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La théorie du genre n'existe pas

La théorie du genre n'existe pas

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Madame Belkacem, avec des yeux qu’ont l'air de rêver et un sourire d'enfant, affirme benoîtement, « les yeux dans les yeux » comme à la manière d’un fameux ministre du budget, que « la théorie du genre, ça n’existe pas ». Et d’ajouter aussitôt : « du moins je ne l’ai jamais rencontrée ». Je n’ai jamais rencontré Madame Belkacem, mais ses propos me surprennent, moins cependant que la facilité avec laquelle certains relaient cette affirmation.

Une théorie, comme son nom l’indique (theoria, en grec, renvoie à la vision), est une vue de l’esprit. Cette vue de l’esprit est construite pour rendre compte de faits observés. Ainsi les théories au sujet de la lumière, qui la décrivent tantôt comme une onde et tantôt comme corpusculaire, rendent compte de faits, respectivement la diffraction lumineuse et l’effet photo-électrique. Une théorie n’est ni vraie ni fausse, elle est une construction de l’esprit qui cherche à rendre intelligibles des observations.

La notion de genre est une vue de l’esprit qui cherche à rendre intelligible un ensemble de discriminations. Dans son introduction aux Gender Studies, qui récuse elle aussi cette appellation de « théorie » définit le genre comme « un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées ». Ce qui relève bien du fait, ce sont des discriminations (juste ou injustes, cela n’est pas la question). Ce qui relève de la théorie, c’est d’interpréter ces faits en supposant que ces discriminations s’appuient sur « un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les [des] valeurs et représentations qui leur sont associées ».

Ainsi, nier qu’il y ait une théorie du genre relève d’une certaine naïveté : il y a bien des théories à propos du genre, mais le genre lui-même est une construction de l’esprit, qui d’ailleurs a un statut assez ambigu : tantôt désigné comme le système qui légitime la domination du masculin sur le féminin, tantôt au contraire comme le concept qui va permettre de déconstruire cette domination. L’idéologie n’est pas loin !

Allons un peu plus loin : en vérité, la « lutte contre les discriminations » ne doit pas nous aveugler, encore moins nous éblouir. Ce qui est en jeu, c’est de supprimer toute notion d’identité qui ne serait pas construite et validée par le pouvoir, afin de laisser celui-ci produire l’individu conforme à sa propre définition : vous n’êtes ni des garçons ni des filles, vous êtes des citoyens. Vous n’êtes pas les enfants de vos parents, ni les parents de vos enfants : les relations sont construites par l’État, qui doit être le seul berger de vos destins… Ayez confiance… Ayez confiance… Big Brother s’occupe de tout…

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