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Conférence de Jean de Viguerie sur la poésie (2/2)

Conférence de Jean de Viguerie sur la poésie (2/2)

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L’historien Jean de Viguerie nous fait l’honneur de confier à Mauvaise Nouvelle la publication d’une conférence sur la poésie prononcée le 15 décembre 2001 à l’académie de Jeux Floraux à Toulouse lors de son élection comme Mainteneur. La première partie portait sur la mort conjointe de la poésie et de l’histoire au XVIIIème siècle, cette deuxième et dernière partie de la conférence revient donner de l’espoir aux gardiens de la poésie par l’exemple d’André Chénier.

II – André Chénier ou la poésie réinventée


Né en 1762, imprégné comme toute sa génération - celle de la Révolution (Robespierre est né en 1758, Danton en 1759) - de la pensée des Lumières, fréquentant le plus souvent un milieu de matérialistes et de mondains, André Chénier ne se trouve pas dans les conditions idéales pour accomplir une si grande mission. Mais il est doté d'une remarquable indépendance d'esprit et d'une liberté intellectuelle extraordinaire en ce siècle voué plus encore que le nôtre à la pensée unique. Il est animé aussi dès ses jeunes années d'une vive ferveur pour la beauté poétique. Si bien que sans jamais renier des Lumières la philosophie politique - il restera toute sa vie un sectateur zélé de Montesquieu et de Rousseau - il se sépare de leur conception des lettres. Dans son Essai sur la perfection des arts composé à Londres à partir de 1787, avec un discernement remarquable chez un jeune homme de vingt-cinq ans, il montre du doigt les premiers fauteurs à ses yeux de la décadence de la poésie, c'est-à-dire les chefs des Modernes, Houdart de la Motte et Fontenelle, et accable leur nullité : « L'un et l'autre, écrit-il, étaient nés sans le talent, sans le génie des beaux-arts, absolument inhabiles à la poésie, par conséquent sans aucune justesse de goût pour apprécier, et pourtant avec la fureur de s'en occupe »1. Terrible jugement. Il faut être très jeune pour s'attaquer ainsi aux pontifes. Mais ces deux là ne lui suffisent pas. Un peu plus loin, témérité à peine croyable, il s'en prend à Voltaire, lui disant de tout, lui reprochant son "orgueil d'enfant", son "égoïsme intolérable", sa "philosophie parasite" ainsi que son petit esprit (« Il abaisse les plus graves sujets ») et son épicurisme grossier de chantre spécialisé du bien-être. Il faut citer le passage entier :

« Tout cela me montre un homme que je n'aurais pu estimer… Ajoutez les vertus austères et mâles souvent livrées à la dérision du vice sou pie et poli, les louanges éternelles prodiguées à notre luxe, à nos vins, à nos cuisiniers, et l'ironie versée à pleines mains sur les hommes qui ont méprisé ces biens, sur les peuples qui ne les ont point connus, et où une sainte égalité ne permettait pas à un petit nombre de citoyens de s'engraisser de la faim d'autrui. »2

Et pour finir, comme une mise à mort, t'apostrophe :

« Que prétend-il ? Veut-il que nous apprenions à préférer de tout notre cœur l'embonpoint de l'esclavage opulent à la pauvreté sobre et indépendante ? Veut-il que nous ressemblions à ces animaux élevés dans nos basses-cours, qui se rassasient en paix de l'ample nourriture qu'on leur prodigue sans se douter que c'est pour les manger ? »3

Tout Chénier est dans ces quelques lignes. Toute sa courte vie en effet il frappe au cœur du mal. Il dénonce le mal qui à ses yeux étouffe et stérilise la littérature de son temps. Et ce mal est pour lui, je reprends ses propres termes, l'esprit de "bassesse" et de "jouissance" qui fait que les lettres françaises sont "prosternées". Lui-même dans la conduite de sa vie s'efforce d'échapper à l'abaissement. Il est à l'âge des passions. Il fréquente parfois des compagnies libertines. Mais il se garde car il sait que sa vocation -il en a très tôt une conscience claire- est de rester fidèle à l'amour de la vraie poésie. Il s'efforce donc de maîtriser son goût des plaisirs et de ne jamais s'y avilir. Cette bassesse qu'il réprouve tant chez Voltaire et ses pareils, il ne veut pas y tomber. Mais il n'y tombera pas, il le sait, il le sent : « Je me livrai souvent aux distractions d'une jeunesse forte et fougueuse, ruais toujours dominé par l'amour des lettres et de l'étude… je sentis que mes vers et ma prose seraient mis au nombre des ouvrages qu'aucune bassesse n'a flétris »4

