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Les racines philosophiques de la société libérale : les sceptiques

Les racines philosophiques de la société libérale : les sceptiques

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Épisode 1 : les anciens sceptiques grecs sont nos maîtres

« Ouvrez-vous ! C’est un ordre ! »

Nous allons continuer notre brève exploration des auteurs qui font autorité dans l’idéologie libérale. J’ai hésité à intituler cette suite d’articles « les prémisses philosophiques de la société ouverte », en référence à un ouvrage connu de Karl Popper, un des « philosophes » anglo-saxons jugés respectables en Occident et qui a beaucoup fait pour diaboliser toute définition d’une loi naturelle1 universelle, nécessaire, maturante. Le positivisme qu’il partage avec ses camarades empiristes ferme la porte à toute direction véritablement libérante qui nous indique l’altruisme comme finalité naturelle de cette vie.

Continuons de proposer des clés de décryptage de la société française actuelle, sachant que l’idéologie libérale est maintenant le background des élites occidentales qui se font élire. Nous allons le voir, le refus de l’induction garantit la société ouverte alors que l’acceptation de l’induction favoriserait une société fermée, voire dictatoriale : la tyrannie des définitions. Nous verrons au fil des analyses que c’est exactement le contraire qui se produit : la plasticité totale des concepts a ouvert les voies de la tyrannie des désirs, particulièrement ceux des « élites ».

Le libéralisme et le libertarisme vont dans la même direction : l’incapacité de juger et l’impossibilité de dire non est accompagnée par une authentique dictature de l’ordre établi par ses décideurs. « Ouvrez-vous ! » devient la maxime de la doxa dominante. Il s’agit d’accueillir toutes les possibilités humaines même si elles sont contraires à ces orientations de la nature humaine qui garantissent son vrai bien. Cette idéologie libérale-libertaire2 exalte une liberté affranchie de ces orientations universelles et nécessaires.

Le chaos actuel qui en résulte a des racines spéculatives qui s’enracinent dans des options philosophiques entérinées sans discernement. Quand on considère l’histoire des idées, on constate que les mêmes causes produisent les mêmes effets : les analyses spéculatives engendrent des options pratiques en cohérence. Toute éthique et toute politique se fondent sur ces options spéculatives. On peut le vérifier chez tous les auteurs. Un enseignement philosophique sérieux doit manifester ces liens et les redondances évidentes dans l’histoire de la philosophie.

Un auteur emblématique : Pyrrhon

Prenons le cas de Pyrrhon (360-275 avJC), un grec du nord du Péloponnèse (Elis) qui vivait au temps d’Aristote. Bien entendu, de ces auteurs nous ne savons pas grand-chose mais nous disposons tout de même de quelques indications sûres. On pourrait résumer son interrogation fondamentale ainsi : Peut-on affirmer quelque chose ?
Pyrrhon n’est pas vraiment le fondateur d’une école de pensée qui s’appellerait le scepticisme. Car le scepticisme n’est pas une école qui aurait eu une assise historique définie comme l’épicurisme, le stoïcisme, le platonisme ou le réalisme aristotélicien.

Le scepticisme est une inclination de l’homme déçu. Déçu par les argumentaires des uns et des autres. Face à la multitude des réponses qui ne nous convainc pas, on finit par penser qu’on ne peut plus rien affirmer de façon universelle et nécessaire. Cette attitude intellectuelle a certes été formalisée par certains grecs.

Héraclite (545-480) mettait en avant la diversité des choses en suggérant la difficulté de les rassembler dans l’unité d’une vérité commune. Xénophane (570-475) disait également : « la vérité, aucun homme ne la connaît et aucun ne la connaîtra ». 80 ans avant la naissance de Pyrrhon, Protagoras (490-420), le plus admiré des Sophistes, est peut-être le premier relativiste. Il disait ainsi que certains frissonnent à tel moment alors que d’autres non. Un autre sophiste connu, Gorgias (480-380) affirme que l’homme ne peut rien connaître de façon sûre. Ces thèses sont dites sceptiques. Nous retrouverons plus tard ces deux personnages. Mais les premiers sceptiques ayant eu un poids conséquent dans la pensée humaine sont sans doute les Sophistes : ils constataient que la lutte des thèses des différentes écoles de leur temps (Milésiens, Héraclitéens, Eléates) n’aboutissait à aucune conclusion stable sur la définition de la nature des choses.

