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Finkielkraut entre à l'Académie Française

Finkielkraut entre à l'Académie Française

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Finkielkraut à l'Académie Française en ce début d'année, cela va de soi, tant notre philosophe est la figure intellectuelle qui compte aujourd'hui, en cette période où notre identité française ne peut être autre que malheureuse. Tant sa haute culture et son génie pour la rendre accessible méritent les honneurs de notre prestigieuse institution.

Finkielkraut en "prime time" en janvier 2016 dans l'émission des Paroles et des Actes, cela coule de source, tant sa parole est guettée, reçue, perçue comme éclairante et structurante par des millions de nos compatriotes abasourdis par l'état actuel du pays. La grille de lecture ainsi offerte nous permet de comprendre le présent complexe et d'entrevoir peut-être pour certains d'entre nous une lueur d'espérance.

Finkielkraut, profonde et puissante plume qui virevolte dans ce nouvel ouvrage intitulé "la seule exactitude", c'est la manne attendue par les disciples, thuriféraires ou autres curieux en quête de nourriture spirituelle. Notre philosophe dissèque les événements clés des années 2013, 2014, 2015, et les présente comme autant de marqueurs qui disent quelque chose du tournant historique que nous vivons. Citant Charles Péguy "se mettre en avance, se mettre en retard, quelles inexactitudes. Être à l'heure, la seule exactitude", Finkielkraut s'assigne l'exactitude comme tâche à la fois existentielle et intellectuelle.

Pas étonnant que le prologue de ce livre s'intitule " l'épreuve du présent " et démarre dans son premier chapitre avec l'examen de la loi Taubira sur le mariage homosexuel par l'Assemblée nationale le 29 janvier 2013, précédé quelques jours avant, le 13 janvier, d'un gigantesque rassemblement à Paris de plusieurs centaines de milliers de personnes coordonnées par La Manif pour tous. L'occasion pour lui de dire fortement sa révolte contre l'éviction de l'altérité dans la filiation rendue possible par un "monstre de la volonté" : le droit à l'enfant. De mettre en garde contre une liberté qui se révolterait contre la finitude. Nous naissons homme ou femme, dans un corps sexué, cette identité nous la recevons. Mais les postmodernes avec leur théorie du genre considèrent que tout est construit et doit donc pouvoir être déconstruit. Ils veulent chasser les stéréotypes de genre et brouiller les codes sexués : les filles sont invitées à jouer aux voitures et les garçons à la poupée. L'existence doit congédier le donné, notre héritage est l'ultime obstacle à ce renversement, et l'école des pédagogues déconstructeurs a reçu pour mission de liquider cet héritage qu'elle devait autrefois transmettre.

Nous sommes par conséquent exhortés par notre auteur à ne pas accepter l'abrogation du monde réel, ou encore, à assumer les "combats d'arrière-garde" quand il s'agit de défendre le français tant la langue est l'âme d'un peuple, de son identité, de son histoire, de sa culture. La lourde tendance des universités françaises à généraliser les enseignements en anglais, au détriment du français, dit quelque chose de notre abdication face aux standards anglo-saxons mondialisés.

Notre fiévreux inquiet nous rappelle encore que s'il y a bien des lieux à l'abandon en France, c'est dans la France rurale ou la province profonde qu'on les trouve, les banlieues ayant bénéficié quant à elles de dotations publiques colossales depuis des décennies -plus 40 milliards-. Il pointe du doigt la qualification par Valls d'apartheid pour désigner ce qui se vit dans les banlieues, et la logique victimaire entretenue par les pouvoirs publics concernant les "minorités" ethniques de ces "territoires perdus de la République". Ce rôle indépassable de victime, comme une prison à vie, cristallise chez les jeunes de banlieue un ressentiment puissant contre une société jugée définitivement injuste et hostile. Ces minorités ne cherchant plus alors leur assimilation à la nation et s'enfermant, de plus en plus tôt, dans un communautarisme qui peut virer au radical.

Alain Finkielkraut, qui a fait graver sur son épée d'académicien cette phrase de Péguy "la République une et indivisible, notre royaume de France", sait qu'on ne peut plus parler de "français de souche" car la police de la pensée règne. Les antiracistes pénalisent le délit d'opinion, dans le but de lutter contre le racisme et l'antisémitisme. Ainsi, s'interroger sur les problèmes posés à la France par l'islam et l'immigration peut conduire directement en prison. Le "onzième commandement" dit désormais "tu ne feras pas d'amalgame" et interdit ipso facto la parole libre. A l'inverse, les rappeurs et autres salisseurs du drapeau national peuvent à l'envi -en toute impunité- insulter les "faces de craie" et tenir des "propos" d'une violence inouïe. C'est ainsi que le racisme antiraciste se propage avec la bénédiction de la loi.

En attendant, notre civilisation disparaît toujours plus. Le temps est compté, notre philosophe le sait mieux que quiconque.

Il y a une exactitude à refuser l'idéologie droit de l'hommiste, le multiculturalisme et la préférence de l'autre, dans un réflexe de survie, et au sens du vrai et du juste.


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