Écoutant ces paroles fières, le souvenir me venait du conseil de Max Jacob aux jeunes poètes, les incitant à demeurer purs et détachés des plaisirs des sens. Mais Chénier lui n'a pas de conseiller. Il tire tout de lui-même. Et c'est de lui-même et de son propre mouvement qu'il se soumet à une certaine ascèse. C'est avec la seule force de sa volonté qu'il accepte la tristesse - il parle de sa « triste et pensive jeunesse.» - la solitude, l'ennui, l'exil. L'ennui de la vie de garnison quand il est nommé en 1782 sous-lieutenant dans le régiment d'Angoumois à Strasbourg, l'ennui de l'exil à Londres où il exerce trois années durant, de 1787 à 1790, les fonctions de secrétaire d'ambassade. Et comme il accepte ses peines il en fait bon usage. Certes il y a des vertus cachées dans la vie de garnison et dans l'exil. Charles d'Orléans et Joachim du Bellay, Vauvenargues et Vigny nous le prouvent. Mais celui qui ne travaille pas, qui n'étudie pas, qui ne médite pas, n'en tire aucun bénéfice. Tout profite à Chénier parce qu'il ne cesse d'étudier. Il s'exhorte au travail. Il exhorte ses frères, les jeunes poètes :

« Qui que tu sois enfin, ô toi, jeune poète
Travaille …
Travaille. Un grand exemple est un grand témoin.
Montre ce qu'on peut faire en le faisant toi-même»5

Il est de ces écrivains, les seuls à remplir toutes leurs promesses, qui ne cessent jamais de travailler. Partout, dans sa maison, dans les auberges et dans la rue, il poursuit le fil de sa réflexion laborieuse. Il se décrit lui-même ainsi absorbé dans ses pensées : « toujours occupé de ces idées favorites, et chez moi en voyage, le long des rues, dans les promenades, méditant toujours sur l'espoir peut-être insensé de voir renaître les bonnes disciplines.»

Qu'entend-il par là ? Sans doute les différents genres poétiques. Au début il s'adonnait à l'imitation des poètes grecs, Homère et Théocrite étant ses préférés. Il sentait comme eux. À lire ses premiers poèmes on les aurait crus des épigrammes grecques. Mais bientôt il dépasse la simple imitation. Il s'élève. Il invente. Et c'est alors qu'il découvre et traite à sa propre manière l'un des grands thèmes de la poésie de tous les temps, celui de la jeune fille et de la mort. L'un des grands thèmes, et, selon certains, le plus grand. « La mort d'une belle femme, écrit Edgard Poe, est incontestablement le plus poétique sujet du monde »6. Les Idylles marines (1787) lui sont presque toutes consacrées. La jeune Tarentine est la plus mélodieuse. Nous l'apprenions autrefois en classe. Nous commencions ainsi:

« Pleurez, doux alcyons! Ô vous oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Téthys, doux alcyons pleurez.
Elle a vécu Myrto, la jeune Tarentine,
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine »

Puis nous récitions le naufrage :

« Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine,
Son beau corps a roulé sous la vague marine » …

Ces vers sont parmi les premiers très beaux vers du jeune Chénier. Par eux la poésie française commence à revivre. Elle renaît de la mer sous les traits d'une jeune fille morte.

