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Paris ne mourra pas

Paris ne mourra pas

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La superstition populaire tend à prétendre que les vendredi 13 sont porteurs de mauvais augures et de malheurs.

En ce mois de novembre 2015, cette dernière a pris une tournure tragique lorsque huit individus armés de kalachnikovs et bardés d’explosifs ont pris d’assaut le Bataclan, le Stade de France et plusieurs arrondissements de Paris. Le bilan du carnage s’élève pour l'instant à 130 morts et plus de 350 blessés.

Le plus violent attentat terroriste à avoir frappé le territoire national abandonne dans son sillage des scènes de guerre. Les images tournant en boucle sur les chaines d'information depuis vendredi soir rappellent de manière douloureuse aux Français la réalité du conflit dans lequel la Nation est engagée.

Car oui, la France était déjà en guerre depuis de longues années déjà. Nous le savions tout en continuant à nous envelopper dans un manteau d'insouciance et de sécurité toute relative.

Cette guerre se déroulait jusqu'à présent loin de nos foyers et de nos proches. Nos soldats se battaient contre les forces jihadistes en Afrique et au Proche-Orient dans des contrées que nous ne contemplions qu'à travers nos écrans de télévision tels des spectateurs devant un film ou une pièce de théâtre.

Les rappels à l'ordre de la barbarie et de l'obscurantisme des ennemis islamistes s'étaient multipliés à travers le monde, frappant aussi bien nos alliés occidentaux que les pays de culture musulmane. Nous savions que personne n'étaient à l'abri, mais le pays avait réussi à parer jusqu'à présent l'épée de Damoclès que se balançait au-dessus de lui.

 

Dès le lendemain de la tragédie, des rassemblements spontanés se sont organisés dans la plupart des grandes villes de France en mémoire des près de 500 victimes de Paris.

À Tours, le recueillement eut lieu dans la nuit de samedi à dimanche face à la place, ironie de l'histoire, d'un de nos grands homme tombé sous les balles d'un terroriste pour avoir défendu la paix en Europe : Jean Jaurès.

Les passants vont et viennent sous le regard des forces de l'ordre dispersant à intervalles réguliers les attroupements en respect de l'état d'urgence décrété par le président Hollande. Sur les marches de l'hôtel de ville s'alignent les bougies, les fleurs et les mots de tristesse et de colère.

L'atmosphère est à la fois solennelle et calme. Peu de gens ressentent le besoin de parler face à l'émotion et à l'horreur des images qui doivent occuper tous les esprits à ce moment-là. Quelques pensées vont vers les proches qui se trouvaient sur les lieux des attaques. La bonne nouvelle est tombée pour certains, la mauvaise pour d'autres, les derniers sont encore dans l'incertitude. Dans la nuit, la tragédie rattrapera encore d'autres familles et d'autres amis.

Dans la foule, on remarque quelques musulmans venus rendre hommage aux victimes. Certains font mine de les ignorer, d'autres les remercient pour leur présence rappelant que l'islam n'a aucun lien avec les événements survenus dans la capitale.

 

Car le défi de la France dans les semaines à venir est de ne surtout pas tomber dans le piège de l'amalgame tant souhaité par les terroristes de Daech.

Ce défi doit être mené de front par tous les Français, quelque soit leurs origines ethniques ou leurs confessions religieuses. Et à l'avant-garde de ce combat doivent se placer les musulmans de France. Plus que jamais, c'est à eux aujourd'hui d'exprimer massivement et sans aucune équivoque leur rejet du fanatisme aveugle de l’État Islamiste et des organismes gravitant autour.

Au-delà des questions religieuses, le peuple français dans son ensemble a été mis au pied du mur par les barbares brandissant la religion à des fins de haine et de violence. Il est du devoir de chacun de continuer à porter les valeurs de la République à travers le respect des individus et des cultures sans distinction et sans exception.

En effet, les attaques perpétrées dans la capitale ne visaient pas simplement la Nation engagée militairement au Proche-Orient, elles prenaient également pour cible le Paris cosmopolite et multi-générationnel. Ces attaques visaient des quartiers traditionnaires de la vie parisienne libérée, insouciante et festive, en somme l'image rebelle et décomplexée de la vie française.

De ce fait, le devoir des Parisiens est de continuer à faire battre le cœur de Paris aussi bien pour montrer à Daech que la menace ne les atteint pas et également en hommage à tous ceux tombés sous les balles des commandos terroristes. Le symbole relayé sur les réseaux sociaux par le slogan "Paris ne mourra pas" doit devenir le leitmotiv des Français dans les semaines à venir.

 

En attendant, nous continuons à compter nos morts et nos pensées vont à tous ceux privés d'un proche par l'obscurantisme et la barbarie.


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