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La République a le privilège du leurre

La République a le privilège du leurre

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Les socialistes au pouvoir n’ont de cesse de vouloir raviver l’esprit de la division, c’est-à-dire l’esprit révolutionnaire. L’urgence d’un pays en guerre contre la barbarie fut cette semaine de faire voter une loi pour mettre en place des funérailles républicaines sur le modèle des baptêmes et mariages du même nom. Tout comme le délit d’entrave à l’IVG, derrière la mise en œuvre de la dictature se cachent de basses œuvres de politique politicienne afin de diviser les Français et de faire sortir le fasciste du bois. Puisqu’ il s’agit juste pour eux de prolonger les logiques nihilistes en cours, trouver une opposition revient à révéler celui qui est contre depuis le début. C’est vrai pour l’avortement bien sûr. Qui est contre la loi sur le délit d’entrave est pour l’entrave, donc contre le droit à l’avortement donc fasciste. C’est également vrai pour cette chose anodine consistant à présenter un cadavre au premier magistrat de la ville pour un sacré simulacre ou un simulacre sacré, j’en finis par perdre mon latin. Qui est contre les funérailles républicaines est contre baptême et mariage républicains, et donc contre la laïcité et donc, crime absolu, contre la République. Le citoyen idéal présentera sa dépouille à monsieur le maire ! Je préfère une fois de plus, comme le jour du 14 juillet, rester dans mon lit douillet.

La République médiatrice du vide absolu

Dire qu’il faut déjà faire preuve d’une grande force de conceptualisation pour accepter l’Eglise et ses clercs comme intermédiaires les plus efficaces vers Dieu, songer qu’Anne Hidalgo, Alain Juppé ou Martine Aubry diront leur compliment pour accompagner ma translation dans l’au-delà me donne des haut-le-cœur. Je préfère vraiment me débrouiller tout seul pour rentrer en contact avec la transcendance. Absurdité pour quiconque a une intuition d’éternité et/ou un désir d’absolu, ces funérailles républicaines sont encore plus absurdes pour celui qui désire ne croire en rien. Accepter le spectacle, le leurre, revient à faire l’aumône. Le seul compliment que je souhaiterais entendre serait : j’irais pisser sur vos tombes d’élus de la République. Mais pour que j’entende, il faudrait inventer l’agonie républicaine. Ce qui donnerait au spectacle son clou ! Qui vote pour l’agonie républicaine ? Laissez-moi mourir dans la salle des mariages, laissez-moi ânonner une marseillaise en tenant la main d’Hidalgo, en larguant mon dernier soupir fétide à cette forme idéologique d’état qu’est la République. Si seulement nous pouvions emporter cette négation de Dieu, de la poésie et de la chair dans la tombe…

La République ou la mort en grande pompe

Pourquoi a-t-il fallu proposer ce spectacle public autour de la mort ? Depuis bien longtemps, les morts et leur famille s’arrangent pour éviter les églises et se contentent de mettre le disque des Choristes pour contempler l’enfournement du cercueil de chêne dans le four crématoire. « Vois sur ton chemin, patati patata » tandis que l’employé des pompes funèbres joue au majordome en prenant ses airs de circonstances. Mais la République désire la grande pompe ! C’est-à-dire la nationalisation du spectacle des funérailles sans Dieu. Ce n’est pas ça qui va contribuer à l’inversion de la courbe du chômage, c’est littéralement de la concurrence déloyale que les intermittents de la politique font aux professionnels des funérailles !

L’exception de vérité

Pour ma part, ce vote est une bénédiction ! Il consacre le faux, il institutionnalise le mensonge, il associe la République à son essence. Autre bénédiction, il peut amener l’Eglise et ses clercs à la différenciation commerciale en campant sur la niche du « vrai ». Non pas l’authentique façon Knacki Herta, mais le vrai de vrai, l’incroyable, le Dieu fait homme, le Dieu fait homme cadavre, le Dieu fait homme ressuscité. Dans ce monde du leurre, du spectacle et du mensonge généralisé, dans un monde déchristianisé, dans un monde où l’Eglise est singée, la situation n’a jamais été aussi favorable pour que l’Eglise se rechristianise, pour que l’homme retrouve en son for intérieur le désir de se relier à la transcendance. Quand le mensonge est roi, les courtisans se mentent à eux-mêmes, et les honnêtes gens ont enfin la possibilité du martyre et de la sainteté !


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