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Beigbeder ! Au secours, mentons ! (sur l’Affaire Matzneff)

Beigbeder ! Au secours, mentons ! (sur l’Affaire Matzneff)

Par  

« Pendant que la bise sifflait dans les sapins, le Créateur ouvrit sa porte au milieu des ténèbres et fit entrer un pédéraste. »
Comte de Lautréamont

Il ne connaissait rien des saveurs adorées de Matzneff : soi-disant, le mauvais écrivain Beigbeder ; soi-disant dit-il encore : « nous le pensions uniquement littéraire, que c’était un mythomane ». Ce n’est pas au mot près mais enfin !

Le petit menteur !

Beigbeder, passif littéraire

Tant de choses à dire sur les infâmes contempteurs de ses petits souliers, ces ballerines rouge, … Beigbeder, l’ignoble sans courage, le petit myrte, le vaincu se voulant vainqueur – j’ai retrouvé moi-même cette vidéo dans sa baignoire où on l’interroge sur cette phrase de son roman « Au secours, pardon » (Titre sans aucune beauté dont le casse-pipe sonore sera repris un jour par un « Au revoir là-haut » tout aussi immonde.) : « Elle n’avait pas besoin de s’épiler le sexe puisque ses poils n’avaient pas encore poussé. » Il répondait : « J’adore Gabriel Matzneff, et j’adore aussi Nabokov, deux russes qui s’intéressaient à la pureté. Oui… » Et dans son regard, le dépit de ses démons-là à qui l’on n’aurait pas laissé le droit de maudire sur des lieux ; à qui l’on aurait soutiré le droit de sacrifier comme bon leur semble, par besoin d’amour ou de tendresse, ou de ce plaisir inavouable ; toute la liberté de l’intellect aux libertés des vicieux, et des immémoriaux des couchettes. Ses « tant-pis » dans les yeux, ses abaissement de paupières, la tristesse de ce siècle qu’il semble désaimer par sa mélancolie d’ombiliqueux !  Oh qu’il aurait aimé, joyeusement, le dandy Beigbeder, ce dandy de la farce, s’étoiler tant et tant aux cotés des harems juvéniles, voir nager autour de lui comme un Tibère dans ces lacs intérieurs, de jolis « petits poissons » !

Ce siècle, si borgne dans ses propres fers, si lâche et veule dans ses haute-tête, si caché, mu par d’irrésistibles amertumes des grands absolues, ce siècle pourlécheur de l’antique allié de l’homme qu’était la liberté et la licence, ce siècle plus encore de son ignominie et de sa correction d’élève si dévot, ce siècle des barbares, des terreurs dessous l’homme, des assassinats, des massacres, ce début de siècle est le retournement anal par la pénétration du dernier ! Beigbeder, votre soi-disant liberté vous l’avez acquise par l’arrière-train de la liberté !

Si, mon Dieu ce grand-siècle qu'a été le vingtième avait alors commencé par les futaies, par les grands-hommes ressortis des entrailles d'un banquet de porcs de Trymalcion, si tout ce siècle avait débuté par l'élévation malgré les mouvements meurtricides, si toutes ses tétines n’avaient été sucées et bues et mises en bouche par toutes les tonalités de la décadence et par toutes les effluves de ses grands débordeurs de latrines… si Proust est né et si tous l'on suivie, si Céline vint et mourut à notre fin vingtième, il fallut bien qu'à mesure que ce siècle vingtième dût vivre, qu'il s’abaissât, s'accroupit et finit bientôt par ses hommes, à s'allonger et par le postérieur attendre le coït. Ils vinrent alors ses attardés, à l'aune de la fin vingtième, ils émergèrent ces écrivains-plumiers, ces écrivains de la trempe des nèfles, ces écrivains qui ont de la posture de ses particuliers, de ses originaux d'art-contemporain et qui écrivent leurs ouvrages, sur le sol, à quatre-pattes, et la croupe relevé et la trompe rabaissé.

Beigbeder était un de ses passifs littéraires. Plus d’une fois tandis qu’il écrivait ses livres, il appréciait se faire démanteler le fondement, aimant trop le néant de ces fins de siècles, fin-de-race lisant Nietzche et s’en gargarisant. Il aurait aimé le siècle du paravent pour écrire sous l’insigne du marteau mais, tapant comme garçon sur des jeux de gascons, il n’aurait été que de la sorte des pilons sur des enclumes.

