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La prochaine manif doit être la dernière‏

La prochaine manif doit être la dernière‏

Par  

Le Franc est-il devenu avant tout un lâche ou un Communard ?

Parler ? Pour quoi faire ?

Les gens ne savent plus lire, vous ne l’aviez pas remarqué ? Inadéquation d’une méthode dépassée, intellectuelle, et même insensible sur l’air de "j’irai faire des discours au chevet de vos lits"…

Mon Dieu, peux-tu nous délivrer de ces mots et nous donner de l’action !

Deux fois un million et quoi ?


Une telle somme d’intelligences, de ressources et de volonté inexploitée ? Rien que ces corps, qui sont par eux-même un immense danger pour les forces de l’ordre, refusant de risquer une bavure ! Crosse en l’air ou l’arme au pied, qu’est devenu le Français ? Ne mérite-t-il pas la révolution qui l’écrase ? Pas une seule fois, quand il est question de se battre, on évite le laïus convenu du danger, de la bavure, du « ce n’est pas le meilleur moyen de se faire entendre. » Ils seraient plus prompts à aller sauver les baleines sur la banquise. Ils versent au Téléthon.

Et eux, qui renaudent à verser 15 € pour la cause, se laissent saigner par les agios bancaires sans broncher. On n’a besoin d’eux que pour leur présence ; pour l’action, il en faudra d’autres.

Vous voulez que je vous fasse une liste de grandes batailles remportées par 10 fois moins que ça ? La Légion tchèque : 40.000 hommes et la révolution bolchevique reste coincée sur l’Oural. Ungern-Sternberg : 6.000 hommes et la Mongolie est libérée. Bonaparte ? 600.000 hommes en Russie, et 570.000 y passèrent, pendant que tu as peur de te casser un ongle. César n’a jamais eu 1 million d’hommes, ni Alexandre. À quelques centaines, les maximalistes ont pris la Bastille. Ils y arrivent, eux, à utiliser une force populaire. La plus grosse manif possible, et puis rien, de la discorde, de la causerie à n’en plus finir.

Il suffit !

Les Alliés ont discuté 15mn de savoir s’il fallait se battre contre monsieur Hitler, ils ont passé 4 ans à discuter comment ils allaient le faire.

À la prochaine manif, ce qu’il faut faire ? Avancer, avec des masques à gaz s’il le faut. Avancer.

La police ne pourra pas faire barrage si elle ne veut pas un nouveau stade du Heisel, elle a l’obligation de suivre les normes de sécurité et si elle ne le fait pas, des apoplexies se verront sur les écrans du monde entier. Au-delà de 10 mètres d’écrasement, elle est obligée d’évacuer. Trente-mille hommes avancent, la police recule. Rien ne les arrête. Qui les arrêterait, sans passer pour despotique et se détruire aux yeux du monde ?

La matraque ? Qui en a peur ? Qu’un seul meure sous les coups d’une matraque, et la partie change ! La France est près de passer hors du camp des démocraties (à la 32ème place, elle frise avec la 35ème qui la disqualifie : corruption, entraves à la liberté d'expression, racket fiscal… sa note est plombée), elle a intérêt à ne rien faire qui la déclasserait. Elle ne peut pas faire de la répression. Elle en est d'ailleurs incapable, n'oublions jamais que Malik Oussekine a entraîné un gouvernement en tombant. Qui plus est, les polices ont changé. Elles sont moins hollandistes que jamais. Le peuple a donc toute liberté d'agir, pour la première fois depuis la guerre.

Tu redoutes un incident grave ? Et alors ? Qu’importe ? Qu’est-ce qu’un mort ou deux ? Un million d’hommes dans la rue, statistiquement à la maison ça meurt pareillement, avec deux accidents domestiques le compte y est. Sauf que le même, qui meurt sur les Champs, c’est la Une des médias, et beaucoup plus que ça.

Investissons l’Élysée. Et par milliers !


Imaginez ces images : 30.000 hommes dans le palais, ça tourne en boucle sur CNN ou la NHK, le gouvernement est totalement discrédité, il n'a plus qu'à fuir. Réagir par la violence ? Mais alors le monde le qualifierait de despotique, il se ferait débarquer par la communauté internationale et de nouvelles élections seraient provoquées.

Sur les Champs, les mères de familles, les enfants et les vieillards, et aussi les craintifs et les doux, et les religieux et tous ceux qui le préféreront : loin derrière. Devant, tout ce que le pays compte encore de fier, et décidé.

