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Le grand remplacement du réel

Le grand remplacement du réel

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Un monde d’enfants perpétuels : « Je suis né dans les années 80, je fais donc partie de la première génération qui a connu le divertissement de masse. Ce divertissement m’a fait grandir (…) en revanche, je pense qu’il faut savoir dépasser ces divertissements comme des rites de passage. (…) Je me suis rendu que le monde dans lequel je vivais allait être infesté par le monde de l’enfance. Cela me fait penser aux propos du grand philosophe italien Agamben sur Pinocchio qui arrive dans le pays du jouet, de la fête éternelle, où tous les jours la fête se reproduit. En postmodernité, nous sommes dans un temps qui n’est plus archétypal ou causal (religieux ou moral) mais dans un temps du festivus, un temps itératif donc un temps anthropique. A cause du divertissement de masse, qui avait fait en sorte que la marge devienne la norme, nous sommes dans un monde d’enfants perpétuels. »

Le remplacement du réel : « Depuis l’ère de l’enregistrement qui a commencé avec l’imprimerie, il y a eu une rupture et il y a eu une sorte de remplacement du réel. Par ces enregistrements, on peut parler d’une économie de remplacement des affects. Agamben dit qu’aujourd’hui l’expérience sensible du monde est remplacée et interfacée. Aujourd’hui on appréhende le réel via des réseaux, des écrans. Notre expérience sensible du monde nous est subtilisée. On nait dans un monde de technés, excroissances inventées par la technologie, qui vont modifier peu à peu la perception du réel et crée des boutures, des excroissances pour aboutir à une sorte de méta réel. »

Sur la mort : « Revenons aux origines du monde. A la base, les premiers peuples ont eu une conscience cosmogonique du monde, ils ont appréhendé le monde en fonction des changements de saisons et ont créé une mythologie, ce fut la première couche de réel. Ensuite avec les religions monothéistes est venue la seconde couche de réel appelée causale ou morale. Aujourd’hui, le monde moderne est uniquement auto-référencé par ses propres boutures. La mort, objet de culte, servait avant à devenir adulte, à apprendre à vieillir. Aujourd’hui, on la cache en Occident, c’est devenu un mirage. N’apprenant plus à vieillir, on reste de perpétuels Peter Pan. »

La sous-culture : « La sous-culture accompagne le remplacement du réel. Elle fait partie d’une ingénierie sociale conçue de toute pièce, pas forcément consciemment, pour maintenir l’homme, la middle class, dans un état d’hébétude complet et qui l’empêche de se révolter. La sous-culture crée de la fiction et même nos régimes politiques créent de la fiction. L’investiture de macron a été faite sciemment pour être du pain bénie à tous les complotistes. La caste politique a conscience de l’état fictionnel du monde et en joue, ce qui crée une nouvelle couche de fiction. Sans tomber dans le marxisme de base, je pense qu’il y a un grand projet du capital d’oblitérer le rapport rituel au temps. On est dans le pays du rêve où tous les jours, on répète les mêmes actes. Les vies ne sont que des itérations. Un temps d’om on a enlevé le sacré fait de nous de parfaits consommateurs. »

Du pamphlet à la poésie : « La poésie est le seul moyen de verbaliser le monde et donc de le re-créer. Dans un monde rempli de fictions, on est tenté de penser que le monde est mauvais, qu’il est une prison. Ce livre est un apprentissage pour passer de l’intuition gnostique du monde, une vision un peu adolescente, à une vision libérée. Il s’agit de parvenir peu à peu à aimer le monde en le redigérant, via le message du Christ, son pouvoir de lecture et grâce à la poésie. »

La pornocratie : « la dictature est dans la constante monstration de l’obscène. La pornocratie n’est pas seulement dans le sexe, c’est la mise en avant de l’égo avant le bien commun. C’est Narcisse continu. C’est la disparition du désir sacré pour une sorte de désir narcissique constamment consumé et consommé. L’ablation du divin qui s’est opéré à partir des lumières, on a ôté son caractère sacré à la sexualité, et on le remplace par l’organe au détriment du tout et par le retournement du corps de sorte qu’il soit le plus infécond possible. »


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