Malgré ces précurseurs, on a pris l’habitude de considérer Pyrrhon d’Elis comme le premier formulateur de la pensée sceptique. Et pourtant il n’a rien écrit… Mais son disciple, Timon de Phlionte (325-235), va formuler une doctrine alors que son maître n’avait fait que tenter de la vivre en cohérence. Pourtant, ce sont les successeurs de Platon, dit « académiciens », qui vont répandre les arguments sceptiques… Arcésilas de Pitane (315-241), 5ème chef de l’Académie après Platon, va ainsi proposer la suspension du jugement3 : comme nous ne sommes sûrs de rien, n’affirmons rien ! Mais le représentant le plus connu, avec Pyrrhon, du scepticisme dans l’antiquité, est Aenésidème. Mais ce que nous savons de lui nous vient de Sextus Empiricus (150 ap. JC), médecin qui a beaucoup écrit, notamment Esquisses Pyrrhoniennes.

Mais revenons à Pyrrhon. Il suit Alexandre jusqu’en Inde où il rencontre des  « gymnosophistes ». Ceux-ci sont des sages indiens qui n’hésitaient pas à se suicider par le feu (Calanus, Zarménochégas). Selon l’historien Diogène Laërce, ces sages auraient convaincu Pyrrhon qu’on ne peut connaître aucune vérité (Vie, 286). Les sophistes sont incontestablement les premiers sceptiques. Les philosophes sceptiques vont s’appuyer sur leurs intuitions pour systématiser leur refus d’affirmer quoi que ce soit. Pyrrhon sera ainsi influencé par les sophistes, les mégariques et les démocritéens.

Essence du scepticisme

L’idée fondamentale du scepticisme est que l’homme ne peut connaître les causes. Les sceptiques s’isolent d’un monde dont ils n’attendent plus rien : devant la décadence et la corruption des hommes, on choisit de se replier sur soi. Comme un stoïcien, le sceptique ne compte finalement plus que sur lui-même. Mais au lieu de persévérer dans la recherche de la vérité suivant le bon sens, il se sert de son intelligence pour essayer de prouver son impuissance. La rationalité est ici synonyme de relativisme quant aux finalités de la nature : la perte de la matière des choses4 va conduire à la définition de la raison comme seul exercice a priori hypothético-déductif5. Pyrrhon suggère donc l’incapacité de l’intelligence à définir de façon correcte. Il précise tout de même : « Quand nous disons ne rien définir, nous ne faisons pas, en cela même, une définition » (Diogène Laërce, L. IX, 306).
Il veut donc signer l’abdication de la raison. Il fait du doute le sommet de la culture ! Socrate faisait du doute un point de départ ; Pyrrhon fait du doute le point d’arrivée : on ne peut pas définir, ni donc juger, ni donc raisonner correctement, en vérité.

L’historien Diogène Laërce rapporte de Pyrrhon : « Il soutenait qu’il n’y avait ni beau, ni laid, ni juste, ni injuste, que rien n’existe réellement et d’une façon vraie, mais qu’en toute chose les hommes se gouvernent selon la coutume et la loi » (Vies). Il voulait en disant cela signifier qu’on ne peut s’entendre sur une définition universelle et nécessaire du beau, du bien, du juste et qu’aucune définition adéquate n’existe6. Epicure aimait bien Pyrrhon et demandait souvent de ses nouvelles.
Pyrrhon eut de nombreux disciples appelés pyrrhoniens dont une des caractéristiques est qu’ils « observaient tout, sans jamais rien trouver de sûr » (DL, Vies). Ils voulaient ainsi insister sur « l’impossibilité d’atteindre la vérité » (DL, Vies). Dans l’antiquité, on pourra noter parmi les plus connus : Homère selon certains, les Sept Sages, Archiloque, Euripide, Xénophane, Zénon d’Elée, Empédocle, Héraclite, Démocrite qui affirmait ainsi : « C’est l’usage qui fait dire d’une chose qu’elle est froide ou qu’elle est chaude ; en réalité, il n’y a que l’atome et le vide ».

