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MN prend la marge et revient en septembre


France Dar al Islam

France Dar al Islam

Par  

À Joachim Veliocas, Pierre Cassen, Elisseievna et Renaud Camus.

Salamalecs


Si nous sommes libres, cette liberté n'est pas sans limite. L'exercice même de cette liberté dans la pensée est d'abord le fruit de la volonté. Volonté, courage, discernement : les structures par lesquelles nous pensons et agissons librement sont fluctuantes dans le temps, parfois fugaces dans leurs manifestations et leurs effets. Cette liberté bornée nous rattache individuellement à l'histoire, elle-même marquée par un commencement et une fin. Si, de fait, nous participons, par notre nature de créature, de l'histoire, comment y prendre part autrement, de manière plus consciente, plus volontaire et plus intense ?

Le mode d'être contemporain occidental – bourgeois & connecté – fait de nous des êtres informés, ayant accès à l'information, le sens de ce mot étant aujourd'hui étendu à celui de contenu. Cet accès est, à des degrés divers, passif ou actif. Nos écrans nous dé-visagent autant que nous les regardons et si la liberté de l'individu s'est accrue via internet, la profusion informationnelle en soi ne nous a pas rendu la vérité du monde plus intelligible. Notre compréhension du monde est incarnée : elle se noue dans notre chair, nos blessures, nos cicatrices, nos renoncements et nos rencontres. Nous faisons des choix : nous exerçons notre libre-arbitre en choisissant de faire confiance à tel ou tel. Cela n'est pas question d'intelligence ou de culture, c'est la liberté qu'on aura su préserver en nous qui éclairera de son modeste halo les ténèbres qui ne la saisiront pas. Si nous sommes libres, rien ne nous empêche d'accuser l'Islam. Prenons quelques précautions, certes, faisons notre possible afin que des personnes ne se sentent pas intimement mises en cause, mais ne tournons plus autour du pot. Ne craignons pas la vérité.

« Islam de France » vs. « Islam en France »


Les esprits honnêtes qui se sont attaché à établir cette distinction, en promouvant le premier au détriment du second, sont donc acquis à l'idée de la compatibilité d'un certain islam avec la France. Ce pragmatisme, sans doute lié à une vision plus fine qu'il n'y paraît puisque faisant implicitement le lien entre immigration et Islam, et prenant en compte la réalité de pratiques modérées, voire éclairées, absolument indéniables, ce pragmatisme, disions-nous, est un humanisme. Et comme tous les humanismes, ainsi que l'écrivait un ami, c'est un christianisme empaillé.

Soyons donc attentifs aux mots : dans les faits, l'Islam est bien en France depuis un certain temps. Si les conversions de Français de souche ne sont pas à négliger, la plupart des musulmans de France ont un pays d'origine pour lesquels ils nourrissent tendresse et loyauté – c'est légitime, malgré le degré d'idéalisation ou d'aveuglement qu'ils y mettent parfois. Il existe, en France comme dans tout pays européen accueillant une part d'immigration musulmane, des communautés musulmanes distinctes mais qui se retrouvent sur l'essentiel.

Le financement des mosquées par des pays étrangers illustre ce fait, tandis que la participation financière des communes au versant « culturel » de ces lieux de culte (lieux de facto dar al islam, dans l'esprit islamique de conquête territoriale) vient confirmer le piège dialectique dans lequel notre Sainte Tolérance humaniste nous a placés. Il fallait mettre un terme au fameux « islam des caves », indigne de c'pays ! et charriant tous les dangers de manipulations d'imams infiltrés et non point labellisés bio (élevés au grain et avec des impôts français). Aujourd'hui, en France, tandis que nombre d'églises sont détruites, des mosquées sortent de terre régulièrement, au nom du « pluralisme interculturel » ou du « multiculturalisme », ces colifichets progressistes prônés par l'Islam quand il est minoritaire mais qu'il rejette dans les faits partout où il accède à un poids suffisant. L'Islam n'est donc pas encore la première religion de France. Mais si un jour prochain nous devions effectivement évoquer en vérité un Islam de France, la France serait alors sans doute définitivement perdue.

Aujourd'hui, parler d'Islam en France c'est parler du voile islamique (quel qu'il soit), du halal dans les cantines, éventuellement d'en rebattre sur les horaires non-mixtes dans les piscines. Ce sont bien évidemment de fausses questions : se battre contre ces symptômes sans remettre en question la présence même de l'Islam sur le sol européen est une perte de temps et d'énergie. Le faire au nom du féminisme ou du string-pour-tous, de la laïcité ou de la cochonnaille est sans effet, voire contre-productif.

C'est l'Islam qui est incompossible avec l'Europe, pas son folklore. S'il arrivait qu'en France des couples arc-en-ciel de femen musulmanes dégustaient leur saucisson sec, torses-nus, arrosé d'un Saumur-Champigny, notre défiance à l'égard de l'Islam serait inchangée ; il serait même certainement accentué, car la simple existence de ces histrionnes dévoilées ne ferait que renforcer, par effet mécanique, la « radicalisation » de la majorité des musulmans, à savoir un enracinement islamique toujours plus profond dans le Coran et la Sunna. Ce double enracinement (dans la Tradition islamique et dans le pays hôte que l'on veut changer à son image), c'est le véritable véhicule de notre perte. Et il faut être aujourd'hui conscient que cela n'est en rien le fruit du hasard ou d'une conjonction de réalités indépendantes, mais celui de la volonté affirmée et détaillée au fil de ses publications de l'OCI et de ses organes agissants (Alliance des Civilisations, Fondation Anna Lindh).

