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Les habits du silence

Les habits du silence

Par  

L’été nous semblait beau, nous admirions le monde
sans la moindre inquiétude, mais les hommes sombraient
dans l’horreur de la guerre en fissurant les âmes.
Equilibre rompu, un présent incertain,
un futur corrompu sous l’emprise aliénée
qui habitait nos corps, divisait nos esprits.
Nous n’étions que de l’eau et devenions des feux
allumés aux brasiers de vos charbons ardents,
vos bouquets de volcans, explosion d’étincelles
entre la voie lactée et autres galaxies,
qui jaillissent des flux, ces bâtisseurs de ponts
entre mots et paroles aux espaces infinis.
Nous nous y promenons et nous y voyageons
en dedans de nous-mêmes, étoiles transformées,
arcanes de nos sources, labyrinthe de vie,
agrégat en fusion, de l’âtre de vos yeux,
cendres nous transmuons, dans ce cosmos avide
quand l’absence en nous-mêmes appelle encore le vide
et nous nous endormons du sommeil des oiseaux
dans la nuit calcinée des soleils éclatés,
du règne des étoiles au festin des lucioles,
revenir au départ pour en finir là même
où l’on a commencé, millions d’éternités.


Au matin je m’éveille, une ombre diaphane,
femme décomposée, légère comme l’écorce
d’un mirage d’enfant qui va de vague en vague,
au déclin du soleil je parfume ma peau
telle une coque vide, d’encres et de pensées.

Blessée par la lumière, froissée par ces deux noms
qui s’envolent au vent en robe de poussières,
en voiles de mystère, en habits de silence,
lors mes mains en prière se joignent et se referment
sur le vide abyssal qui envahit l’espace.

La gorgée de tristesse le soir avant la nuit
m’enivre et me noircit, me blesse jusqu’aux braises
des lettres enflammées et des rêves meurtris,
mes secrets s’engloutissent dans la cendre des mots,
le naufrage des larmes, les murmures maudits.

Là mon âme parsème les graines de mes chants
en lisière de l’enfer, dans l’œil du firmament
elle crayonne en la brume à l’entour de la lune
des traces d’étincelles qui entrouvrent l’aurore
réveillent les étoiles et raniment le temps.


En pays d’illusion
je suis un arbre mort
dont les larmes flétrissent
l’arabesque des landes,
mes secrets satinés
tournoient en désarroi
au bord d’un rai de lune
et la froidure se fige
dans un silence en lutte
sur les pas fatigués
d’une énigme à venir
dans ces lents crépuscules
où ma peine languit.  


Je vous ai tout donné, je rentre nue chez moi
Je vous ai tout donné, je rentre nue chez moi
Abandon
Abandon
Mondes indiscernables
Mondes indiscernables

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