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Et Sarko trahit la cause du peuple !

Et Sarko trahit la cause du peuple !

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En 2016, l’historien et politologue Patrick Buisson publiait un ouvrage intitulé La cause du peuple et sous-titré L’histoire interdite de la présidence Sarkozy. Si la France connaît une crise politique et morale sans précédent, elle le doit assurément à la trahison des élites vis-à-vis du peuple. C’est la thèse de notre auteur qui, illustrant sa démonstration d’anecdotes des coulisses du pouvoir, appelle à une grande politique conservatrice de droite appuyée sur un catholicisme social. Buisson connaît bien les ressorts qui alimentent le « populisme » qu’il ne voit pas comme un danger mais bien comme un sursaut salutaire. La déconnexion des classes moyennes à la mondialisation se matérialise par une double fracture : sociale avec la rupture d’avec les grandes métropoles et leurs bassins d’emplois ; culturelle avec les populations immigrées et un modèle multiculturel imposé qui ne convainc pas. Notre auteur cite Simone Weil pour qui « L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. » S’il se veut fructueux, l’enracinement doit s’opérer dans des endroits où les besoins fondamentaux (de travail, de revenus) et les besoins d’identité (d’appartenance à la communauté, de maintien de valeurs anciennes partagées) sont assurés. Ces conditions furent longtemps réunies, tant que la France connaissait une immigration raisonnable et intra-européenne et qu’elle possédait une industrie suffisante et une agriculture forte. Les campagnes et les zones péri-urbaines pouvaient goûter paisiblement un art de vivre à la française. Cet âge d’or exista jusqu’aux années 60. Les puissantes lames de fond de la métropolisation (naissance de villes mastodontes) et de la gentrification (apparition de « bobos » se « ghettoïsant », c’est-à-dire d’élites érigeant autour d’elles des citadelles pour se protéger et profiter égoïstement des subsides de la globalisation), sont alors apparues. Ces tsunamis violents générèrent ni plus ni moins que l’apartheid des classes moyennes (qui représentent 60 à 70% de la population française). Les tensions communautaires grandirent. Un clivage irréversible entérinerait la rupture définitive de la France d’en bas (les France périphériques) avec celle d’en-haut (l’oligarchie bien décidée à empêcher l’expression d’un peuple inapte à rompre avec ses passions tristes : violence, rejet de l’autre, préférence nationale…). En réaction à tout cela, l’émergence des populismes est désormais effective un peu partout dans le monde, de l’Europe aux Etats-Unis, et traduit le cri d’espoir d’hommes et de femmes qui refusent d’être broyés par l’argent, le marché et d’être les jouets de marionnettistes cupides.

L’oligarche trahit la cause du peuple

C’est sans mal pour convaincre que Buisson, en tant que conseiller du sixième président de la Vème République, dans la période s’étalant de 2007 à 2012, démontre l’appartenance de Nicolas Sarkozy à ce club select de l’élite nomade inféodée au marché tout-puissant, acquise au multiculturalisme, au sans-frontiérisme, à l’abandon des souverainetés nationales, au mépris des cultures singulières. Cette élite, véritable œil d’un Big Brother orwellien planétaire, œuvre avec acharnement au bâillonnement des peuples et des individus jugés dangereux pour la doxa dominante (qu’on songe aux récentes lois françaises liberticides « des fake news », « anti-casseurs » et celle en préparation pour l’été 2019 de lutte contre les « propos haineux » sur Internet, qui ne sont en réalité qu’un moyen tyrannique au service de la pensée unique). Cette oligarchie au pouvoir confisque habilement la démocratie au profit d’institutions supranationales telles la commission de Bruxelles exonérées de tout contrôle et de toute transparence, les habillant des vertus cardinales du progrès, de la tolérance et des droits de l’homme, qu’elles sont censées incarner. Pour étayer les choses, Buisson cite le génial Chesterton : « De toutes les raisons de mon scepticisme devant cette habitude moderne de tenir les yeux fixés sur l’avenir, il n’est pas de plus forte que celle-ci : tous les hommes qui, dans l’histoire, ont eu une action réelle sur l’avenir avaient les yeux fixés sur le passé. C’est ainsi que l’homme doit toujours -pour quelle raison ? -planter son verger dans un cimetière. L’homme ne peut trouver la vie que chez les morts. ». Ignorant la sage maxime de l’écrivain anglais, Sarkozy fut un adepte inconditionnel de l’universalisme ainsi que du mouvement brownien de destruction créatrice propre à ce capitalisme débridé qui a tant défiguré le monde et l’a rendu hystérique. L’hyper président omniprésent sur tout et n’importe quoi, parfaite caricature d’un activisme échevelé, ne comprit jamais que « Le cortège hypothétique des bienfaits de la mondialisation exige autant de sacrifices préalables, d’emplois supprimés, d’usines délocalisées, de paysages mutilés, mais aussi de relations conflictuelles, de tensions communautaires, de heurts civilisationnels plus ou moins larvés, bref, d’insécurité économique, sociale, culturelle. »

