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Église et civilisation : vers un nouveau schisme ?

Église et civilisation : vers un nouveau schisme ?

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Il ne faudrait pas que le catholicisme devienne un mondialisme comme les autres, sans âme et sans avenir. Il ne faudrait pas que son universalisme, qui est son essence même, soit amputé de l’inculturation qui est sa force et son génie propre. Nous voulons dire que la bonne nouvelle du christianisme ne peut s’annoncer aux autres que si l’on prend en compte leur culture, leur identité, leur milieu, en d’autres termes si on inscrit la démarche d’évangélisation dans l’inculturation, tout en conservant sa propre singularité culturelle. Un autre point concerne l’extrême vigilance que nous devons avoir à l’égard des bons sentiments, de la molle tolérance, de l’angélisme, ces fausses valeurs promues par le monde moderne, lui-même mollasson et sans saveur. Ce moralisme de comptoir conduit tout droit à une défaite, celle de la civilisation occidentale et de son Histoire grecque, latine et chrétienne. Il faut garder à l’esprit que le catholicisme s’est imposé en Occident par la vertu supérieure de la charité mais aussi par l’épée.

Qu’on songe à Clovis et Clotilde, à Charlemagne et à tous ces défenseurs de la foi luttant contre les diverses hérésies qui ont traversé l’Histoire occidentale : pélagianisme, arianisme, catharisme, sans oublier le permanent combat depuis le VIIème siècle contre les mahométans. Les combattants chrétiens payèrent le plus souvent de leur sang le service de leur idéal. Ils cherchaient à transmettre leur trésor dans son intégrité aux générations qui leur succèderaient. Nul doute que le catholicisme ne pourra se maintenir que par la charité et par l’épée. Il lui faudra prendre la juste mesure du danger de disparition qui le menace (chose qu’il n’a pas encore comprise) puis cibler les moyens proportionnés pour lutter pour sa survie. Les deux plus grands fléaux qui le visent sont le technicisme, fruit de l’idéologie libérale libertaire, et l’islamisme qui lucidement lui, n’a jamais abandonné le glaive pour parvenir à ses fins : l’islamisation du monde. Si nous voulons demeurer des occidentaux chrétiens, il faudra nous battre pour conserver l’héritage chèrement légué et être digne de nos aïeux qui nous ont précédés dans la foi. Cicéron affirmait qu’une « société est responsable non seulement du présent, mais aussi du passé et du futur ». Le péril est à nos portes, en nos portes pour être plus précis. Le nier, c’est à coup sûr s’être perdu dans la modernité et ses délices. Et c’est bientôt pleurer quand il sera trop tard, sous le regard amusé de « Dieu qui se rit des hommes qui déplorent les effets des causes qu’ils chérissent », lorsque le monde arabo musulman aura fait main basse sur nos modes de vie pour instaurer l’implacable charia.

Dans Église et immigration, le grand malaise (sous-titré : le Pape et le suicide de la civilisation européenne), Laurent Dandrieu journaliste à Valeurs Actuelles va expliciter le malaise qui s’est mué en cas de conscience pour de nombreux catholiques dont il fait partie. Faut-il choisir l’Église et obéir au Pape quand ce dernier choisit le parti de l’immigration et fait du catholicisme un universalisme acculturé qui doit s’accommoder du projet libéral d’humanité mondialisée et métissée ? No frontier, no limit, no culture, serait ainsi devenu le credo partagé du marché et de l’autel. Doit-on le suivre quand il nous propose le multiculturalisme plutôt que l’identité et la nation, l’histoire et l’héritage ? Peut-on rester fidèle au vicaire de Jésus-Christ quand il humilie les catholiques intimés de se taire et de ne pas dresser de murs, de ne pas reprendre le contrôle des frontières, pour faire place à l’humanité nouvelle et céder à « l’impératif catégorique de l’accueil de l’étranger » ? Dandrieu l’affirme : « l’idée que la civilisation européenne fût un bien qui pouvait être menacé par des apports extérieurs incontrôlés, et qu’il était du devoir des populations européennes de protéger ce trésor, semble étrangère à l’Église, quand elle ne lui paraît pas dangereusement rétrograde ». L’attitude de ce Pape jésuite est légitimement critiquable quand il abuse encore et encore de l’argument d’autorité : « L’Europe est sur le déclin car elle est incapable de créer des processus d’inclusion et de transformation : une Europe en train de se retrancher au lieu de privilégier des actions qui promeuvent de nouveaux dynamismes dans la société » ; et ensuite : « L’islam est lui aussi un chemin d’Europe. ». Observant de près les agissements du maire musulman de Londres Sadiq Khan, nous voyons bien le beau chemin d’Europe que nous nous préparons ! Pures folies, pures fadaises que ces propos. D’ailleurs, les peuples européens n’y croient pas, n’y adhérent pas un instant.

Pour ce Pape, remarque justement Dandrieu, tout se passe comme si le christianisme n’était, en Europe, qu’une foi parmi d’autres. Pur relativisme cette fois. Et pour quelle vérité ? Quelle vérité ultime ? Cherchons-nous le ciel de toutes nos forces, en ce bas monde, ou préférons-nous les mélopées doucereuses du politiquement, du médiatiquement, et du désormais religieusement correct ? A vrai dire cette islamophilie de l’Église est totalement suspecte. Nous le prédisons avec orgueil : il y aura un nouveau schisme dans l’Église entre ceux qui ne transigeront pas sur la question de l’immigration, de la défense de la catholicité de l’Occident contre les idoles du temps que sont le technicisme, l’islam, le relativisme et ceux qui appellent à la fraternité, à la rencontre et à la préférence de l’Autre. Il y a en Occident un déclin du courage, autrefois pointé par Soljenitsyne. Car il est sûr que la vérité n’est plus servie, corsetée dans les discours mensongers de Rome, et qu’elle explosera bientôt au grand jour pour jaillir et renaître au sein même de l’institution Église. Une sorte d’eschatologie puis de parousie de la vérité. Il y aura une partition dans l’Église à l’image de ce que l’on peut observer dans nombre de pays occidentaux : des Etats qui se coupent en deux entités irréconciliables. Avec d’un côté, le camp des vainqueurs de la mondialisation alliés aux enfants des immigrés et de l’autre, le camp des partisans de l’identité viscéralement attachés à leur terroir, leur village. Il y aura un nouveau schisme…


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