Est-il maintenant plus sûr de son génie? Peu après la composition des Idylles, probablement à Londres en 1788, Chénier commence à fixer ses idées sur l'art poétique. Il théorise d'abord en prose dans l'Essai sur la perfection des arts, ensuite en vers dans l'Invention. Mais le poème de l’lnvention n'est pas seulement de la théorie versifiée à la manière de Boileau. C'est aussi de la grande poésie, et j'irai jusqu'à dire c'est la poésie même. L'idée est que l'imitation inventrice ne peut se réaliser sans une vision. Il ne suffit pas d'étudier la Grèce, il faut la voir, il faut l'aller voir. "Allons voir" s'écrie le jeune poète :

« O terre de Pélops! Avec le monde entier
Allons voir d'Épidaure un agile coursier
Couronné dans les champs de Némée et d'Elide.
Allons voir au théâtre aux accents d'Euripide,
D'une sainte folie un peuple furieux
Chanter "Amour, tyran des hommes et des dieux",
Puis ivres des transports qui viennent nous surprendre,
Parmi nous, dans nos vers, revenons les répandre ;
Changeons en notre miel leurs plus antiques fleurs ;
Pour peindre notre idée, empruntons leurs couleurs
Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques.
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques ».

Ce dernier vers fameux ne dit pas tout. Chénier adhère aussi à la pensée antique. Il reçoit les leçons des Grecs. Il apprend d'eux à être naturel, à être lui-même. « Ils m'ont aidé, dira-t-il, à me faire à ma manière qui n'est celle d'aucun d'eux ». Ils lui ont révélé aussi tout ce que la nature humaine contient de grand et de divin. Dans son Essai sur la perfection des arts il rend ce bel hommage à l'idée que les Grecs se faisaient de l'homme : « Au travers de nos corps dégradés, fatigués souvent par les travaux, par l'âge, par les infirmités, par l'empreinte du vice, du chagrin, ils savaient retrouver cette forme céleste et primitive, ils faisaient l'homme à l'image de Dieu. De là cette foule de chefs- d'œuvre »7.

Texte capital et d'une étonnante nouveauté en ce siècle des Lumières si acharné à la réduction de l'homme. Que l'on veuille bien se remémorer les définitions de l'homme par les philosophes des Lumières. Elles ne sont pas exaltantes, c'est le moins que l'on puisse dire : « ouvrage informe de la nature » (Rousseau), « automate pensant » (Voltaire). « La fameuse définition de l'homme, animal raisonnable est un non-sens » (Helvétius). Toute la pensée des Lumières sur l'homme, écrit le professeur Xavier Martin dans son récent ouvrage L'homme des droits de l'homme et sa compagne, « va à contre-courant de la tradition anthropologique enracinée dans la Genèse qui clairement érige l'homme à un autre niveau que le règne animal »8. Or Chénier, ceci est remarquable, retrouve cette tradition. Il a lu la Bible, nous le savons, mais ce n'est pas la Bible qui l'a éclairé, c'est la poésie grecque. C'est aussi la fierté de son âme. « L'homme, dit Mirabeau, est un animal bon et juste qui veut jouir », Que Mirabeau parle pour lui. Tout Chénier s'insurge contre un tel abaissement.

Il s'insurge instinctivement. Selon toute probabilité il ne réalise pas l'énorme différence entre sa propre idée de l'homme et celle de ses contemporains. D'ailleurs, ce qu'il veut faire maintenant, fidèle à sa résolution (« Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques »), ce sont des poèmes scientifiques et philosophiques selon la science et la philosophie de son temps. Virgile s'est bien inspiré de Démocrite et de Thalès. Lui, Chénier, trouvera dans Kepler et dans Newton la source de son inspiration.

Se prend-il pour un nouveau Virgile ? On sait qu'il voulait être aussi un Lucrèce. Il n'y réussit pas. Si l'on en juge par ses vers conservés d'Hermès et de L'Amérique, ses poèmes philosophiques et didactiques demeurent au niveau des productions déprimantes de Lebrun, Fontanes et Delille, ses contemporains et ses émules dans le genre. Heureuse Révolution. Sans elle Chénier aurait continué dans cette voie. Il serait peut-être devenu un Lucrèce au petit pied ou un mauvais Alexander Pope. La Révolution l'a sauvé. Ce n'est pas la science, et ce n'est pas non plus la philosophie qui ont révélé toute l'étendue de son génie. Ce sont les souffrances et les peines de la prison et de l'approche de la mort.

