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MN prend la marge et revient en septembre


Municipales : l’homme et l’étiquette

Municipales : l’homme et l’étiquette

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Les élections municipales de 2014 pointent timidement leur nez dans le débat politique national. En effet, tous les élus locaux ont intérêt à faire de cet événement politique un non-événement national, un scrutin à enjeu local uniquement, une élection basée sur leur humble petite personne. Qu’ont-elles de si spécifiques ces élections municipales ? Plus locales que les autres ? Moins partisanes ? Plus en lien avec notre quotidien ? Oui, trois fois oui. Mais pas seulement car c’est bien à cause des Nantais que nous avons Ayrault. Voter pour l’homme en faisant fi de l’étiquette relève d’une lâcheté immédiate pour futur collabo. Dans un monde obsédé par la traçabilité, l’homme politique serait bien la seule viande pour laquelle l’étiquette ne serait pas lue ! De la même façon, voter pour un parti en ignorant l’homme qui le représente serait céder au chantage du vote utile qui n’est autre qu’un abandon de souveraineté. L’homme et l’étiquette, voici ce qu’il faut chercher à faire coïncider pour un vote légèrement moins honteux.

Du bon petit maire à l’apparatchik idéologue


Attention, nos communes sont des machines à fabriquer des ministres. Il ne faut jamais le perdre de vue. Voter pour l’homme sans comprendre à quelle idéologie il appartient est systématiquement une erreur. Car cet homme nous le fera payer tôt ou tard. Même si tel ou tel maire de gauche est réputé pour bien administrer sa ville, même s’il aurait permis d’apporter un dynamisme culturel, même s’il aurait fait venir des entreprises, même s’il n’est jamais trop idéologue dans sa communication officielle, même s’il sait ménager le bourgeois dans la distribution des subventions publiques, même si… Il reste un homme biberonné à l’idéologie progressiste, façonné et prêt à tout moment à prendre les armes pour la révolution. Peu d’entre eux se sont laissé véritablement modifier par le réel. Les Nantais sont coupables de s’être ébaubis devant les machines de l’île et les folles journées, ils nous ont livré parmi les plus idéologues des premiers ministres. Ils disaient : « c’est vrai qu’il est insupportable à l’Assemblée Nationale, mais il fait beaucoup de choses pour la ville. » Manquerait plus que ça, évidemment, qu’il fait beaucoup de choses pour la ville, c’est son job ! Il n’y avait pas deux Ayrault, mais un seul. En revanche, il y avait ce peuple non militant, ce peuple flemmard, qui ne voyait pas plus loin que le bout de sa ville. Élire un maire juste sur sa personne, c’est d’abord en faire un grand électeur pour les sénatoriales et un parrain pour les présidentielles, c’est ensuite le mettre en position d’être conseiller général voire même président de conseil général, c’est enfin le rendre ministrable. Mefi ! Notre lâcheté est nuisible.

Bien sûr, on pourrait s’amuser à comprendre le mystère socialiste : qu’est-ce qui fait que les socialistes s’en sortent plutôt bien en mandats locaux, faisant montre de pragmatisme alors que dès qu’ils parviennent au pouvoir, ils font reset du pays réel et révèlent leur préférence aux concepts progressistes ? La réponse est dans la question, le concept crée chez l’humaniste une modification de la perception du réel. Parmi les hommes qu’il aime, l’humaniste est comme une taupe, un infiltré. Et le système auquel il a un jour adhéré le récupère au grand jour une fois élu. Le système devant lequel il a un jour définitivement abdiqué, ce système qui lui a fait renoncer à faire usage de la raison, reprend son homme.

Que faire avec le mauvais cheval ?


Une fois que l’on a dit que voter pour un homme sans se soucier de l’étiquette relevait de la collaboration et d’une certaine lâcheté, force est de constater aussi, que voter pour l’étiquette en faisant fi de l’homme serait la conséquence d’une perte de souveraineté totale. Les partis autoproclamés « de gouvernement » ont inventé le concept de vote utile pour créer un harcèlement moral sur le citoyen et scandaleusement mépriser la démocratie qui les nourrit. Voter pour un homme investi par le parti dont on se sent proche, alors même que cet homme le représente mal, serait valider un détournement d’étiquette, et finalement miser sur une contrefaçon.

Une fois le mauvais cheval investi, il ne nous reste plus comme possibilité que de changer d’étiquette ou de rentrer en dissidence. Changer d’étiquette prend parfois la logique du pire, surtout après l’épuration du premier tour. La stratégie du pire, c’est se couvrir d’un bonnet rouge en décrétant que les uns et les autres ne sont que bonnets blancs et blancs bonnets, et choisir de voter pour l’ennemi, dont on est davantage sûr finalement. Dans cette logique, ils ont été nombreux à mettre un bulletin Hollande dans l’urne avant de pleurer sur la fin du mariage dans l’altérité. Le problème avec la stratégie du pire, c’est que l’on ne connaît pas vraiment la profondeur du trou dans lequel on chute. Il y a peut-être encore beaucoup de chemin avant de toucher le fond. Le second souci, c’est que rien ne dit qu’une fois au fond, on saura donner un coup de talon pour remonter mécaniquement. Difficile d’imaginer pire en effet qu’un pays qui vote une loi autorisant la suppression de bébés à naître et qui en fait la promotion, et pourtant, depuis 1975, force est de constater que la France se complait bien à ratisser ce fond atteint. Donc si on évite le pire, il reste bien sûr la dissidence comme option possible. L’obéissance et la discipline, c’est bon pour les CRS. Les citoyens sont censés utiliser leur cerveau tout de même. Toutefois la dissidence n’est que prise de conscience de la défaite immédiate pour préparer une reconquête et, si elle est souhaitable, elle ne fait que confirmer la nécessité d’agir en amont du choix des hommes au sein du parti que l’on s’est choisi.

C’est donc en amont qu’il convient bien d’agir. C’est donc dans les partis qu’il faut d’abord prendre le pouvoir. C’est comme ça. La France est devenue une patrie de partis. Regrettable, mais incontournable. Il aurait suffi que quelques-uns des dizaines de milliers de manifestants et militants de la manif pour tous, se mobilisent pour les primaires à Paris, pour que NKM soit virée manu militari et que l’UMP comprenne bien le message. Mais il ne s’est rien passé de tel. Les manifestants ont préféré ne pas être « récupérés » par l’UMP. Dommage, car c’était sans doute plus simple de faire un coup d’état au sein de l’UMP que de le faire à la tête de l’Etat.

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