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Le mondialisme dans ses œuvres

Le mondialisme dans ses œuvres

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Le Mondialisme dans ses œuvres est un ouvrage collectif dû à des personnalités issues du conservatisme de droite et de la tradition : Chauprade, De Jaeghere, Gollnisch, de Lassus, l’Abbé Bruno Schaeffer, Conrad, Hecquard…

La pensée politique européenne s’est développée depuis le XVIème siècle autour de l’affrontement de trois idéologies : « Machiavel chez qui, le premier, le sacré a été écrasé par le politique, la prétendue Réforme au XVIème siècle, qui a affranchi la pensée de l’autorité de l’Eglise, les Lumières et la Révolution Française, qui ont consacré le triomphe de l’individualisme sur le caractère organique et traditionnel de la société au XVIIIème siècle. » Ces trois moments de la pensée ont débouché à leur tour au XXème siècle sur trois idéologies majeures :

  • Le mondialisme américain, sorte de messianisme fondé sur le modèle de l’individualisme américain ;
  • Le communisme, animé par le rêve d’une société sans classes et illustré notamment par Staline en URSS et Mao en Chine ;
  • L’hypernationalisme, aboutissement extrême de ces pensées issues du XVIème siècle mais sans être un mondialisme, généré par le scientisme et construit sur le mythe de la supériorité d’une race sur les autres, incarné par le national-socialisme et le fascisme.

De tous ces mondialismes, l’américain, fondé sur une société conçue par les Pères fondateurs quittant l’Europe pour une nouvelle Terre promise, y asseoir les libertés religieuse, économique et politique, est celui qui perdure. Il s’est affranchi des traditions, dogmes et hiérarchies pour y établir le sacro-saint principe du libre contrat entre les individus. Pour Aymeric Chauprade, « le protestantisme a sa nouvelle Rome, les Etats-Unis, et on ne peut pas dissocier les succès de l’évangélisme protestant de l’exercice de la puissance américaine. » On pourrait d’ailleurs dire, avec Régis Debray, qu’après les temps de la romanisation et de la christianisation, est advenu celui de l’américanisation. La société française est devenue, pour le meilleur et surtout pour le pire, une société américaine comme les autres. Chauprade poursuit son analyse : « Le projet idéologico-messianique de mondialisation libérale porté par les Etats-Unis avec sa dimension religieuse implique une géopolitique […] A cause de la confusion du religieux et du politique, le projet global américain ne laisse aucune place à un monde multipolaire : le concert des nations fait place à un champ de bataille entre le Bien et le Mal. » Les conflits armés sont notre plus sûr avenir ; le fameux piège de Thucydide semble imparable : la survenance d’une puissance émergente, la Chine aujourd’hui, conduit inéluctablement à la guerre car la puissance jusqu’alors dominante n’accepte pas de régresser dans l’ordre des puissances. L’on voit bien ainsi le piège se refermer sur les Etats-Unis et la Chine, les conduisant à un très probable conflit violent. Un autre risque majeur à l’échelle mondiale serait celui de l’entrée de la Turquie en Europe. Cette option poussée par les Etats-Unis afin de saper les fondements chrétiens du Vieux Continent sonnerait le glas d’une Europe technocratique déjà bien mal en point en y infusant tous les ferments ottomans d’Erdogan. Autre lobbying exercé par les américains à l’encontre de leurs « alliés » européens : l’éloignement d’avec les russes. Pourtant, ce partenaire historique de la France, producteur de gaz et de pétrole, incarne une alternative évidente pour les européens afin de sortir de l’emprise américaine. En cette période d’instabilité, la France a le plus grand mal à peser sur les enjeux géostratégiques. Ce n’est pas son absence en Syrie ou sa gestion calamiteuse de l’affaire libyenne qui inversent cette piteuse tendance. Ses moulinets de bras au Liban semblent animés par le vide des mots de son président. Sa contestation face aux agissements d’Erdogan en méditerranée orientale n’est que pusillanimité. Le sultan turc n’est en rien intimidé par Macron.