Beigbeder, tu sembles te navrer de la disparition et de la fin de la tolérance à la Gide. Beigbeder, tu es la cause de la défaite de toutes les élévations, rompu d’Américanisme tu as fait venir chez nous de ses pourpres inondés de la bêtise, tu as répandu comme le déluge dans des pluies le sacramentel poison des hommes de la stupidité ! Tu as voulu tous ses glamorama, et homme-de-gauche par-dessus tout, tu as cru, ne sachant rien voir, que la France souffrait des maux de l’Amérique et qu’il faudrait alors, comme là-bas, s’incréait des immenses douleurs, des immenses interruptions, et te vautrant dans ses gominas de la débauche, tu as voulu faire croire à notre pays que American Psycho était un livre qui décrivait notre époque. Grâce à ton aide, beaucoup l’ont cru et nous avions vu alors de sales et non-saints pasticheurs de la gamelle américaine, écrire en France comme si l’on mangeait dans la même assiette : de toi à Sacha Spierling en passant par des passants capitonnés – tu as fait croire à notre fin-de-vie, au néant de la France et tous ont cru à ces mots. Désormais que prophète mal-averti de tes erreurs, tu es mis en cause par la relégation du prix de la défloration à ce crâne-cave de Matzneff, tu voudrais nous faire croire une fois encore, à ta candeur ! Pourriture que tu es ! Bougre !

Un Sade pour le nouveau millénaire ?

J’ai déjà donné la première pastille ! Une seconde désormais. J’ai dû l’avoir dans les petites aides que j’ai su prendre en lisant le mauvais livre de Beigbeder Au secours, pardon. Il met en scène à nouveau la raclure dénommé Octave Parango. N’oublions pas qu’un Parangon est un modèle. Beigbeder qui s’est plus d’une fois donné comme fille-en-fleur dans les médias, nous dit facilement, tant il a la bouche claire et bien en verve, qu’il est son personnage, que Parango « c’est moi ». Nous le croyons sur sa parole de Christ-en-cuir !

Dans ce roman d’imagination voulue; il joue au scout-model, et doit pour une agence de mannequin rechercher les plus belles femmes ; il se rend bien vite à l’évidence, les jeunes filles sont préférées aux autres, voilà la beauté la plus répandue parmi ses marteleurs de couvertures diaprées : « Et c’est ainsi que j’ai travaillé tranquillement à donner aux hommes du monde entier l’envie de coucher avec des enfants. » Déjà, mes amis, une telle phrase n’est pas innocente. Pourquoi écrire donc, s’il n’y aucune affinité ? On n’écrit pas sans se donner aucun plaisir ! Le plus mauvais écrivain n’écrit pas par vanité. « Autrefois tous les Russes parlaient ma langue : Dostoièvski avec ses enfants, Tourgueniev avec Flaubert, Nabokov avec Pivot, et Gabriel Matzneff avec moi. » Voyez l’adoration par l’exemple ! Allons ! Écrire un livre, Beigbeder, sur un pédophile et en faire un ami de Matzneff !

Comme je l’imagine Beigbeder, ce fier galant des soupirs, suivant l’indice et jouant à qui mettra le mieux sa séduction, avec Matzneff entre les cuisses des petits. Il longera son ombilic au travers tous les poliments des cités italiennes, aux cinémas, aux piscines - à tous ses liaisons faciles et admises autrefois dans les contrées attenantes où ces messieurs de la jaquette s'adonnaient à leurs petits soins.

Il a dû connaître toutes ses manigances, ses trouées par-ci par-là où ces homoncules bouffis et faramineux savent à prix coutant se vêtir d’un vice pour la seule saison de leur conscience. « J’ai confiance en votre jugement, un homme qui fréquente la Sainte-Vierge doit forcément s’y connaître en pures adolescentes. » Ils finiront toujours à l’église ses négligeurs de l’innocence, à rabattre sur eux les rideaux des confessionnaux, ils chercheront à expier leur ivresse, à faire pâlir les éclaircis des cieux, à en changer les contraste en pleurant de leur culpabilité et de la lâcheté trop allumeuse de leur potentat.