L’usage : l’ordre établi, l’état de fait. Diogène Laërce rapporte ainsi qu’ « ils soutiennent que rien n’est bien ou mal en soi. Car, s’il y avait une chose telle, elle serait bien ou mal également pour tous comme la neige est froide pour tout le monde. Or, il n’y a rien qui soit également pour tous bien ou mal, il n’y a donc pas de bien ou de mal en soi ». Les sceptiques reconnaissent que, finalement, « nous ne connaissons que nos affections », autrement dit nos émotions personnelles, qui sont subjectives, individuelles. Par conséquent, qu’est-ce qui fait loi ? La coutume, la loi établie, positive, l’ordre social factuel : le rapport de force.

L’historien Diogène Laërce souligne qu’ils « ne définissaient rien eux-mêmes ». « Nous ne définissons rien » : car toute définition est abstraite et donc générale. Cette universalité est l’ennemi des sceptiques : le bien en général, le beau en général, le juste en général, etc. Et par conséquent le but du discours humain n’est plus d’énoncer des vérités mais des opinions subjectives. Après Pyrrhon, d’autres sceptiques feront parler d’eux : Arcésilas (315-241) et Carnéade (219-128 : 10ème successeur de Platon à l’Académie).

Pas de vérité certaine : chacun pense ce qu’il veut

Serait-ce finalement une porte ouverte à la liberté d’expression ? Si l’on veut faire le bilan de cette voie spéculative qui conclut à la stérilité de nos analyses, on doit souligner cette conviction : il n'y a pas de critère de la vérité, car il n'y a pas de représentation vraie. La thèse est dirigée particulièrement contre le stoïcisme, qui admet l'existence de représentations manifestant intrinsèquement leur vérité. Cicéron (Acad., II, XIII, 41) résume en quatre propositions cette thèse de Carnéade et de l'Académie :

  • il y a des représentations fausses ;
  • ces représentations ne permettent pas une connaissance certaine ;
  • si des représentations n'ont entre elles aucune différence, on ne peut distinguer leur degré de certitude ;
  • il n'y a pas de représentation vraie distincte d'une représentation fausse.

Cette argumentation, qui date du 2ème siècle avant Jésus-Christ, est encore le point de départ de la théorie de la connaissance de l’anglais Bertrand Russell (1872-1970), considéré par l’université occidentale comme un philosophe-maître, dans Problèmes de Philosophie : les variations de nos représentations ne nous permettent pas d'affirmer avec certitude qu'un objet a telle couleur, telle forme et tel mouvement. La vérité ne se manifeste pas avec évidence dans le témoignage de nos sens ; la représentation mentale issue de la connaissance sensible externe n'est donc pas un point de départ pour atteindre la vérité. C’est la critique de l’induction de Socrate et d’Aristote.

Donc, pour Carnéade, comme pour l'ensemble des philosophes sceptiques, la raison n'a pas non plus la faculté de nous faire connaître les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, en soi. Carnéade, comme avant lui Protagoras, allait également jusqu'à remettre en question la certitude des mathématiques. Mais si rien n’est vrai, ce n’est pas pour autant la voie royale vers la liberté de pensée car les pensées de certains valent plus que celles des autres.

Si rien n’est certain : je dois faire ce que je désire

Cette critique de la certitude conduit à l'état constant d'incompréhension7, état psychologique dans lequel on suspend son jugement et on ne croit en rien. Voilà pour la philosophie spéculative. Mais alors, dans l’action, où va-t-on ?

