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MN prend la marge et revient en septembre


Schizophrénie socialiste

Schizophrénie socialiste

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Pour celui qui la prend, une décision ambitionne généralement d'améliorer une situation. La politique est "multi-objectifs" par nature puisqu'elle concerne un grand nombre d'individus. Or il se trouvera toujours un individu qui vivra négativement une nouvelle liberté donnée à un autre. Cependant de nombreux actes politiques améliorent le sort de certains sans dégrader de façon notable la vie des autres. Par exemple, chaque année les redistributions de l'impôt sont ajustées sans mettre le pays à feu et à sang. Lorsqu'un pays gronde, un politique avisé sait normalement qu'un équilibre a été rompu. Mais certaines attitudes attisent l'exaspération des opposants : le simulacre de débat, la négation de la possibilité d'une pensée différente et l'invocation du besoin d'explication.

Michel Audiard disait « La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres ». Ce régime imparfait est une solution pragmatique au problème du respect de la volonté du plus grand nombre. Chaque élection est l'occasion pour chaque votant de faire gagner le camp correspondant à ses idées. L'exercice de la démocratie diffère ensuite selon l'importance de la majorité. Si cette dernière est large, les adversaires peuvent être ignorés. Il n'y a là aucun déni de démocratie, c'est au contraire son application la plus élémentaire : le gagnant met en œuvre son programme. La seule possibilité offerte au perdant est de préparer la mobilisation en vue de l'élection suivante. En revanche, une faible majorité change la donne : il faut convaincre pour faire passer une décision. Il faut donc tenir compte des objectifs de ceux qui sont susceptibles de se rallier à la majorité.

Le gouvernement actuel a une majorité large qui lui permet d'appliquer son programme sans se soucier de l'opposition. Prétendre dans ce cas organiser des débats et écouter ses adversaires relève de l'hypocrisie. Cette attitude a été celle des tenants du mariage pour tous sur les plateaux de télévision. Elle ne faisait cependant guère illusion sur les bancs de l'assemblée où le gouvernement, sûr de sa victoire, ne daignait même pas répondre aux questions de l'opposition. Le gouvernement eût été plus digne en affirmant que sa large majorité lui permettait de ne se soucier que des objectifs de ceux à qui il avait fait des promesses. Évidemment ce genre d'aveu peut écourter les débats médiatiques : difficile en effet dans ce cas, de mimer la volonté de convaincre dans ces dialogues de sourds entretenus par l'ignorance feinte des intérêts de l'autre. Mais la démocratie pourrait gagner à éviter de nombreux débats stériles.

L'hypocrisie a pourtant été poussée un cran plus loin. Les mobilisations massives en plein hiver sont le signe tangible que quelque chose ne passait pas dans cette loi. Or la majorité n'a cessé de marteler que celle-ci n'enlevait rien à personne. Nier que l'on est allé à l'encontre des intérêts de l'adversaire est une posture de nature à l'exaspérer. Comme si à Roland-Garros, Nadal disait à Federer : « j'ai gagné mais mais tu n'as rien perdu »… quel manque de respect de l'autre pour des soi-disants démocrates ! Parfois la négation de l'opposant prend une tournure légèrement différente mais tout aussi insupportable : le gouvernement répond aux critiques en invoquant le manque d'explications. En résumé, vous n'êtes pas d'accord parce que vous n'avez pas bien compris.

Les socialistes, inconditionnels donneurs de leçons de démocratie à la terre entière, montrent décidément par leur discours qu'ils n'en assument pas les règles les plus élémentaires. Certes, avoir l'exclusivité de l'image du gentil-sympa-cool-ouvert lorsque l'on doit gouverner peut amener à faire le grand écart. Mais à voir les contorsions qu'ils font pour dénigrer des adversaires qu'ils ont battus, on se demande s'ils n'ont finalement pas honte de l'image du pouvoir que leur confère le suffrage universel.

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