistes, les hommes politiques ne font pas métier de la vérité. Le scandale dans la presse est que dès les écoles de journalisme, on apprend à désinformer, à manipuler l’information, à servir « le bien » plutôt que le vrai. Et les axes principaux de combat de ce politiquement correct sont les valeurs et le grand remplacement. Les médias se sont mobilisés sur le thème du mariage pour tous sur la période 2012-2014 et depuis 2014, c’est sur les questions identitaires et du multiculturalisme qu’ils s’emploient à maquiller la vérité. Même dans le domaine scientifique complexe du réchauffement climatique, ils veulent établir une vérité officielle. Quel autre pays que la France peut virer un présentateur météo en raison de thèses qu’il défend sur la question climatique ? Bien sûr, on peut espérer qu’avec la multiplication des sites de ré-information, et l’action par les réseaux sociaux, la crédibilité des médias soient véritablement remise en cause.

MN : En attendant, la farce que vous organisez permet de révéler la manipulation. Le silence des médias sur votre cérémonie, comme l’absence de réaction des nominés, est la meilleure preuve du caractère intentionnel de ce militantisme médiatique !


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