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Jaroslav et Djamila en live

Jaroslav et Djamila en live

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Parce que la littérature mérite le live, il convient de vous livrer Jaroslav et Djamila  à trois voix. Vous aurez dans cette vidéo, à la fois l'incipit, c'est à dire comment on plonge directement dans l'histoire de Djamila et la poésie de Sarah Vajda, et plus loin ce fameux "faux procès de l'oncle Hafez", oncle qui maria de force Djamila arrachée à sa France et installée au bled après la mort de sa mère. Lecture à trois voix de ce procès avec le casting suivant :

Le narrateur : médecin ayant recueilli Djamila chez lui. Personnage âgé dont on sait peu de choses sinon qu'il a suffisamment souffert pour renoncer à beaucoup de choses dans une sagesse qui va lui permettre de jouer, dans ce faux procès, le parti de "l'ancien". Lu par Maximilien Friche

Nico : jeune homme assoiffé de justice, étudiant la sociologie et pris d'affection pour son sujet d'étude en matière d'acculturation : Djamila. Dans ce faux procès, il joue le parti du "moderne". Lu par Sylvain Gauthier.

Djamila : femme emmurée vive dans un mariage non désiré, devenue à moitié folle d'avoir été arrachée à son destin, spectatrice du combat de coqs entre l'ancien et le moderne, avant d'imposer sa vérité nue. Lu par l'auteur, Sarah Vajda.

C'est quasiment du théâtre. C'est quasiment de la poésie. C'est donc de la littérature.

Lui : Mariée de force, la plaignante n’aurait pu se reprocher aucune faiblesse ni s’imputer la responsabilité de la tragédie. Moi : De l’origine de la folie humaine… Voilà qui dépasse notre cadre et nos compétences. Je plaide pour les poètes et conseille à tous les jeunes gens malheureux – un pléonasme – de lire Rimbaud, Poe, Baudelaire, Verlaine, Rilke ou Heine, selon leurs inclinations, et de suivre, à défaut de l’accepter, la loi des pères, qui dans un même mouvement les enfermait et les libérait, car enfin jamais on ne vit sous les ciels d’Orient et d’Occident d’hommes libres qui n’eussent ouvert un livre.

(…)

Elle  : Morgue, hôpital silence. On se tait. Il s’agit de presque rien, de ma vie, vous parlez de ma vie. À quel titre ? En quel nom ? Que savez-vous de moi, vous qui parlez pour moi. Juste un stéréotype. Sept milliards de voix saturent le silence. Je n’existe pas et ne suis pas une autre. Personne. Un nom dans le dossier «  acculturation » de Nico, lettre D. Djamila. Il ne m’est rien arrivé et j’ai seulement rêvé. Pitié pour les rêves d’enfants. Ils finissent tous et toujours par mourir, la faute à une simple faute d’inattention. Comme ce s constamment, coupablement ajouté au mot champ au singulier. Sept milliards de corps soumis à la loi de la gravitation et à l’appel du vide, sept milliards de cris dans les ténèbres. Je ne parle de moi qu’afin de corriger vos mots, rectifier votre jugement. Après, je m’en irai. Trois petits tours et pff… Ce sera comme si je n’avais jamais vécu.

(…)


Jaroslav et Djamila, le double féminin de Soumission
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