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Histoire de l'école de Louis XV à Jules Ferry

Histoire de l'école de Louis XV à Jules Ferry

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Dans cette série d’articles, on verra que les faits historiques vont souvent à l'encontre des dires populaires :

  • "il y a plus d'enfants instruits à l'école que par des parents" est faux
  • "l'école à la maison est un phénomène nouveau" est faux
  • "l'école est libre et gratuite depuis Jules Ferry" est faux
  • "les enfants du moyen-âge n'étaient pas instruits" est faux
  • "le taux d'alphabétisation aujourd'hui est supérieur à celui du moyen-âge" est faux également
  • "Charlemagne a inventé l'école" est faux enfin.

Tout d'abord, encore aujourd'hui, il y a plus d'enfants instruits par des mères de famille que par l'école ! C'est ce que nous expliquons dans cet article : Il y a plus d'enfants instruits par des mamans qu'à l'école

1er épisode ici.

Les Philosophes des Lumières vont se battre contre le roi pour empêcher que les paysans soient instruits

Mais pourquoi l'école était-elle entièrement prise en charge par les religieux avant la révolution ? Parce qu'eux seuls s'étaient préoccupés de cette question, largement ignorée. C'est bien Louis XV qui a changé la donne en souhaitant l'instruction gratuite pour tous alors que, face à lui, Voltaire la refusait absolument ! Les Philosophes des Lumières (sic), à la suite de Voltaire, vont se battre aux côtés des parlementaires (progressivement maçonnisés) contre le roi pour empêcher que les paysans soient instruits. Tous bourgeois des villes, ces gens refusaient de partager le savoir, qui conduisait au pouvoir et à la richesse. Ce petit groupe régnant, qui est toujours là, dénie au peuple ses droits. Cela n'a pas changé. Voltaire affirme: « le paysan est mieux derrière sa charrue que sur les bancs de l'école. » Ce sont donc des rois, sollicités par l’Église, qui veulent l'instruction publique et ce sont les pères du régime actuel, philosophes et Lumières, qui à ce moment-là, la refusent. Vérité qui est bonne à rétablir.

Il faut le savoir, jusqu'à la révolution, l'enseignement, comme la santé, étaient assumés gratuitement par les congrégations religieuses qui ne vous demandaient aucun papier, carnet, autorisation: elles vous l'offraient. Pour vous faire soigner, vous n'aviez même pas à donner votre nom. On vous soignait dans l'anonymat si vous le vouliez, même si vous aviez la police aux trousses. On respectait cette vieille tradition du secours porté à quiconque se plaçait sous protection ecclésiale, selon le droit d'asile. C'est ce système de santé libre, gratuit et assumé qui a donné naissance aux hôpitaux et aux infirmières des temps de guerre, dévouées jusqu'au bout dont Florence Nightingale va faire cette immense institution du soin apporté aux blessés, négligés jusque-là, que sera la Croix-Rouge Internationale et, de là, bon nombre d'œuvres d'utilité publique. Aujourd'hui, les hôpitaux et les écoles chassent les religieux, en oubliant que ce sont eux qui ont fondé ces établissements. On lance artificiellement des campagnes de dénigrements et de pédophilie pour faire passer les fondateurs pour des monstres, on se débarrasse de son chien en disant qu'il a la rage, dit l'adage.

Nous avons vu le cas de 4 religieuses âgées chassées de l'hôpital de Valréas (Vaucluse), parce que le directeur de l'hôpital voulait libérer leur appartement pour sa maîtresse ! Ce sont pourtant ces religieuses qui ont créé l'hôpital. De même pour l'école : combien savent que ce sont les religieux qui l'ont créée dans sa forme moderne ? Et qui se la sont fait voler, ainsi que tous leurs biens, à la révolution ? (Car tous les établissements religieux bâtis depuis le moyen-âge sont volés par l'Etat, qui réaffirme cette nationalisation en 1905. Quand vous voyez une église, sachez qu'elle n'appartient pas à l'Eglise, mais à la mairie; et de ce fait pouffez de rire quand vous entendez un journaliste déclarer à la télé que « l'Eglise s'est arrangée pour posséder les biens les mieux situés et donc les plus chers dans les villes », car que peut mériter un tel ignare qui n'a jamais imaginé que les villes ont commencé par un lieu de culte, puis des maisons autour ?)