En effet ses deux plus grands chefs-d’œuvre, La jeune captive, et les Iambes datent de son séjour à la prison de Saint Lazare à Paris, où il reste enfermé quatre mois et demi avant de périr sur l'échafaud, le 7 thermidor an II (27 juillet 1794), deux jours avant la chute de Robespierre. Jusqu'alors il avait écrit maint beau vers, mais toujours, même si cela était à peine perceptible, se ressentant un peu de l'école. Les vers écrits en prison marquent une totale libération. Ils ne doivent rien qu'à lui-même. Vous savez que ces deux poèmes, chacun à sa manière, protestent contre la mort. « Je ne veux point mourir encore » dit la Jeune Captive. « Ô mort, tu peux attendre » ordonne l'auteur des Iambes. La jeune Captive, elle, ne sera pas sacrifiée. Cette beauté ravissante survivra. Elle se nomme Aimée de Coigny. Mais elle est aussi la poésie. Comme la poésie elle a des ailes, et le poète lui fait dire :

« L'illusion féconde habite dans mon sein.
D'une prison sur moi les murs pèsent en vain,
J'ai les ailes de l'espérance ;
Échappée aux réseaux de l'oiseleur cruel,
Plus vive, plus heureuse aux campagnes du ciel,
Philomèle chante et s'élance »

Image de l'oiseau tant aimée du poète. La poésie à ses yeux est un envol au-dessus des bassesses de la terre. Le poète Chénier, lui, va mourir, et de la mort terroriste. Les Iambes protestent contre la mort, mais surtout contre cette mort. Cette mort qui tue aussi sa patrie:

« La France asservie
Égorgée ! Ô mon cher trésor »

Les Iambes sont un poème civique, un poème pour venger la cité des « bourreaux barbouilleurs de lois » qui la tourmentent.

Les Iambes couronnent et portent à son achèvement le combat de Chénier, combat de plusieurs années pour la cité, contre la mort. Il a cru en la Révolution. Peut-être en sa prison y croit-il encore. Mais dès 1790 il a pressenti l'avènement prochain de la Terreur et de la mort. De là date son engagement politique. En 1791 et 1792, dans le Journal de Paris, en de nombreux articles d'un rare courage - on pouvait être mis à la lanterne pour beaucoup moins - il dénonce, il invective ceux qu'il appelle la "populace" et les "bandits" c'est-à-dire ceux qui, selon, lui, dénaturent la Révolution et veulent instaurer un régime de sang. Il flétrit "l'insolence" de ces " vils brigands" et les "projets sinistres" de ces "bandits". Arrêté à son tour et emprisonné, il n'en poursuit pas moins son combat. Mais la prose de la polémique politique ne lui suffit plus. Voulant mieux exprimer l'indignation qui l'étouffe, il adopte la forme de la poésie. Ce sont les Iambes. Voici le portrait des assassins :

« Et ces porte-plumets, ces commis de carnage,
Ces noirs accusateurs Fouquiers,
Ces Dumas, ces jurés, horrible aréopage
De voleurs et de meurtriers »

Mais le pire, selon le poète, ce ne sont pas leurs assassinats, mais leur bassesse. Il les dépeint :

« Ivres et bégayant la crapule et le crime »

Et trouvant

« De ça, de là, sous leur main, sous leur bouche,
De femmes un vénal essaim
Dépouilles du vaincu, transfuges de sa couche
Pour la couche de l'assassin »

Ces bourreaux, clame-t-il, sont impurs :

« Ces monstres sont impurs, la lance qui les perce
Sort Impure, infecte comme eux »

Les hommes de la Terreur, nous le savons, qualifiaient d'impurs leurs adversaires. Ils disaient des Vendéens qu'ils étaient des "monstres impurs", et traitaient d'"esclaves" les soldats des armées étrangères, voulant que leur "sang impur" abreuvât Ieurs "sillons". Chénier reprend l'accusation, et avec une belle audace mais n'aime-t-il pas répéter "audendum est" - il la retourne contre ceux qui la profèrent. Il est en cela fidèle à lui-même. Du temps de sa liberté il dénonçait ce qu'il appelait la "bassesse". Il continue dans sa prison.

