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Mémoire nationale

Mémoire nationale

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Qu’est-ce que le 14 juillet ? Pourquoi fêtons-nous cette date comme un marqueur national incontournable ? Sommes-nous encore capables de discernement et de distanciation par rapport à ce moment de notre histoire ?

Un premier point qui nous semble positif, c’est qu’à l’heure de la déconstruction systématique du passé comme le signe d’un progressisme « tendance », la référence réitérée à un moment de notre histoire permet à notre nation de se re-verticaliser –terme cher à MN- en prenant conscience qu’elle a un passé historique et une hérédité dont il serait suicidaire de se couper.

Un deuxième qui l’est aussi, est que ce 14 juillet donne à penser notre pays comme un tout dont il faut considérer toutes les composantes dans un souci d’égalité. Depuis, malheureusement, un égalitarisme forcené et stupide a galvaudé cette noble idée de départ au profit d’idéologies multi-culturalistes et antiracistes agressives qui nous font perdre les vraies valeurs universelles humanistes et de bon sens ainsi que le respect sacré de l’identité de notre pays.

Un troisième point consiste par contre à regretter cette sacralisation excessive de la date et de l’épisode historique. Car enfin, et c’est un grand mystère pour nombre de pays dans le monde, comment une nation peut-elle se réjouir indéfiniment d’avoir coupé la tête de son roi –rappelons que le système monarchique existait depuis 1500 ans-, construit son mode de gouvernement et son corollaire trilogique –liberté, égalité, fraternité- sur un drame national, à savoir donc l’assassinat de son plus haut représentant, tourmenté encore une pauvre reine et un dauphin écrasé par les mains de geôliers vengeurs… ? Tout ceci est un mystère, mais au-delà, révèle quelque chose pour notre nation de l’ordre de l’irréconciliable, du clivage irréversible, comme un lourd héritage que les générations suivantes porteraient toujours.

Cette révolution, peut-être inéluctable dans le contexte de l’époque où l’esprit des lumières fomentait subrepticement l’aggiornamento général, avait-elle besoin d’enfanter un esprit de haine qui deux siècles après et définitivement scinderait le paysage national en deux mondes séparés ? Car, disons-le tout net, le consumérisme exacerbé, le cynisme généralisé, la stérile lutte des classes et le mépris de l’autre surtout s’il est riche, patron, blanc, catholique, la guerre acharnée et machiavélique pour conquérir le pouvoir suprême, le népotisme, la prévarication, sont des produits détestables de ce séisme ultra-violent survenu un 14 juillet 1789. Avec lesquels nous devons vivre aujourd’hui. Loin de l’idéal chevaleresque et de l’authentique respect de l’autre forgés au creuset des valeurs évangéliques qui sont le réel socle sur lequel il est possible de bâtir une « civilisation de l’amour » pour la France.

Pourquoi « faire la fête » bêtement tels des moutons de Panurge ? Pourquoi ne pas réfléchir enfin à quoi correspond tout ce barnum et dans quel mur l’évènement célébré en grande pompe nous a projetés ? Toutes ces couleurs, défilés, traînées blanches et multicolores zébrant le ciel, ces mines graves et artificielles, servent-ils les citoyens que nous sommes ?

Du pragmatisme, du bon sens, du beau, du vrai, de la réelle liberté, du respect sincère des différences : voilà ce qu’il nous faut ! Pour résoudre les problèmes du pays réel, il est urgent que les belles âmes gouvernantes se réveillent ! L’idéologie ambiante est intrinsèquement mortifère, elle tue à petit feu notre pays, elle déconstruit, elle « genderise », elle ne sert à rien.

Demain, faisons la « vraie fête » lorsque nous aurons vaincu ce cancer qu’est le chômage et qui doit être, avec un idéal à redonner à notre pays, la seule ambition raisonnable des politiques de tous bords qui ont le pouvoir et la responsabilité des décisions.

Alors, vraiment, si nous vainquons ce fléau, si nous recréons un idéal patriotique respectueux de nos racines profondes, si nous ré-illuminons les visages et les cœurs des hommes et des femmes de ce temps, nous danserons et chanterons de joie, et même un 14 juillet pourquoi pas !


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