Le mondialisme en son essence est le projet supranational de se passer des Etats nations pour leur substituer un gouvernement mondial porté par des structures d’influence puissantes et transnationales comme la Trilatérale ou le groupe de Bilderberg. Si ce mondialisme est laïc et libéral, il se trouve en concurrence frontale avec le mondialisme de l’Islam qui assume le choc des civilisations et souhaite parachever le judaïsme et le christianisme grâce à son arrivée postérieure dans l’histoire des religions.

En comparant les différents mondialismes historiques, il est instructif de noter leurs différences de fond telles que les explique Michel de Jaeghere : « Il y a donc eu -indiscutablement- et même si elle fut imparfaite, et inégale selon les régions, une généralisation du roman way of life qui pourrait nous conduire à y voir un précédent, une analogie avec notre actuelle américanisation. La différence, et elle est essentielle, tient au contenu de cette romanisation. Adhérer à la romanité c’est, aux yeux des Romains, deux choses. Tacite le dit expressément dans sa biographie d’Agricola. La première, c’est justement d’accepter de vivre dans le cadre de la Cité : un micro-Etat auto-administré par la délibération et dont le cœur est le centre urbain, la direction, assurée par les élites sociales. La civilisation, aux yeux des Romains, comme aux yeux des Grecs, c’est d’abord essentiellement cela : la vie civique, la vie poliade. Cela tient à leur conception de l’homme, qui est à leurs yeux, par essence, un animal social, fait pour la vie sociale, la vie politique qui le distingue de l’animal. Vous voyez donc la différence copernicienne qui oppose la mondialisation romaine à la mondialisation américaine et au Mondialisme qui l’accompagne. La mondialisation américaine définit l’homme comme un agent économique, un consommateur de biens de production. Il faudra donc abolir les frontières, renier les identités qui ralentissent ou font obstacle au libre jeu du marché, détruire les communautés politiques parce qu’elles empêchent l’Homo economicus d’atteindre sa fin, qui est d’avoir accès pour le meilleur prix à un maximum de biens de consommation. » La mondialisation romaine considère que le sens de l’universel passe par une médiation et qu’il suppose l’enracinement. Une différence abyssale avec la globalisation moderne articulée sur les nomadismes et les sociétés liquides.

Que fut donc le génie du christianisme, et en quoi constitue-t-il encore une option raisonnable pour un monde désorienté par tant de révolutions numériques et anthropologiques? Le philosophe Arnaud Jayr répond : « Au XIIe et au XIIIe siècles, partout en Europe, le christianisme conduit la culture humaine à son zénith, grâce à l’influence du catholicisme sur la société qui christianise toutes les sphères de la vie sociale : des familles aux métiers, du travail au repos, des fêtes aux jeux, des sciences aux arts, des lois aux mœurs, du sacré au profane, dans le respect de la distinction des pouvoirs politiques et religieux, seul moyen de respecter tout l’ordre humain sans tomber dans le totalitarisme. »

Une autre piste de relèvement, après le catholicisme, est celle de la nation. L’histoire enseigne que sur les décombres fumants des empires détruits renaissent toujours les nations, car elles sont, à échelle humaine, cette amitié au service de la satisfaction des besoins de l’homme, animal raisonnable vivant en société politique : « Besoins matériels de survie individuelle et collective ; besoins psychologiques d’intégration, de participation, de responsabilisation, d’initiative, de croissance psychologique et d’esthétique ; besoins sociaux de confiance, de justice et de dévouement à un projet commun. Les nations sont à l’échelle de l’homme ! Le Mondialisme qui est un empire à l’échelle du monde est à la mesure de Dieu s’il reste spirituel -c’est l’Eglise catholique- et à celle du Diable s’il prétend régenter les activités humaines dans le détail. »


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