Illustrant l’insondable césure entre le pouvoir et le peuple, Buisson rappelle que lors du référendum de 2005 sur la constitution européenne, les Français avaient voté « non » dans une « sorte de réplique amplifiée du 21 avril 2002 qui avait vu la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. » Pour laver cet affront jugé inacceptable, les élites parlementaires (qui pensent toutes de la même façon) furent enjointes (par les élites éclairées supérieures qui leur servent de mentor) de procéder au vote de la loi afin de ratifier le traité. Le projet dont le peuple ne voulait pas fut ainsi adopté à 92%. Contrepied à la vox populi, scandale et déni de démocratie ! Autre exemple : la question d’actualité sur l’éventuelle mise en place du référendum d’initiative populaire (le RIC) doit être examinée. Les « ploucs », les « sans dents », les fumeurs de gauloises et les brutes roulant au diesel obtiendront-ils gain de cause là-dessus ? Les élites accepteront-elles cette ingérence dans leur pré carré ? Question à mille francs ! Rappelons que la France invisible ou la France des classes moyennes ou la France des fractures sociales, la sémantique est diverse mais correspond à une seule et même réalité, cette France représente, nous l’avons dit, 60% à 70% de la population globale. Son poids sera donc de plus en plus décisif à l’avenir dans les décisions politiques. C’est grâce à elle que Sarkozy gagna la présidentielle en 2007 (sur la ligne Buisson). Il la trahit ensuite allègrement, et perdit, ipso facto, en 2012 face à Hollande des suites de la défiance totale qu’elle lui manifesta. Rappelons encore que Marine Le Pen obtint 10,6 millions de voix, un record, lors de l’élection de 2017, et que Macron ne dut sa victoire qu’à un réflexe pavlovien auto-protecteur du système et de ses baronnies (fonctionnaires, retraités et « bobos » pour l’essentiel) qui voulaient préserver les graals de leur vie : leur argent et leur tranquillité, jurant que tout allait très bien dans notre pays, et s’indignant qu’on ne les laissât pas vivre en paix, car quand même l’été arrivait, Macron était un beau garçon et Le Pen une vilaine populiste qui, d’après ce que l’on disait dans les médias, sur toutes les ondes et tous les écrans, nous plongerait à nouveau dans « les années sombres de notre histoire », et c’eût alors été l’assurance de gâcher les vacances estivales… Donnons une autre statistique pour bien sentir le souffre qui émane du volcan France : 2,8 millions de jeunes Français de 15 à 35 ans sont actuellement sans emploi, sans enseignement et sans formation ! Quand on sait que l’oisiveté est la mère de tous les vices, on peut se demander à quoi a bien servi cette Europe fédérale et à quoi les politiques au pouvoir occupent leurs journées… Ajoutons, pour que la coupe soit pleine, une immigration de peuplement « régulière, ordonnée et sécurisée » pour reprendre les termes de l’insensé pacte des migrations de l’ONU signé (en catimini) par la France en janvier 2019 à Marrakech. Une immigration qui n’a nulle intention de s’assimiler comme l’incontestable « principe de réalité » l’atteste tous les jours en peu partout en France. Nous avons donc là les ingrédients d’un cocktail pour le moins explosif.

Sarko n’aimait pas la France

« Contre la mondialisation, quintessence du non-lieu, qui pousse à la déterritorialisation et au délestage des attaches symboliques, le peuple des laissés-pour-compte plébiscite le lieu comme première composante du lien. Le village coutumier contre le village planétaire. Le village comme capital social et culturel protecteur à l’heure où l’Etat ne protège plus. Être, c’est habiter. Comprendre que personne n’échappe totalement à la marque des origines, à l’imprégnation de l’enfance et à la contagion des paysages. Le bonheur est dans le pré, pas dans le terrain vague, ni dans la ville-monde ou dans un openfield ouvert à tous les vents. Encore moins dans la socialité de synthèse des pseudo-réseaux sociaux, refuges pour zombies au regard rivé sur les écrans, mais oublieux des étoiles ? » La révolte sourd contre la barbarie des élites aussi douce qu’implacable dont les laissés-pour-compte savent qu’elle menace leur plus simple humanité.

A l’heure où beaucoup d’Etats-nations semblent se dissoudre sous les attaques menées contre leur souveraineté, le périmètre de la nation nous semble demeurer le plus apte à maintenir la cohésion (ou ce qu’il en reste) de nos sociétés. D’autres voix prônent quant à elles l’autonomisation des régions : c’est le fameux « girondisme » d’Onfray par exemple. Maurras lui-même écrivait en 1898 dans L’Idée de la décentralisation : « Il faut concevoir la France comme une fédération des provinces de France. » Cette voie est-elle intéressante ? Sa logique de ré-enracinement et le principe de subsidiarité qui la sous-tend sont-ils à même de constituer une synthèse articulant positivement la double géométrie nationale et régionale ? Bien sûr, « les libertés en bas et l’autorité en haut », selon les mots du maître du traditionalisme français, nécessiteraient d’abord que la France se protégeât du basculement civilisationnel en-cours sous le double effet imbriqué de la mondialisation et de l’immigration.

Sarkozy n’aimait pas la France en tant qu’entité glorieuse, sensible et unique, il ne croyait pas à « l’identité nationale » ; il a déprécié durablement (et Hollande amplifierait la chose) la fonction présidentielle cassant le ressort fondamental de l’autorité et de la dignité ; il a accru les flux migratoires en déstabilisant le Moyen-Orient par sa guerre coupable et absurde contre la Libye de Kadhafi ; il a décrédibilisé le rôle des politiques en s’amourachant d’un ex-mannequin qui le conduirait à exhiber leur vie privée « bling-bling ». Parions que jamais plus la France, et c’est heureux, ne se dotera d’un tel vulgus pecus. Quant à Buisson, c’est une belle plume et un homme de convictions qui, à n’en pas douter, pourrait encore servir le pays, à condition de considérer son péché comme véniel, celui d’avoir servi Sarkozy. Si la « révolution conservatrice » parvenait à enfanter une figure de « sauveur », un grand homme en fait, susceptible de catalyser les talents et les vrais serviteurs du bien commun et du destin de la France, notre auteur aurait sûrement quelque rôle à jouer dans cette passionnante aventure.


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