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Lettre ouverte à Éric Zemmour

Lettre ouverte à Éric Zemmour

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Lettre suite à votre intervention à Saint Malo

Bien cher Eric Zemmour,

Cela a été un grand bonheur pour mon épouse et moi-même de vous entendre ce mardi soir, à Saint Malo, nous expliquer les mécanismes fins de la déconstruction. Sachez que nous lisons vos chroniques et les attendons, un peu comme nous guettions jadis les « cavaliers seuls » d’André Frossart, avons votre livre - qui en appelle d’autres ? - et partageons vos analyses précises, claires et aux antipodes de la pensée unique clés en mains.

Vos trois « D » -Déconstruction, Dérision, Destruction- sont finement définis. C’est ce que je peux appeler de mon côté le « cynisme érigé en valeur universelle » qui est un outil entretenant la haine artificielle de soi dans le but non dissimulé - réforme des programmes en cours par le Ministère de la Rééducation  Nationale,…. - d’éradiquer de notre paysage national toutes les formes de structures traditionnelles : Dieu, Famille, Nation, société basée sur l’ordre, la rigueur, le respect, autant de valeurs vouées ou plutôt en train de disparaître.

Bien sûr, mardi, aurais-je voulu vous interroger sur le rôle actif de la franc-maçonnerie dans cette entreprise - mais peut être aurait-ce été imprudent en public ? -, sur l’évidence d’un combat mondial entre le Bien et le Mal, présentation un brin manichéenne et judéo-chrétienne mais qui a le mérite de camper clairement les choses : d’un côté, il y a ceux qui acceptent la beauté et parfois la laideur d’une histoire qui a fait ce qu’ils sont aujourd’hui, de l’autre se trouvent les Attila modernes de la révolution mondialisée, numérisée, virtualisée, visant à ériger un nouvel ordre fondé uniquement sur le « Verbe » comme vous l’avez joliment nommé mardi soir.

Bien sûr, aurais-je aimé vous interroger sur Dieu, qui pourrait être la raison, la cause ou l’enjeu ultime de ce clivage entre ceux qui veulent Le servir et ceux qui s’échinent à déconstruire, tout tourner en dérision, détruire.

Suspendue à mes lèvres mardi la question de votre affinité avec Alain Finkielkraut dont la justesse de vues ne cesse de me frapper. A deux doigts étais-je d’applaudir votre perception d’un Islam omniprésent, omnipotent – les musulmans, ces « nouveaux juifs » symboles dans notre pays d’une minorité écrasée, discriminée nécessitant protection au plus haut niveau de l’Etat - loi contre l’Islamophobie en réponse aux attentats de janvier, on croit rêver !!! -, égalitarisme forcené et déconstruction méthodique des gênes chrétiens de notre nation - cet Islam que je qualifierais de bras armé du multiculturalisme bruxellois visant à opérer, en Europe, le grand aggiornamento du remplacement des cultures - je renvoie à votre chronique « le terminus du prétentieux » dans le Figaro du 14 mai 2015-.

Une question vous fut posée mardi sur l’existence ou l’apparition progressive de signes positifs, encourageants. Vous avez répondu que ce livre de la déconstruction continuait à s’écrire, comme si la résignation ou finalement une lucidité froide vous habitait.

Pourtant, quand ce chaos aura été mené à son terme, car je peux voir la dimension de rouleau compresseur d’une idéologie mondialisée où tous les acteurs, grandes entreprises, Etats, ONU…, s’accordent unanimement par exemple sur le gender, Houellebecq ayant raison ou tort dans son « Soumission », comment la survenue d’une étincelle « miraculeuse » ne pourrait-elle pas apparaître ? Car souvenons-nous du XVème siècle quand la France n’existait plus car la couronne avait été rétrocédée à l’Anglais par l’immonde traité de Troyes, quel extraordinaire geste apparût en la figure lumineuse et immortelle de Jeanne d’Arc ! La France n’était-elle pas perdue alors ?

Et ces signes, France, Fille aînée de l’Eglise…, d’aujourd’hui : Manif Pour Tous, expression d’un populisme - mot positif dans mon esprit, comme pour vous - soucieux de préserver des racines, réactions du « pays réel » contre les virtualités technologiques de notre monde actuel, résurgence du bon sens terrien - la terre ne ment pas -, ne sont-ils pas des signes profondément incarnés, précurseurs de quelque chose qu’Yvan Rioufol appellerait peut être volontiers la « Révolution Conservatrice » ?

Pourquoi n’espérerions-nous pas tous ensembles sur le fondement d’une intériorité en cours de reconstruction, dans les cœurs, au sein de nos familles, de nos maisons ? Un frère dominicain et ami me parle souvent de « ce trésor que nul ne pourra jamais nous ravir » quelles que soient les tribulations du temps.

Voyez, bien cher Eric Zemmour, vous qui forcez mon admiration par le courage qui est le vôtre face aux attaques haineuses dont vous faites l’objet, qui maintenez le cap de la liberté de penser et de parler face aux maîtres-censeurs, combien il peut être bon, afin de ne pas mourir de chagrin dans « l’asile pris d’assaut par les fous qui nous y ont enfermés », de garder au cœur cette lumière et ce trésor que Dieu a bien voulu déposer : l’espérance de l’Amour victorieux envers et contre tout.

Sachez que vous avez un ami –pas Facebook, pas virtuel-, de cœur et d’esprit, basé à Rennes, frappé mardi par votre gentillesse et simplicité - deux qualités rares qui révèlent la grandeur et la profondeur d’un homme -, prêt à accompagner à vos côtés le combat de la vérité politique, de la vérité sur l’homme.


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