Durant tout le XIXème siècle, l'illettrisme sera une plaie entretenue

Avec Bonaparte et les journaux français, la Révolution française a exporté ses principes fallacieux et l'Europe entière s'est embrasée. La France ayant un prestige millénaire, la grande imposture plonge des peuples entiers dans un progressisme effroyable et coûteux en vies humaines. On va tuer d'un bout à l'autre du continent, de la mer à l'Oural. Au lendemain de Waterloo, en 1815, après le désastre humain et culturel de la révolution qui décline, la Restauration royale de Louis XVIII fera des miracles et l'alphabétisation reprendra son essor. Mais les républicains, les bonapartistes et les gens de la haute finance finissent par liquider le régime royal. Durant tout le XIXème siècle, l'illettrisme sera une plaie entretenue, on ne retrouvera pas les niveaux d'avant 1789.

La révolution industrielle succède à la révolution idéologique, voulue par les mêmes, et l'industrie a besoin d'ouvriers dociles. D'où une instruction insuffisante. Certes, des groupes industriels créeront des écoles, mais ce seront des écoles d'excellents niveaux, fournissant à la nation des ingénieurs de haut vol. Le rapport entre ces écoles-là et l'Education nationale actuelle est des plus mince. Discipline, obéissance dans ces écoles ? Elles sont davantage le fruit des siècles que celui d'une époque précise. Mais surtout, les écoles sont majoritairement créées par les républicains et les instituteurs, elles viennent bien davantage du prolétariat politique. Dans cette école-là prévalent scientisme et instruction militante. Les mouvements socialistes commenceront à diffuser des principes pour partie vrais, pour partie erronés, qu'on retrouve encore de nos jours dans l'opinion publique. La confusion s'insinue, l'esprit scientifique en est amoindri, le raisonnement métaphysique passe à la trappe. On tombe encore d'un degré.

L'école publique se met à embrigader de manière plus savante

L'école publique se met à embrigader de manière plus savante. On a abandonné les slogans des coupeurs de tête révolutionnaires. On en vient à une propagande plus fine. Non seulement l'école ne doit plus enseigner de religion, mais elle doit enseigner même de quoi dégoûter de tout sentiment religieux. Elle doit enseigner des matières à la manière universitaire, coupées d'une utilité jugée vile et trop liée aux corps de métiers. On veut séparer l'enfant du métier du père, on veut en faire un intellectuel. Le citoyen doit être savant et non plus paysan. Plus tard, on véhiculera un mépris du CAP et des filières pro, en sous-entendant que le BAC est l'apanage - tandis qu'il ne devient en réalité l'apanage que des ignorants et que les filières pro fournissent des gens mieux formés.

L'ère romantique place l'idéal dans le monde des sentiments et des spéculations, tandis que le travail des métiers est méprisé. Paris prend un ascendant sur le reste du pays. L'université se coupe du monde et assène ses vérités sans égard pour le pays réel. S'il y a un mot qui domine au XIXème, si l'on pèse tous les événements, c'est le mot de révolte et l'école n'y est pas étrangère. C'est à cause de ce genre d'instruction au service d'une idéologie que vont naître de grandes divisions sociales et les mouvements nationaux désastreux du XIXème siècle. ainsi que les grands conflits meurtriers qu’ont été les guerres civiles italiennes, les guerres de nationalités, les révolutions européennes jusqu'à la révolution bolchevique. L'école s'est écartée de sa mission dévouée à l'enfant. Elle est devenue un instrument politique, l'instrument d'adultes qui veulent manœuvrer le monde des adultes.

Cependant, en-dehors des fièvres militantes et républicaines qui se concentrent au Parlement et finissent par lasser la population, les entreprises et les industriels rappellent qu'ils ont besoin de gens formés et connaissant les métiers techniques.

Montée des progrès techniques durant le XIXème

La formidable expansion de l’ingénierie tirée en avant par l'Angleterre voisine ouvre à de brillantes carrières et de grands plans de travaux publics (gares, ports, ponts, égouts, aqueducs, routes…) Pour ne pas être complètement écrasé par la production anglaise, on en arrive à souhaiter que l'école enseigne convenablement les sciences, les mathématiques d'abord.

On s'aperçoit que la France a reculé sur le plan diplomatique avec la catastrophique aventure bonapartiste et la perte des territoires d'Amérique. Le français est remis derechef à l'honneur, d'autant que la période romantique a produit de grands écrivains, et la langue nationale reste un outil prisé du Liban à Moscou, du Sénégal au Londres de l'époque de Chateaubriand. C'est aussi la langue qu'on emmène aux colonies. Les traités internationaux sont rédigés en français plus souvent qu'en autre langue.

Une certaine excellence scolaire existe et se développe donc. Mais parallèlement, les maîtres républicains du régime reviennent à la charge régulièrement, en sapant toute espèce de sacralité de la personne, en raillant les prêtres en soutane, la philosophie, la transcendance, la spiritualité. La République et les Loges ont compris la puissance de l'école. Si bien compris que Jules Ferry, maçon lui-même, déclare l'école obligatoire. Fini la liberté ! L'usine à penser est en marche.


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