L'OCI, fort de ses 57 pays membres, tous placés sous le signe de la charia, notamment par l'intermédiaire de la Déclaration islamique universelle des droits de l'homme (1981), développe depuis 1969 une stratégie de contrôle des communautés musulmanes de par le monde, de promotion d'une vision édulcorée de l'Islam et de culpabilisation de l'Occident par l'intermédiaire, notamment, de la dénonciation indignée et tonitruante de l'islamophobie1, manipulation médiatique et linguistique axée sur l'inversion du statut victimaire et la création d'un précédent lié à l'idéologie antiraciste. Elle promeut aussi auprès de la diaspora musulmane2 cet enracinement dans la foi islamique et ses sources, le Coran et la Sunna, allant à l'encontre de toute intégration. Ajoutez à cette claustration identitaire une pression communautaire forte, un accès simple aux médias islamiques (internet, chaînes TV), une démographie vigoureuse et un da'wa (prédication, appel à l'islam) efficace et structuré : rien n'est laissé au hasard, et les termes du changement de peuple en tant que phénomène organisé sont clairement établis.

Faut-il enfin rappeler que l'islam n'est pas (qu')une religion ? L'islam est une foi, ancrée dans le Coran (parole divine, incréée) et la Sunna (compilation des hadiths, biographie de Mahomet), sources d'organisation de la société sur le plan juridique, légal et politique. Le but de l'islam est de régner sans partage, pour le bien de l'humanité : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable et croyez à Allah », sourate 3, verset 110. Comment serait-il possible que les musulmans n'éprouvent pas peu ou prou un certain complexe de supériorité ?

Croire qu'il est possible que l'islam s'acculture en France, en Europe, et se défasse ainsi de ses « travers » qui posent problème partout où il est majoritaire, c'est être inculte en la matière ou bien singulièrement naïf. Dans tous les cas, c'est se faire complice du drame qui se noue sous nos yeux.

Que faire ?


La question de l'action entraîne celle de ce que nous sommes. S'accorder sur l'impossibilité de l'islam en France est, nous l'avons dit, essentiel : convaincre ceux qui pensent que c'est l'« islamisme » qui pose problème peut être long et vain, suivant les présupposés de ces derniers, mais il faut tenter de le faire sans relâche.

Le déclin, la décadence, l'ensauvagement : quelle que soit l'étiquette que l'on appose sur notre vision du monde occidental tel qu'il va, il s'avère maintenant nécessaire d'établir une hiérarchisation des périls. Travailler plus longtemps à dresser un pur état des lieux sera stérile : les preuves sont accablantes, amassées çà et là. À les scruter plus longtemps, nous risquons le vertige, la nausée ou encore ce sentiment d'impuissance suivi d'une dépression. Passer en revue l'expression quotidienne des différents périls, tout en se lamentant, en préparant son départ pour des cieux plus cléments, en vitupérant les gauchistes, en se réjouissant de l'épuration qui vient, juste après le grand soir, est une option peu satisfaisante. Continuer sa vie en se disant que la solution viendra bien un jour mais qu'elle n'est pas de notre ressort, se plonger dans ses dilections que l'on voudrait faire briller d'un éclat suffisant pour nous détourner de notre inquiétude, en se disant qu'au moins on œuvre à la beauté du monde, ça n'est pas satisfaisant non plus. Ces options doivent laisser place ou s'accorder avec une manière de combat plus direct.

Quelles seraient les priorités stratégiques de chacun ? Rechristianiser ? Laïciser ? Féminiser ? Paganiser ? Désantisémitismiser ? Celles-ci peuvent-elles s'accorder au sein d'une union sacrée ? Quels moyens d'action nous donnerions-nous ? Peut-on encore croire aujourd'hui, que nous n'aurons pas à nous battre, nous ou nos enfants ?

Tendre à montrer l'islam sous son vrai visage, le rendre illégitime, illégal, prouver sa nocivité, c'est ce à quoi travaillent certains d'entre nous depuis un moment déjà, sur internet, dans des associations, dans des partis politiques3, dans leur entourage. Quelle audience avons-nous ? Elle est trop faible, sans doute aucun.

Enfin, admettons que, pour le moins, notre parole est difficilement audible pour la plupart des personnes musulmanes. Que voulez-vous que ces derniers entendent lorsque nous exprimons notre rejet de l'islam ? Il conviendra pourtant de leur répéter qu'ils ne sont pas nos ennemis : qu'ils se rassurent, car leur sort, en terre occidentale (je ne peux décemment pas écrire en terre chrétienne, mais peut-être puis-je risquer un sur nos terres, tant que demeure l'esprit chrétien), ne sera pas le sort des Chrétiens en terre d'islam. Nous serons sans doute les premiers à les secourir s'il arrivait qu'un jour ils fussent en danger du fait d'un rejet violent de la part de Français moins embarrassés de scrupules judéo-chrétiens que nous.

Si la France peut encore quelque chose, ce sera peut-être vider l'Islam de ses musulmans.

Notes :
  1. Nous refusons par avance toute utilisation, par nous-mêmes et a fortiori par nos contradicteurs, du terme « islamophobie ». Rejeter l'Islam – en tant que système de civilisation insécable – d'une manière argumentée ne peut être assimilé à aucune phobie que ce soit. Il découle accessoirement que nous ne pouvons pas approuver l'utilisation, par effet de miroir et de subversion par l'ennemi, du terme « christianophobie ».
  2. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0335-5985_1995_num_92_1_1004
  3. http://www.le-non.fr

Bibliographie sélective :
  • L'Europe et le spectre du califat, Bat Ye'Or, Les Provinciales 2010.
  • Juifs et chrétiens sous l'islam, Bat Ye'Or, Berg International, 1994.
  • Le chrétien et l'histoire,Theodor Haecker, Les Provinciales, 2006.
  • Islam et judéo-christianisme, Jacques Ellul, PUF, 2004.

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