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Migrants ou sans abris : Pernaut a choisi

Migrants ou sans abris : Pernaut a choisi

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Pernaut s’est lâché ! Il a profité de son audience pour ne pas servir la soupe du politiquement correct. Le camp du bien s’étrangle. Est-ce l’élection de Donald à la présidence des Etats-Unis qui lui donne des ailes dépassant toutes les audaces serviles d’un Bruno Masure ? Jusque-là, on tolérait avec mépris les reportages sur la France profonde au JT de 13h, il faut bien que le petit peuple jouisse également de la lucarne… mais voilà Pernaut, qui en plein JT, disons-le tout net, fait le jeu du Front National. Les faits ? Après un reportage sur des bénévoles de la Croix-Rouge à Limoges pour venir en aide aux SDF, Jean-Pierre Pernaut a évoqué l'ouverture du centre d'accueil pour réfugiés porte de la Chapelle à Paris. Il faut dire que l’enchaînement était tentant pour quelqu’un qui commence à s’agacer de la situation de notre pays. Dans le texte : « Voilà, plus de place pour les sans-abri mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France. Ouverture aujourd'hui d'un centre humanitaire pour héberger 400 hommes porte de la Chapelle à Paris. La mairie prévoit de 50 à 80 arrivées par jour. Centre très provisoire pour les héberger quelques jours et les orienter ailleurs. » Texte qui a dû faire acquiescer un bon nombre de cheveux blonds de cheveux gris devant leur poste de télévision.

Immigrés, sans papiers, migrants, …

Pour commencer goûtons le glissement sémantique concernant la première catégorie de personnes qualifiée de migrants. En effet, par ce terme, on amalgame tous les immigrés illégaux avec les réfugiés des pays en guerre. Nous le présumions depuis longtemps et le démantèlement de la jungle de Calais et ces files ininterrompues de jeunes hommes originaires de tous les pays d’Afrique nous l’a confirmé. L’amalgame permet de positionner l’Occident et la France comme étant à l’origine des flux de migrants, puisqu’à l’origine des désordres politiques en Syrie et en Irak. Et amalgamer les immigrés économiques aux réfugiés de guerre est bien pratique pour les idéologues du multiculturalisme collaborant auprès du grand capital pour obtenir une main d’œuvre à 1 € partout sur la planète.

Et migrants, c’est tellement plus moderne. Il y a une vrai dynamique là-dedans. En effet, au commencement étaient les immigrés illégaux. Ces derniers ont ensuite été appelés « sans papiers », c’était une façon de les qualifier par ce qui leur manquait, c’est-à-dire ce que nous devions leur donner. Le participe présent, attaché désormais à ces populations d’immigrés économiques illégaux, laisse entendre un mouvement perpétuel dans lequel la France ne serait au final qu’un pays de transit. Mais quand le pape François ou nos politiques indigènes scandent leur désir d’intégrer ces populations, tentant de ressusciter vainement le discours assimilationniste des années 80, nous comprenons que ces migrants sont finalement « partis pour rester ». Pendant ce temps, les clochards s’étaient vus affubler d’un sigle au regard de l’effet de masse que le terme clochard ne pouvait plus englober : SDF, sans domicile fixe. Et désormais, l’ambition même d’avoir un domicile fixe, semblant disproportionnée au regard de ce qu’est réellement capable de fournir notre société, on les qualifie de « sans abris », bientôt « sans cartons » mis face à des « sans papiers » devenus migrants, chances pour la France.

Le journal Le Monde mobilisé pour servir la soupe (non populaire)

Si le camp du bien s’étrangle sur la petite liberté prise par le présentateur du JT, c’est que cela intervient après une campagne diffusée sur les réseaux sociaux par les militants du Front National. Ces campagnes montrent de dos un Français victime d’une injustice sociale : fille-mère isolée et sans travail, agriculteur retraité, étudiant qui galère… et soulignent avec le slogan suivant : « hélas, lui, elle… n’est pas migrant. » Et les militants du Front National de préciser que le migrant peut toucher 330 euros de subvention de l’Etat par mois.

Le journal Le Monde ne pouvait pas laisser passer. Il mobilise les meilleurs analystes pour dégoupiller ce qu’il appelle les intox du Front National, en décodant, chiffres à l’appui, les slogans des affiches. Un zèle que nous aimerions voir déployer à chaque fois que le même journal contribue à l’établissement de mythes édifiant le progressisme dans l’histoire. Comme d’habitude, les chiffres et les statistiques sont appelés au secours pour finir de maquiller la réalité qui saute aux yeux de tous les Français dans leurs transhumances quotidiennes.

S’agit-il d’opposer deux misères ? Il s’agit plutôt de montrer l’inconséquence de l’Etat. Il y a bien une misère que l’on importe pour se flatter nous-même, infatués que nous sommes d’une générosité dont nous n’avons plus les moyens. Comment voulez-vous être crédible dans votre volonté de régaler tout le monde gratos alors même que vous ne parvenez pas à sauver vos pauvres ? Comment voulez-vous être crédible dans votre affichage de la générosité et de toutes vos valeurs humanistes, quand vous vous moquez de la détresse de votre peuple ? Le débat n’est pas de savoir s’il est vrai ou faux que les migrants ont plus que les sans-abris, mais de constater l’incurie d’un Etat qui s’obstine à faire la promotion d’une immigration de masse en étant incapable de mettre en œuvre une politique de justice sociale chez lui. Une question de priorité ? Pernaut pose l’étonnement candide au nom de tous et Le Monde, à l’instar d’une Pravda d’une autre époque, nous rappelle qu’il est interdit de s’étonner.


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