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Indignez-vous !

Indignez-vous !

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Les caisses de l’État et celles de nos collectivités territoriales sont vides. Le citoyen payeur comprend dès lors aisément qu’il lui faut faire des efforts de solidarité pour ne pas trop rogner des budgets, tous plus utiles les uns que les autres il n’en faut pas douter.

Faire table rase

Certaines municipalités en cette sombre période de notre histoire, rompent même courageusement avec le passé honni qui a conduit à une telle catastrophe. Finis les dépenses inconsidérées, les projets somptuaires, les mégalomanies champêtres ! Faute de moyens, il faut faire des coupes claires à commencer par celle du clocher et de cette église qui obèrent les finances locales. Comprenez bien que cela n’a rien de personnel mais est-il raisonnable d’entretenir à grands frais cet édifice où se réunissent occasionnellement trois bigotes, deux fascistes en loden et un vieux prêtre libidineux ? Qui plus est au XXIème siècle, peut-on encore prêter foi à ces lubies matinées de superstitions ? Et puis un clocher aussi prétentieux que prosélyte est-ce vraiment compatible avec la laïcité ? Non, bien sûr, la majorité a pris la seule décision qui s’imposait n’en déplaise aux réacs de tous poils.

Vous aurez beau créer des associations de défense du patrimoine animées par le secours du bien commun, vous aurez beau hurler à la cathophobie, vous aurez beau arguer de la polpotisation de la politique locale, vous aurez même beau saisir les Monuments Historiques ou les tribunaux… rien ne fera plier les séides de la République et de la Raison, son prophète. A défaut de votre chapelle Notre-Dame de Lourdes, il ne vous restera que Lisieux pour pleurer…Pas de miracle ou si rares. Il est un temps où la France se couvrait d’un blanc manteau de cathédrales. Il est désormais à craindre que revienne celui des catacombes.

Espérer contre toute espérance

L’on sait depuis l’épisode biblique du sacrifice d’Isaac que Dieu a un humour très particulier et que d’un mal, il sait tirer un plus grand bien. Pourtant force m’est de dire, que mon imagination ne m’est pas d’un grand secours en l’espèce. La déchristianisation de la fille aînée de l’Église avance à grand pas et semble-t-il, sans aucun frein.

Pourtant, notre Histoire regorge d’exemples qui nous invitent à ne pas désespérer. En ces jours, c’est un nom outre-alpin qui me vient spontanément à l’esprit : saint François d’Assise. Devant les ruines d’une chapelle, il entend la voix de Dieu qui l’invite à rebâtir son église. Ni une, ni deux, notre brave et vaillant jeune homme se transforme en maçon. Franc certes, mais dans l’erreur tout de même puisqu’il ne s’agissait pas de reconstruire le bâtiment mais bien de vivifier l’Église qui se mourrait de sa richesse et de sa suffisance. Pourquoi prendre cet exemple ? La situation semble en effet très différente aujourd’hui. Mais voilà que l’histoire a la sale habitude de nous repasser certains de ses plats.

Certes l’Église ne roule plus sur l’or mais, c’est humain, elle se complait toujours dans un certain confort si ce n’est matériel, du moins intellectuel. Or quel est le cœur de l’Église si ce n’est la radicalité du Christ ? Et comment pouvons-nous le servir si ce n’est au travers de nos frères ? Le vrai temple de l’Esprit Saint, c’est le cœur de l’homme. Une fois cet axiome posé à quoi cela sert-il de pleurer sur des pierres quand on accepte que l’édifice familial s’écroule ? À quoi cela sert-il de se lamenter sur un passé qui part en poussière quand on prive d’avenir tant d’enfants ? À quoi cela sert-il de geindre sur des œuvres d’art mises au pilon quand on accepte d’endormir définitivement ceux qui les ont admirés ?

De grâce soyons cohérents dans nos combats. Sachons prioriser nos indignations et canaliser nos énergies. Bien sûr, il faut sauver notre patrimoine des idéologues. Bien sûr, il faut redire l’identité culturelle de la France aux commissaires de la pensée unique et fraternelle mais plus encore il nous appartient, avant de glorifier le travail de l’homme, de redire son immense dignité à temps et à contretemps. Ce combat-là n’a pas de prix.


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