Donnons des signes forts, non pas au gouvernement, mais à ses patrons : la communauté internationale. Le gouvernement n’est rien, ce ne sont là qu’exécutants endettés, de la roupie de sansonnet.

Hollande est fragile, il ne peut pas se retrouver avec un bain de sang. Avançons !

Vous voilà tout pâle ? Français domestiqué, quand il faut avancer, tu recules.

Tu aurais fait des prospectives et des supputations aux pieds du Golgotha, tu aurais "pensé" sous le bûcher de Jeanne.

Tu te fais flasher au radar, tu règles les amendes docilement. Lâche ! Contre-révolutionnaire en peau de lapin !

Tu sais tout, tu as un avis sur tout, et tous tes avis te conduisent à ne pas agir et juger de haut. À prendre du recul. Ou tu ne dis rien ? C’est la même chose.

Eh bien, mort au vaincu ! Vae victis. Que la révolution t’emporte. On appartient au camp qu’on sert. Tu es avec la Bête, toi qui te fais prudent alors que se présente l’une des dernières failles exploitables. Dans 10 ans, nous serons tous patchés, et les ondes permettront de contrôler les foules à distance. C’est presque au point. Tu attends ce moment-là ?

Fort bien : reste chez toi. Tu as une opinion qui eut pu être autre, il eut suffi que les puissants pensent autrement, car tu penses comme le monde, dans le fond. Tu es interchangeable. C’est aux fruits qu’on juge l’arbre. Tu ne fais rien ? Tu n’es rien.

Mais vous autres, l’Esprit saint nous a donné 1 million d’hommes. Que ferons-nous de ce que l’Esprit nous a donné ? Vous attendez un miracle ? Mais il a déjà eu lieu !

Allons au-devant de la violence institutionnelle. Qu’il y ait un accident. Tremblant démocrate, je te dis : qu’il y ait des sacrifices ! Quel château médiéval s’est pris en le regardant ? Blandine est allée jusqu’au bout, pleutre républicain, et Aladin se plaignait qu’un Franc valait dix Mahométans.

Vous êtes-vous rendus aux raisons des pleureuses humanistes ? La République doucereuse a-t-elle fait des redoutables Francs de vulgaires militants droits-de-l’hommistes, comptant leurs points de retraite ? Ah ! pour la retraite vous êtes très fort, mais les points d’assaut, où allez-vous les gagner ?

En 40, les Français ont manifesté sous l’interdit des Forces d’Occupation armées, et vous rechigneriez à défiler sous l’interdit de Forces subversives désarmées et même impuissantes ?

Un simple incident et Hollande sera sévèrement condamné par des médias mondiaux qui diront "il savait qu’il y aurait du monde, il y en a eu le 13 janvier et le 24 mars".

Au moindre incident grave, le régime est mort. Sa fragilité est extrême. Et si nous battons le gender, ça peut marquer le début de la récession révolutionnaire mondiale, la Libération enfin !

Haut les cœurs et laissons à la maison les âmes sensibles !