Ainsi, par ces tristes et splendides chants renaît en France la grande poésie lyrique. Diderot, le seul des philosophes sans doute à comprendre le lyrisme, avait autrefois prophétisé cette renaissance. Il avait écrit que la poésie reviendrait. Mais il s'était trompé sur l'époque de ce retour. Il avait annoncé qu'il aurait lieu. « Après le temps des désastres et des grands malheurs, lorsque les peuples harassés commenceraient de respirer », Il n'avait pas prévu André Chénier. Or Chénier est venu bien avant les Romantiques, et la renaissance de la poésie s'est produite non point après le temps des malheurs, mais pendant ce temps-là.

Aujourd'hui, en notre temps, à nouveau la poésie s'est endormie. Ou bien elle s'est absentée. Elle se réveillera. Ou bien elle reviendra. L'exemple du siècle des Lumières incite à ne pas désespérer. Je voudrais vous citer ici ce propos d'un jeune poète contemporain : « Ne désespérons pas, le XVIIIème siècle eut aussi son désert. Sûrement qu'en ce moment deux ou trois poètes inconnus écrivent les vers qui nous réjouiront demain. Quant à la poésie elle s'est retirée dans ses appartements pour se changer. Quand reviendra-t-elle ? Dans quels atours de quel couturier? Ce sera en tout cas une belle surprise. »9

Ainsi parle ce jeune poète. Nous croyons quant à nous que le renouveau de la poésie accompagnera le renouveau de la cité. Le poète Pindare a dit : « La poésie fait la paix dans le cœur de l'homme et dans le monde. Elle désarme Arès et éteint le feu du ciel. »10 Je pense que si nous ajoutions. « Elle allume le feu du ciel sur les ennemis de la paix », nous ne serions pas infidèles à l'esprit du poète. Pindare en effet, et avec lui la plupart des Grecs, ont donné aux poètes la place d'honneur dans la cité. Ils ont compris que l'amitié entre les citoyens, cette « amitié politique » dont Aristote fait l'éloge, avait besoin de cette création de beauté qu'est la poésie. Ils ont vu ce lien mystérieux qui unit la politique et l'art.

Vous aussi, Messieurs, vous le voyez. Car vous n'êtes pas des esthètes au sens étroit de ce terme, et si vous êtes les amis des lettres et des arts, vous l'êtes aussi du bien commun de la cité. Je l'ai observé à vous entendre dans vos lectures et dans vos débats. J'exprimais en commençant mon intention de vous consoler. J'espère y être parvenu. Mais je voulais aussi vous rendre hommage. Et c'est pourquoi j'ai tenu à placer sous vos yeux l'héroïque figure d'André Chénier. Il fit revivre la poésie après une longue léthargie. Il fut en même temps un grand poète et un vengeur de la cité profanée. J'ai donc pensé que l'évocation de son génie pouvait achever de la manière la plus juste un remerciement digne de vous.

Notes

  1. « Sur la perfection des arts », André Chénier Textes choisis et commentés par Firmin Roz, Paris, Plon, 1913, p 146.
  2. Ibidem, p 151.
  3. Ibidem.
  4. Cité dans André Chénier, éd. Roz, p 24.
  5. « L'Invention » André Chénier, éd. Roz, p 164.
  6. « La genèse d'un poème » Œuvres complètes, tr. Charles Baudelaire, Paris, Gibert Jeune, s. d., p 37.
  7. « Sur la perfection des arts » ed. Roz, p 137.
  8. L 'homme des droits de l'homme et sa compagne (1750-1850), Essai sur'le quotient intellectuel et affectif du « bon sauvage », Dominique Martin Morin, 53290 Bouère, 2001,p 226.
  9. Samuel Martin, Métrique élémentaire
  10. Cité par A. Dorchain, L'art des vers, Paris, Garnier, nelle éd. P17

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