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Gaulois réfractaires et nouveau monde

Gaulois réfractaires et nouveau monde

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Avec son nouvel opuscule, Philippe de Villiers tape du poing sur la table : Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde. Tout un programme à la sauce villieriste : « Au moment où je prends la plume, la faillite politique et morale a déjà débouché sur un « Münich sanitaire et social » durable. » La claustration, l’enfermement imposé par le gouvernement pendant la crise du coronavirus a cassé quelque chose en nous, a opéré une brisure intime. Nous avons été dans la « servitude volontaire » que décrivait en son temps La Boétie, le virus a frappé, le Tragique est revenu dans nos vies de consommateurs compulsifs qui s’en croyaient débarrassés à jamais. Les élites, une fois de plus, ont failli. Par leur mensonge, leur impréparation, leur incapacité à discerner les signaux, par leur inconséquence dans les prises de décision. C’est la thèse de l’auteur en qui monte « une colère froide ».

Car les Gaulois réfractaires qui constituèrent l’essentiel du mouvement des Gilets jaunes ont cédé et « accepté le changement des changements, celui de quitter la garenne et de rentrer au clapier […] Ils ont le gui amer, en travers de la gorge. On leur a enjoint de se mettre en garance. Ils ont exécuté les ordres. Ils ont fait la guerre comme ils ont pu, entre la penderie, la télé et le placard à balais. Ils se sont barricadés comme on le leur a commandé. Aujourd’hui, ils demandent des comptes. Ils veulent comprendre comment on en est arrivé là. » Car oui, les yeux se décillent enfin et bon nombre de nos compatriotes constatent qu’ils ont été le jouet d’une formidable entreprise de manipulation politico-médiatique. Alors que la Loi Avia vient d’être retoquée par le Conseil Constitutionnel, heureuse –mais sans doute éphémère- victoire de la liberté d’expression, les Français saisissent combien les injonctions liberticides -rester chez soi, privation d’aller et venir, d’enterrer les morts, de se rendre à l’église- ont été un test grandeur nature pour mesurer la capacité de contrôle du peuple par le pouvoir orwellien. Nous y sommes, l’équation est simple : si le peuple a peur, s’il est maintenu dans un état de sidération par une raison supérieure, il ne se rebelle plus, il ne s’arme plus de gilets jaunes et ne colonise plus les ronds-points. Cqfd.

Villiers à qui on ne l’a fait d’ordinaire plus en politique, est bien obligé de concéder qu’il se trouve bien marri : « Quand j’entends Emmanuel évoquer, à la Sorbonne, la nécessité « d’une souveraineté européenne » -le cran ultime du supranationalisme jacobin-, je me dis que c’est un autre homme qui nous parle, ce ne peut être celui qui est venu au Puy du Fou quand il était ministre de l’économie. Ce n’est plus le même Macron. Il a largué les patries charnelles. Il impose un nouveau clivage : le clan des « progressistes », dont il est le chef dans toute l’Europe, face aux « populistes », qu’il identifie à des avatars du nazisme. Il ose assimiler patriotisme et racisme et il convoque la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale, en laissant croire que l’astre noir sorti des entrailles de l’Europe serait revenu sur le forum et ferait glisser les peuples sur la pente fatale de la régression ethnique et du racisme […] Le corpus dogmatique qui somnolait en lui s’est réveillé et a emporté son intelligence du réel. »

Mais qu’est-ce donc que le Nouveau Monde dont Macron est le fer de lance ? C’est ce monde qui vient inaugurer une ère absolument inédite, post-moderne, post-nationale, post-morale, une ère de « paix définitive » : « Ce Nouveau Monde sera deux fois novateurs. D’abord il nous débarrassera des souverainetés et des Etats puisqu’il sera post-historique et post-politique. Ce sera le triomphe de la « société ouverte », la fin définitive des guerres, de l’histoire, des idées, des religions, grâce à l’avènement du marché comme seul régulateur des pulsions humaines et tensions du monde. Les citoyens vont se muer en consommateurs hédonistes sur un marché planétaire de masse. Excitant, non ? Et puis –deuxième novation-, le Nouveau Monde organisera enfin le primat de l’économie sur la politique. Il portera ainsi l’idée d’une réallocation des ressources au niveau du « village global », de la société atomisée, d’un monde arraisonné sous l’égide de la technique, de la masse, de l’art et de l’ego, ses quatre idoles. » Nous sommes donc bien face à l’irruption du mondialisme standardisé, désincarné qui se préoccupe dorénavant de sauver la planète plutôt que les âmes. Le Nouveau Monde est l’alliance des bourgeois (libéraux) et des bohèmes (libertaires), c’est à dire des vainqueurs enrichis de la mondialisation et des héritiers des hippies de mai 68.  Leurs points communs ? L’argent et l’hédonisme qui les unissent sous la bannière du progressisme et du marché. Leur credo ? La destruction de l’ancien monde et, pour cela, l’abolition de toutes les frontières : physiques (entre les nations) pour libérer l’espace à l’homme nomade, et anthropologiques (indifférenciation de l’homme et de la femme) pour défier l’ordre naturel. La mondialisation qui engendre le Nouveau Monde a en réalité généré quatre crises qui nous explosent littéralement au visage : sanitaire, migratoire, financière et économique.

Malheureusement, nous ne possédons plus le ressort de la rébellion. Ainsi, le nouveau régime qui s’instaure ne cache-t-il plus ses intentions autour de ses deux bras manipulateurs : le Biopouvoir contrôle la santé ; le Technopouvoir s’emploie à la modélisation, au traçage, à la surveillance des masses. On va plus loin et on nous teste encore : « Vous avez accepté le confinement strict, vous accepterez bien le traçage […] On va raccourcir la longe et la passer sous la barbiche. L’idée est de pucer l’humanité entière » Après avoir parqué les vieux dans les mouroirs que sont les Ehpads, et les avoir laissés mourir dans l’indifférence et le silence complice de la société amorphe, ce que d’autres civilisations jugées moins brillantes -comme l’africaine- ne feront jamais, on peut dire, à la fin, que l’Occident connaît une décadence ultime. Le supermarché y a supplanté les lieux de culte : « Et Lourdes a fermé ses portes. Il n’y a plus de miracle. On a fermé la grotte, on a éteint les cierges. On a confiné Bernadette. » L’idéologie des Lumières, après avoir charrié les grandes utopies meurtrières du XXème siècle, signe avec le mondialisme son dernier avatar. Saint-Simon et Auguste Comte ont gagné. La Science peut désormais tout, elle est l’Arbre du Bien et du Mal. Sicut dei eritis. Vous serez comme des dieux.

Terminons avec la note d’espérance charnelle de l’auteur, son cantique des cantiques : « Une nation, c’est un lien amoureux. Quand nous allons revivre, l’esprit déconfiné, il faudra refaire un peuple amoureux. La France n’est pas seulement un état civil, elle se déploie, depuis les Tropiques jusqu’aux neiges éternelles, comme un poème de nature et de vie aux harmoniques sublimes. Elle est encore plus que cela. Elle est un roman d’amour. »


Gaulois et réfractaire
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SarkozyX, le barde gaulois des Français de souche
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La droite en quête d’un nouveau souffle
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