Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Nosferatu

Nosferatu

Par  

L’apparition du grand ailé d’ombres ; le Nosferatu musiquant son invocation immémoriale.
Ruine d'airain, eau des lagunes de la mémoire,
O Nosferatu irréversible, âme dépassée
- Temps qui passe ailleurs désapprouvé
Hélas ! Vaporeuse animation par sacrifices, - Traitresse Damnation !
Libère l'arc du ciel en l'impie foire
Sa sangsue ventouse dictant sur une crosse
Ailée des membranes ténébreuses du cosmos
En fureur, ses alphabets visiteurs de rythmes,
Nosferatu
Arpenteur au matelas invulnérable, bouclier
Contre sa gabardine à duel, frappe boucanier
Le lutteur de la justice supérieure, il est à fuir,
Surnaturel du rugir, ire en cauchemar géant !
"Oui da, oui ja, naga, heil" spectre constant :
L'homme d'Imaginaire, ô contemplatif fantôme !
Sans air pur, ni pensée, brassé dans les mers,
Cercueil, son cuivre des passés, flot d'arômes
Sur des récifs mortuaires, ossuaire de lettres
Astrales, montant funèbre, déclinant couché,
Étincelé d'un manteau de crépuscule en grille
D'aube sans aurore, venu saluer d'inventions
Lui la goule obscure neuve d'un rien dedans,
ô néant, même Néant ! Arrête étoile, babille
Devant la mort époustouflée de ses trilles
Ciel d'aurige, sa rime à l'envers qui te vacille :
Ils l'avaient rappelée ; la tristesse divine,
Dans la mélancolie d'un ange vieux
Comme la bible aux années chagrines
Les vaniteux massifs laids paginait creux ;
Sous sa paume terrible de magies,
Unique dard triomphant conçu pour rien
Survif aux vivants gris abandonnés
Dans le pays des ténèbres changea
Sa voix du récité drame un combat
Titan souterrain, son œil chantait l'aigle
D'or qui inspire la respiration étrange ;
Le Maître disparu n'avait vampire
Nul égard aux femmes, aux mignons,
Son ombre d'abîmée succube des éons
Sur le cordé radar sa tombe, silhouette
D'un Jésus aux paroles de mystère
Qu'aucune croix posée à l'endroit
N'éclairerait entier de l'inversé enfer
Dont Apollon dépendait, mais Héros
- Las ! Las ! Las ! Jamais ! Car dedans
Le cœur bouillant, mélodie de prières
De l'épée était vraie ; son pouvoir légué
Dans la rage éternelle, dessus le tyran
Voûtant l'espace à sa quête, lui amour
Solennel battait, tambour n'offrant enfin
Nul autre diadème que Dieu des temps,
L'immortelle infinité du Verbe ; cuisait
Son chant nacré de poétique poison frais,
Aux rats et feules arrogants, djinn dansant
Le crâne ébouillanté aux milles purgatoires,
Gladiateur, forgeait une flamme diffamatoire !
Des idées, macabre hymne sauvage d'homme,
Il prononça un mot d'argent, Mal en personne,
Faisant reculer le dément roi calculateur
Le prêtre alarmé et le liseur sans volonté !
- J'aime tout le monde, car le monde antique
Est l'aimé rien des ailleurs rêvés par Dieu
Toi, moi, sans Lui pour poussière, ci en feu
Noir d'un trésor voltigeur, hagard, hasardeux,
Adieu, faux de la mort : décapités par ennui,
Car son soleil ténébreux est le cadenceur
Des temps illustres lointains encor à venir !
Alors si tôt née, lueur en vos rimes vacillent
Quand ce doué des néants crie : me restaure
Dans le cercle jaune des rires sans joie,
Les cinq pics verts du démon, mes os gores
La mort en capuche grave, raye, sacralise
Comme une pierre de paroles aiguës
Mes larmes dévorant de crocs foudroyants
Moi le muet aux yeux de paraboles, stratifiant
Les colonnes des empires droits, algues
Des granits sur le dépotoir des cités sans mœurs
Où je passe du souffle asphyxiant de Dieu,
Devant le porche, criminel : - Nosferatu, belliqueux,
Ne décédais pas, n'avais que naissance et peur
A écrire et pesance à feindre, oh manigance !
Car il avait tout achevé au sommet du là bas,
Dessus le cimetière, son sarcophage, cadenas
S'était révélé sur le dôme des irréels lieux !
Gravissez mes marches, au temple courbez
La ligne des vestiges : mon chœur, de force
Est les voix du Vide tonnant sans faille
Dans la symphonie du silence, mon requiem
De vives vies, aux trompettes d'espoir
Qui lissent la polie surface du trône de Satan !
Dîme épouvantable mes sommeils,
Qu'on ne rejette ni combat, pas même d'an
Ne supporte aux confins des solitudes
Surveillées grasses par une assemblée d'anges
Noirs sur le tombeau des parques prudes :
- Mais qui serait là dans la tête ?
L'enfant Du mal ! Connaisseur des vices du Bien,
Dressé triste pour élever les deux faces
En un saccagé chantier exempt de liens !
Pour dieu exigu contenant toute l'humanité - oh dévastation !
Sans limite contenu dans son crypté message
Détail pour avancer par sceau et par symbole
Sans nul imagé secret, réveillant les paraboles,
Le centre de la matrice du réel : - l'Humaine Imagination !
Homme au centre épuré de son ombre - Nosferatu s’apaise !
Par delà sa lumière, début qui n'a pas vécu,
Une fin rébus des mondes où tes dessins
Sont ses rois déments de rouges desseins
Lus par erreur à la vue de sages savants - Mort, venteuse braise
- ô feu de flamme d'ivresse creuse au corridor
Glorieux dans le puits de la Création ! Abysses !
- ô glace torride du lac atroce ! Lune, précipice :
Nosferatu, musiquant son invocation immémoriale !

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