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MN prend la marge et revient en septembre


L'état d'urgence permanent

L'état d'urgence permanent

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L'Assemblée Nationale débattra, ce mardi 16 février, du projet de loi de prorogation de l'état d'urgence, une semaine après son vote au sénat et 5 jours après son adoption unanime en commission des lois.

S'il est extrêmement facile pour un pouvoir de mettre en place des régimes d'exception, qui restreignent les libertés individuelles, il est à l'inverse particulièrement compliqué de sortir de la spirale du "plus de sécurité". Contrairement à ce que le gouvernement cherche à faire croire, l'état d'urgence n'est aucunement la preuve d'un rétablissement de l'autorité de l'État. Au contraire, chercher à renforcer son pouvoir par la force et les petits réglements est la preuve d'un manque criant d'autorité ; s'appuyer sur une mesure votée sous la IVème république n'est pas marque d'un État spécialement fort.

La prolongation de l'état d'urgence ne permettra que de donner le temps au gouvernement de faire voter les lois qui lui donnera les mêmes prérogatives, ou presque qu'il a aujourd'hui. Mais quoi qu'on en dise, ce n'est pas par des assignations à résidence ou des perquisitions administratives, ni même grâce aux patrouilles de l'opération sentinelle, que l'on mettra un terme aux menaces de l'État Islamique mais en le détruisant. François Hollande a beau, à ce propos, annoncer à force coups de menton le renforcement des frappes contre Daesh, celles-ci ne suffisent pas. Dans un pays où l'on réduit depuis quarante ans les budgets militaires, au point que le Chef d'État-Major des Armées considère qu'il « n’y a plus de gras dans nos armées, on attaque le muscle », nous ne pourrons nulle part trouver les ressources nécessaires pour mener à bien une opération si importante. L'État Islamique a encore de nombreux jours à vivre, les Français ont encore longtemps à avoir peur, l'urgence va durer.

Le Premier Ministre souhaite prolonger cette mesure « le temps qu'il faudra ». Cela fait maintenant 25 ans que la France vit quasi continuellement sous plan vigipirate ; c'est-à-dire que depuis un quart de siècle tous les gouvernements qui se sont succédés en France considèrent que celle-ci fait face à des menaces terroristes et prennent les mesures de protection que cela implique. Qui peut croire que toute menace disparaitra dans les semaines - ou les 14 mois - qui viennent ? Personne. En vérité, Manuel Valls ne cherche qu'à asseoir un peu plus son petit pouvoir et, accessoirement à assigner à résidence les écologistes ou militants d'extrême-gauche qui ne seraient pas prêts à rallier son gouvernement. Mais que les Français pouvaient-ils attendre d'autre du cerbère en chef d'un candidat qui avait promis la fin de la démocratie, en donnant le droit de vote aux étrangers ?


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