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MN prend la marge et revient en septembre


L’éducation nationale nous place entre la guillotine et le cimeterre

L’éducation nationale nous place entre la guillotine et le cimeterre

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Djihadisme, illettrisme, incivilités, harcèlement, crasse ignorance … La République se rend compte que sa fabrique du citoyen a quelques conséquences non désirables et embarrassantes. Dans ce spectacle de l’arroseur arrosé, nous pouvons rire avec Dieu de ces "hommes qui déplorent les effets de ce dont ils chérissent les causes". Face aux conséquences de l'abandon de la transmission par l'éducation nationale, nos politiques ne trouvent rien d'autres que de continuer à vouloir rééduquer les enfants à coup de crédo républicain sans jamais leur transmettre de savoirs. Il est hors de question de ne pas nous réjouir de la dissolution prévisible de cette institution collaboratrice de la République et de l’idéologie révolutionnaire. Et comme l’éducation nationale est à la fois la cause et la conséquence de l’idéologie, elle va continuer de s’autodétruire en produisant le virus de sa perte. Najat comme Peillon a une foi indéboulonnable dans le modèle et lance un grand programme civique : numéro vert pour le harcèlement, rééducations aux crédos divers et variés comme le développement durable, dé radicalisation des générations futures… Mais la simple transmission des savoirs reste comme d'habitude en rade, une vague option pour ceux, qui enfin sortis du système scolaire ont conservé une soif d’apprendre.

Les diversions de Najat sur le harcèlement et le développement durable

Najat ne plaisante pas avec les sujets sérieux, et se réjouit toujours davantage que les familles recomposées aient produit de façon massive ce que la veuve et l’orphelin de produisait qu’en niches : les désespérés, les détresses… Et à chaque détresse, elle a un plan. Pour chaque problème, un numéro vert. Pour chaque enjeu républicain, un spot TV. On ne vous laissera pas vous suicider sans que vous ayez eu l’occasion de parler à un répondeur après avoir entendu une petite musique d’attente. Au cœur de la débâcle de notre système éducatif, le constat qui cache la forêt cette semaine est le suivant : 700.000 élèves sont victimes en France de harcèlement scolaire. La ministre de l’Education ne rigole pas et veut sensibiliser et renforcer la formation du personnel. Une journée de sensibilisation avec les médias sera organisée l’an prochain, l’accès au numéro vert sera facilité via un numéro à quatre chiffres et la formation des personnels du premier degré sera renforcée pour mieux les aider à détecter le mal-être des élèves devenus têtes de Turcs des autres par réseaux sociaux intercalés. Pour Najat, ça passe toujours mieux par la télé que par les parents… Les drames servent au service de l'Etat et aux politiques à créer l'événement par la propagation de leurs niaiseries moralisatrices nationales. Bien sûr, on ne peut pas se satisfaire que l'hypermédiatisation de la société conduise les plus jeunes à faire spectacle de leurs haines de cour de récréation. Bien sûr, on ne peut pas se satisfaire que l'institutionnalisation du lynchage public comme spectacle le plus largement partagé par les grands, influencent les plus jeunes au point de qu'ils apprennent tôt ce plaisir sadique de jouir de la souffrance morale ou physique d'autrui. Bien sûr. Mais est-ce le spectacle de l'Etat, ses vidéos et ses numéros verts qui vont réussir, par simple édiction de valeurs, à éradiquer ce phénomène. Comment ose-t-on encore une fois se passer des parents, de leur éducation, de leur colère légitime, de leur capacité à punir ?

Najat n'en reste pas là, car l'urgence de la situation la pousse à achever son programme d'anéantissement de la culture au profit de la glorification de cette nature nouvelle qu'est le consommateur-citoyen-employable. Imaginons seulement Najat et Ségolène au coude à coude le 4 février dernier pour présenter un nouveau plan pour l’éducation au développement durable. Précisons que le développement durable n’est pas une science mais un concept d’ordre politique global. Il s’agit donc d’un programme militant qui, une fois de plus use de la machine à fabriquer du citoyen pour préserver les intérêts du camp du bien pour les siècles à venir. L’éducation nationale est qualifiée de « levier majeur » par les ministres à l’occasion. Levier majeur « pour faire évoluer les comportements, réussir le pari de la transition énergétique et former à une citoyenneté respectueuse de l’environnement. » Nous payons donc des impôts non pour instruire nos enfants, mais pour fabriquer des petits socialistes dociles. Le développement durable sera donc intégré dans les nouveaux programmes scolaires de la maternelle (les neurones n’y sont pas encore trop rebelles) au baccalauréat (le désir d’employabilité engendrera la nécessité de soumettre son intelligence) dans toutes les matières. Et cerise sur le gâteau idéologique : l’événement bien sûr. Une semaine pour le climat sera célébrée dans tous les établissements chaque année…

Le djihadisme comme conséquence du renoncement à transmettre

Ces diversions de la semaine passée compte faire oublier derrière l’agitation, l’échec cuisant de la l’école de la République d’avoir engendré des djihadistes et surtout de laisser en son sein des légions de têtes non blondes issues de la diversité se réclamer de Kouachi et d’un antisémitisme de masses incultes. Bien sûr le cours d'enseignement moral et civique dans les écoles est remis en haut de la pile des projets à mettre en œuvre. Mais on entend qu’il ne faudra pas se cantonner à des cours théoriques, qu’il faudra mettre en place "des jeux de rôle, des cas pratiques, de la simulation". Et ce théâtre nous donnera sans doute l’illusion de partager une même identité… Et n’oublions pas qu’avec l’instauration du numéro vert pour harcelés, les têtes de turcs cesseront d’être la risée des autres et qu’avec le numéro vert anti-djihadisme, ils éviteront de se laisser pousser la barbe. On peut s’attendre à coup sûr à ce que la laïcité soit intégrée à toutes les matières de la maternelle à la terminale, qu’un vidéo clip apprenne à être Charlie (et se taire), et qu’enfin un événement annuel ravive l’esprit du 11 janvier dans les établissements scolaires.

L’annonce de la soumission de l’éducation nationale

Terminons notre propos sur ce sursaut de l’éducation nationale de vouloir fiabiliser sa fabrique du citoyen, en évoquant cette lettre ouverte d’un professeur au lycée musulman sous contrat nommé du seul nom musulman comestible en occident : Averroès. Vendredi matin, dans Libération un professeur de philosophie, « citoyen français de culture islamique », signe une tribune libre. Sa lettre s’intitule : « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès. » Soufiane Zitouni décrit un climat peu démocratique, des tensions en salle des professeurs et en classes après les attentats à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher, des thèmes tabous, des prières à la machine à café, des ablutions aux lavabos des professeurs… Il dénonce aussi un « antisémitisme quasi culturel de nombre d’élèves ». « En réalité, le lycée Averroès est un territoire musulman sous contrat avec l’État », conclut-il. Décidément cette République est très compatible avec l’Islam… Et la fiction de Houellebecq n’attendra peut-être pas longtemps avant de devenir une réalité.


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