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Épargnons nous la lecture de Voltaire, ou pas

Épargnons nous la lecture de Voltaire, ou pas

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Ce soir, ami lecteur, je n'écrirai pas ce petit texte taquin pour t'épargner tout à fait la lecture de Voltaire. En effet, le problème de cet écrivain et penseur ce n'est pas tant ce qu'il a écrit que ce que l'on a écrit et dit sur lui, sa réputation de « philosophe dit des Lumières » pour élève sage et républicain de la manière qu'il convient, « Lumières » dont un Jack Lang, s'il eut vécu à cette époque eût pu dire que c'est à ce moment que la France « passa de l'ombre à la lumière » car chacun sait selon l'histoire officielle que l'histoire de France commence réellement en 1789. S'il est annonciateur d'à peu près toutes les dérives idéologiques de nos époques de progrès, il est aussi un représentant brillant de cette « douceur de vivre » incomparable dont même un Talleyrand, cette « merde dans un bas de soie » avait la nostalgie. « Candide » est finalement un écrit schizophrène et le « meilleur des mondes » n'était pas celui que l'on croit vraiment…

François-Marie Arouèt dit Voltaire était un précurseur, en effet comme de nombreux membres de l'élite culturelle actuelle, c'était un parasite mondain qui profitait indûment des largesses de maîtres riches et orgueilleux que cela flattait d'avoir un esprit brillant ou réputé tel à leur côté. Chacun son « système D » pour s'en sortir après tout ! Peu importe que les maîtres du philosophe aient été des tyrans sans scrupules. Il était également novateur car formant un couple intellectuel et plus si affinités avec madame du Châtelet ainsi que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir plus tard. On a beau avoir lu tous les livres, la chair est parfois encore faible.

Voltaire est également un des premiers « intellectuels engagés » qui trouvait des causes à défendre pour se mettre en avant comme cela est encore de mise en 2014 dont la fameuse « affaire Calas » et celle du « Chevalier de la Barre » rappelant une rue fameuse de Montmartre longeant le Sacré Cœur, nommée de ce nom par des « versaillais » après la « Commune » espérant sans doute se donner un alibi démocratique proche des « Lumières », ce pauvre chevalier puni non pas du fait d'une question d'obscurantisme religieux mais parce qu'il avait fait l'amour avec l'une des épouses d'un des parlementaires chargés de le juger, qui trouva dans le jugement matière à se venger. L'auteur hésita longuement avant de se décider à défendre cette affaire.

Paradoxalement, Voltaire était également un vestige de l'Ancien Régime pourtant honni encore de nos jours, faisant preuve et profitant tout au long de son existence de la « douceur de vivre » à la française qu'il entreprit de détruire systématiquement dans les esprits, voulant écraser « l'infâme » et les valeurs y étant liées. Là encore il était un précurseur des intellectuels de haut vol de notre temps, vantant des bouleversements sociaux tout en profitant de manière éhontée des privilèges offerts par l'argent. Finalement, il est un bourgeon dégénéré de « l'Ancien Régime », de ces fils qui se révoltent contre la figure du Père tout en n'ayant de cesse que de le singer du mieux qu'ils le peuvent.

Curieusement, il est un détail, rappelé par un professeur d'histoire pourtant de gauche que je connaissais bien, qui dénote un peu quant à la réputation de fossoyeur des « privilèges » de Voltaire, c'est sur ses terres qu'existaient encore juste avant la Révolution, vous savez, celle qui abolit à tout jamais les privilèges, les dernier serfs d'Europe. Alors, certes, les zélateurs de François-Marie Arouèt prétendent que leur génial auteur n'était pas au courant, mais il a toujours été soucieux des rentes que cela lui rapportait et donc était au fait de la situation. C'est un peux comme ces « bobos », à un degré moindre de talent, qui ont des domestiques et qui trouvent cela normal malgré leur appréciation libertaire des mœurs.


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