Les options ne se bousculent pas : la philosophie spéculative fonde et légitime la philosophie pratique (la pensée oriente le faire et l’agir). La pensée fonde l’agir. Carnéade tient le droit pour une simple convention, sans assise naturelle commune. Autrement dit le droit positif n’est pas fondé sur un droit naturel universel et nécessaire. Bien mieux, avant Freud, il pense que la moralité se développe contre les tendances naturelles…

Il soutient, comme Hobbes plus tard (1588-1679), que "tous les vivants, humains et animaux, n'ont d'autre règle de conduite que leur intérêt" (Cicéron, De la République, III). Les sceptiques partent d’un constat sur ce qui arrive la plupart du temps : les individus et les sociétés sont habités par une volonté de puissance qui s'exerce contre les autres. Autrement dit nous ne sommes pas faits pour vivre ensemble par nature, selon Carnéade et son disciple moderne Thomas Hobbes. Les chefs ne sont pas chefs par nature mais par ruse. "Carnéade offrait cet argument : tous les peuples ayant un empire, et notamment les Romains qui sont maîtres du monde, s'ils voulaient être justes et restituer ce qui appartient aux autres, devraient retourner dans leurs petites maisons mener une vie misérable" Cicéron. De la République, II.

Nous essaierons de nous souvenir de cette phrase de Cicéron en lisant la Fable des Abeilles de Bernard Mandeville. Or, les stoïciens, ces dogmatiques sans doute un peu insupportables, fondaient encore leurs certitudes sur la perception sensible (nous sommes avant Descartes) : Carnéade va donc proposer des arguments pour faire douter de la fiabilité de la connaissance sensible. Il va ainsi insister sur la variabilité des impressions des objets extérieurs en fonction : du moment, l’état de l’observateur, etc. Carnéade veut souligner aussi l’existence des fausses apparences (le bâton trompé dans l’eau) et tente de persuader qu’aucune images mentales ne peut montrer adéquatement les objets extérieurs. Il faut donc suspendre notre jugement : ne rien affirmer.
Dans l’action, Carnéade propose le probabilisme : nos choix dans l’agir ne peuvent s’appuyer que sur « ce qui repose sur de bonnes raisons et mérite notre confiance ». Il veut donc rester raisonnable mais, sans convictions de fonds, selon quels critères ? On aboutit rapidement au pragmatisme : autrement dit à l’utilitarisme.
Après Carnéade, les scolarques (chefs) de l’Académie reviennent au platonisme orthodoxe. Plus tard, Aenésidème reprend le flambeau du scepticisme en définissant le bonheur humain comme conscience de l’incertitude… Aenésidème reprend tout de même à Platon le concept de noumène (Cf Kant) mais utilise le terme pour désigner les concepts abstraits et absolus, appellations péjoratives pour lui. Il s’oppose ainsi à toute pensée abstraite, autrement dit essentialiste, jugée intellectualiste, sans référence au réel : inutile. Il conclut donc que seul le silence de l’âme conduit à l’ataraxie, terme qu’il reprend de l’épicurisme, qui qualifie l’âme heureuse sans trouble. Il ne peut pas être plus éloigné de Platon et d’Aristote. Pour ces philosophes disciples de Socrate, il faut définir le vrai, le bien, le juste, avant d’essayer d’incarner ces valeurs dans nos vies personnelles et sociales.

Afin de fonder « rationnellement » le scepticisme, Aenésidème a rédigé 8 arguments (dits «tropes») contre la possibilité de conclure de façon nécessaire en exposant des causes. Il en proposera 10 autres contre la fiabilité de la connaissance sensible : il s’agit toujours d’empêcher de définir l’intelligence humaine en partant de l’induction8.

L’intelligence coupée de l’induction : la mentalité positiviste

Plus tard, la plupart des philosophes modernes et contemporains, majoritairement non-inductifs, adhéreront à ces arguments ; par exemple, s’ajoutent à Hobbes et Russell déjà cités plus haut : Montaigne9 (1533-1592) surtout en philosophie spéculative, moins en éthique, Gassendi (1592-1655), Bayle (1647-1706), Comte (1798-1857) et tous les positivistes qui nient la possibilité de connaître la nature des choses. Soit 80 % des auteurs du programme officiel de philosophie en terminale, dans le public comme dans le privé sous contrat.

Si je ne peux rien définir objectivement, alors ce sont mes impressions subjectives10 ici et maintenant qui deviennent les référents de mon agir : mon égo, mes désirs, mes intérêts personnels ou de mon groupe, de ma tribu.