PS : ne me répondez pas pour me dire "oui mais non" ou "soyons prudents et patientons" ou "saint bidule a dit qu’en restant chez soi on aurait tout" ou encore "l’excitation ne vaudra jamais la sagesse", voici d’ailleurs ce que disait le grand Boukovsky sur l’art de se défiler au lieu d’agir :
Mais comment cette âme mystérieuse concilie-t-elle le fait de penser d’une façon, de parler d’une autre et d’agir encore autrement? Ici, on ne se tire pas d’affaire uniquement en racontant des anecdotes et même les fourmis doivent construire toute une théorie pour justifier leur soumission
– Fouet contre hache ne vaut.
– Que puis-je faire seul? (Si tout le monde s’y mettait, alors moi aussi…)
– Si ce n’est pas moi, ce sera un autre (et moi, cela vaut mieux, je ferai moins de mal).
– Pour sauvegarder l’essentiel, il faut faire des compromis, des concessions et des sacrifices (C’est ainsi que l’Église orthodoxe considère qu’elle doit faire des concessions pour se conserver elle-même. Et ces concessions ont été sans fin, à telle enseigne que maintenant c’est le K.G.B. qui nomme les prêtres et que ceux-ci, du haut de l’ambon, font des suppliques pour la santé des dirigeants soviétiques. C’est ainsi également que l’écrivain désireux de voir publier son œuvre, si nécessaire aux lecteurs, accepte de rayer une petite ligne par-ci, d’ajouter un paragraphe par-là, de changer la fin, de retirer un personnage, de modifier son titre, moyennant quoi l’essentiel a disparu ! Ça m’est égal, dit fièrement notre écrivain, à telle page, il y a une allusion et mon héros négatif dit TOUT, à peu près ouvertement ; ensuite, c’est vrai, il se rééduque et dit exactement le contraire.)
– Il faut servir la Russie. Les communistes disparaîtront d’eux-même, un jour ou l’autre (Ces propos sont particulièrement répandus chez les savants et les militaires).
– Il faut servir les valeurs éternelles, créer les valeurs impérissables de la science et de la culture, et toutes ces protestations (ce remue-ménage de souris) ne font que vous écarter de ce service.
– Il ne faut, en aucun cas, protester ouvertement c’est de la provocation, cela ne fait qu’irriter les autorités et cela retombe ensuite sur les innocents.
– Les protestations publiques font le jeu des partisans de la ligne dure du Politburo et empêchent les colombes de procéder à la libéralisation.
– Les protestations publiques entravent les progrès de la libéralisation que l’on ne peut réaliser qu’à l’aide d’une grande politique et d’une diplomatie secrète.
– Protester pour des vétilles, c’est seulement se démasquer. Il faut se cacher. Quand viendra le moment décisif, alors oui. Mais, en attendant, camouflons-nous.
– Oui, mais pas maintenant, maintenant, c’est le plus mauvais moment ma femme est enceinte, mes enfants sont malades, il faut d’abord que je soutienne ma thèse, mon fils doit entrer à l’université… (Et ainsi de suite… jusqu’à la fin de la vie.)
– Plus ça ira mal, mieux ce sera. Il faut pousser sciemment toutes les inepties du régime jusqu’à l’absurde. Tant que la coupe ne débordera pas, le peuple ne comprendra pas ce qui se passe.
– La Russie est un pays d’esclaves. Jamais les Russes n’ont eu de démocratie, et ils n’en auront jamais. Ils n’en sont pas capables. Ce n’est même pas la peine d’essayer. Avec notre peuple, on ne peut pas faire autrement.
– Le peuple garde le silence. De quel droit une poignée de mécontents s’expriment-ils ainsi ? Qui représentent-ils ? Ils expriment l’opinion de qui ?

J’ai même entendu ce raisonnement :
– Vos protestations induisent en erreur l’opinion mondiale. Les Occidentaux peuvent penser que nous avons la possibilité de nous exprimer ouvertement ou de changer quoi que ce soit, vous faites donc le jeu de la propagande soviétique.
– Il faut faire carrière tranquillement, parvenir jusqu’au sommet et, de là, d’en haut, tenter de faire quelque chose d’en bas, on ne fera jamais rien.
– Il faut gagner la confiance des conseillers des dirigeants, les éduquer et les instruire discrètement. C’est seulement ainsi que l’on pourra influer sur la marche de l’État.
– Vous protestez mais, moi, je ne le ferai pas. Il faut bien que quelqu’un reste en vie pour témoigner. (J’ai entendu cela au camp, avant une grève de la faim.)
– S’il y avait une nouvelle théorie, à la place du marxisme, pour entraîner les gens, alors oui… Mais sur le seul refus, on ne construira rien.
– C’est le ciel qui a envoyé le communisme à la Russie pour la punir de ses péchés, et ce serait pécher que de s’opposer au châtiment divin.

Et ainsi tout le monde, depuis les membres du Politburo, les académiciens et les écrivains jusqu’aux ouvriers et aux kolkhoziens, se trouve une justification. D’ailleurs, le plus souvent, les gens croient sincèrement exprimer leurs véritables sentiments. Rares sont ceux qui reconnaissent qu’ils ne font qu’alléguer un prétexte pour se justifier et qui avouent honnêtement qu’ils ont tout simplement peur des mesures répressives. Je n’ai rencontré dans ma vie qu’une seule personne qui m’ait dit que l’État communiste faisait parfaitement son affaire : il lui permettait de gagner de l’argent en écrivant toutes sortes de boniments démagogiques dans les journaux. « Dans un État normal, on ne me permettrait pas d’approcher de la presse, même à une portée de canon ! Alors, qu’est-ce que je ferais ? Je serais débardeur ? »

En fait, seuls les Vrais-Orthodoxes (membres d’une secte qui s’est séparée de l’Église officielle et ne reconnaît pas l’État soviétique qu’elle considère comme une émanation du diable) ne soutiennent en aucune façon notre système d’oppression. Mais ils sont peu nombreux, et ils sont tous en prison…

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