« C’est là que j’ai succombé à l’infante Léna Doytcheva, sa vénéneuse vétusté, sa gorge d’albâtre, l’aplomb de ses quatorze ans. Tout est de votre faute, mon père. » Ben voyons ! « Les dentelles (celles de Lena) révélaient des dessous de petites filles sage qui vient de découcher et de se rhabiller en vitesse pour rentrer chez sa maman. » Toujours de ces joies de ravisseurs, de rançonneurs des bras et jambes chez ces gens-là qui pensent aux parents des enfants, à la discrétion de leur mainmise. Ils se disent : Comme c’est bien heureux que je puisse avoir de ces enfants à la barbe et au nez des parents qui auraient en vérité mon âge ou bien serait plus jeune ! Elle entre avec fureur dans leur fantasme cette mathémagogue de l’infamie. « J’étais devenu un contrôleur de chérubins. » A l’imitation Beigbederienne des cents-vingt jours de Sodome.

« Mes chastes séances photos se mirent à déraper (…) Une dénommée Sasha suçait une Chupa-Chups dans mon atelier. Avec ses tâches de rousseurs et sa natte tressée, elle attendait patiemment mon verdict. J’ai senti que je pouvais tout lui demander, donc je l’ai fait : "Tiens-toi droite pour faire grossir tes loches." "Maintenant soulève ta jupe et penche-toi en arrière." "J’ai envie de rouler des pelles à ta chatte." "Baisse tes collants et ta culotte. Écarte les jambes. Ouvre-toi bien. Je peux t’appeler Sésame ? (…) Si une nymphette veut réussir dans le mannequinat, elle ne doit pas se fâcher avec moi. » Ces menus phrases d’écrivains rongeant la croûte de l’abjection en espérant y casser des miettes et les manger ! Je vois bien ce Beigbeder dans les rues, ou bien en face de sa copie A8, ayant par l’instinct de ses quelques faveurs divines ; parvenues par quelques anges mal-vautrés dans les cieux et qui laissent passer des insignes. Je l’imagine bien se sentant élu, Beigbeder, et notant au retour à sa maison, sur l’ivoire de son manuscrit avec la parfaite sensation du Sésame dans l’ignoble de ses rêveries. A quelques-mots prés seulement, selon lui, il pourrait se croire un Sade pour le nouveau millénaire. Mais rien !

« Cette chair tendre, nue, arrondie, pureté suspendue à ce petit torse enfantin… je n’osais piteusement approcher pareil trésor rose, moelleux, chaud du bout de mes doigts.
- C’est incroyable comme ils sont fermes !
- S’ils ne l’étaient pas à mon âge, ce serait embêtant !
 »

Encore !

« Elle n’avait pas besoin de s’épiler le sexe puisque ses poils n’avaient pas encore poussés. » Eh bien ! Frédéric ! Auras-tu de ce jour, comme de la découverte de tes frelats, tarentaises de monsieur la grande bourgeoise de Saint-Germes, l’émotion assez forte et patenté, assez endurante pour l’aveu de ta propre attirance ! Nous diras-tu, marmot du Flore, avec fière allure, la sève de tes troncs, tout ce qui les soirs d’étés et aux nuits de tes sorties-de-route, tout ce qui t’illumine et te vivifie ! Il y a des gens qui estiment l'audace plus qu'ils ne répriment le vice. Il saura s'en faire des alliés s’il avait en vérité le courage de dire à tous qu'il est un second postulant pour l'assise de Matzneff. Des centaines d’années et la légende, et l’humeur des écrivains ont pardonnés avec la déférence qui suivit, la prosternation, l’odieuse mais expiatoire figure de Gilles de Rais ! Allons ! Allons ! Du courage ou bien des os !

« Mes paroles ne sont pas les réminiscences d’un rêve, et j’aurai trop de souvenirs à débrouiller, si l’obligation m’était imposée de faire passer devant vos yeux les événements qui pourraient affermir de leur témoignage la véracité de ma douloureuse affirmation. La justice humaine ne m’a pas encore surpris en flagrant délit, malgré l’incontestable habileté de ses agents. » Disait Lautréamont. Si personne n’a rien vu pour lui et de sa pédérastie, désormais voilà une bonne chose que la lumière faite sur l’occulte de Frédéric Beigbeder.


Christopher Gérard, Quolibets
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Jean Biès, Le livre des jours
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Le consentement : un livre solaire !
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