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Pourquoi je ne crois pas à la révolution conservatrice

Pourquoi je ne crois pas à la révolution conservatrice

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« Révolution conservatrice ». Ces deux mots chuchotés à l’orée des salons, dans les alcôves des vieux gaulois, accompagnée de graves coup de coudes, de clins d’œil entendus et de la douce odeur d’un vieil armagnac, font chavirer les cœurs. Certains, plus audacieux sans doute, s’en font même les prophètes. Pour moi, l’affaire est entendue et je n’y crois pas un seul instant.

De l’art du verbe

Mon Petit Larousse me dit qu’est conservateur celui qui est partisan du maintien de l’ordre social et politique établi… Il n’échappera donc à personne que littéralement une révolution conservatrice est un mirage de communicant. Dès lors, à qui profite le crime si ce n’est au système lui-même ? Le crime : cristalliser le mécontentement derrière une bannière vide de sens afin de pouvoir l’adapter aux circonstances. La chose politique est un éternel recommencement. On prend les mêmes, on les affuble d’oripeaux différents et c’est reparti !

Pour ma part, je préférerais une révolution réactionnaire dont mon dictionnaire me dit qu’elle est l’action d’un parti qui s’oppose aux modifications politiques et sociales rompant avec les principes traditionnels et qui tente de faire revivre les institutions du passé. Là, je me sens déjà nettement plus à l’aise.

Une révolution ?

Les tenants de ce grand renouveau appellent au secours de leur thèse les frémissements qui semblent percer, ici ou là, l’épaisse brume médiatique qui couvre le pays : les rendez-vous de Béziers, l’inimaginable montée du FN et de ses frères européens, l’incroyable succès de mobilisation de la Manif pour tous…

Hélas, ce dernier exemple est pour le moins discutable si l’on considère le peu de cas qu’en a fait le pouvoir. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas avec des poussettes, des vieillards, des fils de bonnes familles et quelques bougies que se font les révolutions. Hélas, le conservateur aime trop l’ordre pour le renverser, respecte trop l’uniforme pour s’y opposer… Il eut sans doute suffit de quelques vitrines brisées, d’autant de voitures brûlées et d’un ou deux ministères envahis pour que la situation ne change du tout au tout. Sans doute n’étions nous pas encore prêts et manquions nous de chefs décidés.

Alors nous aurions pu tenter une contestation 100% féminine car malgré tout, même macho, on hésite encore à gazer ou à matraquer une femme. Et puis imaginez, quel gouvernement progressiste pourrait résister à une revendication féministe ?

Une autre voie

L’exaspération étant à son comble on peut bien sûr rêver de prendre une revanche sur les piqueux de l’an I. D’aucuns aimeraient ainsi faire valser le flamby et toute sa clique sur l’air de la Lanterne. Des âmes vendéennes s’agitent et le bocage nous appelle. Malheureusement, l’Histoire nous apprend que les révolutions contiennent toutes, à plus ou moins long terme, les ferments de leur propre chute. La violence qu’elles libèrent se retourne irrémédiablement contre elles. Alors que faire ? Accepter d’être mener à l’abattoir et regarder notre héritage se dissoudre dans l’acide libertaire mondialiste ?

Il est sans doute une autre voie : celle de l’engagement, de l’abnégation, de l’exemple. La chienlit actuelle se nourrit d’un trouble gruau fait d’une mesure d’anti-culture et d’une louche de déconstruction nationale, assaisonné d’une sauce maçonocommuniste. Combattre ce cocktail c’est avant tout savoir qui nous sommes et le transmettre aux enfants de France. Le combat n’est pas dans la rue. Laissons ce terrain de jeu à l’ultra-gauche. Le combat est à mener dans les médias, les bibliothèques et les musées ! Mais avant tout, ce combat est à mener dans les écoles. Le gouvernement ne s’y trompe pas en attaquant les écoles indépendantes. C’est là que nous devons porter le fer et résister. Il nous faut nous investir dans ses structures et leur apporter massivement notre aide.

Il n’y aura pas de révolution conservatrice parce que nous ne souhaitons rien conserver de cet ersatz de société !


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