Le fruit ultime du scepticisme est un type anthropologique : destruction de l’induction11, de l’esprit critique, de tout jugement de valeur, des freins moraux de l’humanité commune, immaturité, égocentrisme, individualisme, et enfin soumission à l’ordre établi, c’est-à-dire aux autorités institutionnelles, influentes… Car le sceptique n’a aucun combat à mener : il gère les choses matérielles : ses choses. L’organisationnel devient le seul horizon de sa vie, la seule activité sérieuse et réaliste, en dehors de tout intérêt pour la culture en général. Il ne s’agit pas bien-sûr de négliger cette dimension bonne de la vie humaine, mais cette amputation de la raison produit des gens incapables de se concentrer très longtemps sur un objet culturel extérieur à eux. Cela favorise l’émergence de profils psychologiques pour lesquels toute recherche intellectuelle est vécue comme un catalogue d’opinion jugé sans intérêt.
Ce scepticisme (je ne sais rien de certain) fonde le relativisme éthique et artistique (tout se vaut) et contribue efficacement à maintenir les individus sous la domination des décideurs du moment12, puisqu’aucune objection de conscience n’est raisonnable. Car si la vérité objective n’est plus le projet des discussions, c’est l’arrogant sans vergogne qui prend la parole pour imposer ses vues. Transposer en politique, cela donne ces sophistes très souriants qui dissimulent leur rapacité à travers des lois positives domesticatoires.

Nous sommes ici dans la même logique que la pensée libérale-libertaire actuellement dominante. Ces auteurs réputés « sérieux » dans l’univers intellectuel occidental sont des promoteurs du relativisme, matrice du libéralisme déracinant, déstructurant, dissolvant, violant la dignité des personnes. Ce relativisme invalide la recherche de la vérité et favorise le règne de Narcisse, du « Moi Je » qui méprise le bien commun. Autrement dit l’individualisme dépolitisé13, auto-référentiel.

C’est encore la possibilité de l’instrumentalisation des institutions publiques au profit d’intérêts privés. Dans cet univers célébré par les disciples de Pyrrhon, ce sont les faibles, les petits, les vulnérables, les sans-noms, les sans-grades qui sont opprimés par les personnalités dominatrices et sûres d’elles-mêmes, sans conscience issue de la morale commune.

Le programme de philosophie de terminale14 (dans le public comme dans le privé sous contrat) tout comme les réseaux de validation intellectuelle du supérieur ont pour but de formater l’esprit des jeunes à l’habitus de scepticisme quant à la capacité de l’intelligence humaine à définir la nature des choses (leur finalité). Ce processus cognitif de soumission maintient l’autorité des structures de domination qui organisent le grand avilissement que nous constatons.

Le storytelling15 libéral de « la petite maison dans la prairie » a du plomb dans l’aile. Mais ce ne sont pas les disciples de Pyrrhon qui la remettront en cause.

  1. Qui est le socle de la « décence commune » évoquée autrefois par Georges Orwell et maintenant par Jean-Claude Michéa.
  2. Je renvoie ici aux livres de Michel Clouscard (1928-2009) malgré leur formulation trop hermétique. Mais il faut rendre justice à Clouscard d’avoir analysé les liens entre le libertarisme « de gauche » et le libéralisme « de droite », notamment dans « La Bête Immonde ».
  3. Il s’en prend surtout au dogmatisme des stoïciens. On appelle ce scepticisme Moyenne Académie. Après cet intermède sceptique, l’Académie revient au platonisme historique et à la doctrine des Idées (essences universelles).
  4. Définie par induction.
  5. Nous verrons cela avec Descartes.
  6. Evidemment contre Platon et Aristote, qui indiquent, selon des voies différentes, les essences universelles, nécessaires, sources de science. Platon et Aristote sont des chercheurs ouverts. Les épicuriens et les stoïciens, par contre, à l’époque de Pyrrhon, s’étaient enfermés dans leurs systèmes. Les stoïciens surtout exerçaient d’ailleurs un impérialisme intellectuel étouffant. Certains sceptiques ont voulu s’affranchir par hygiène mentale de ces deux écoles triomphantes qui proposaient toutes deux un matérialisme dogmatique et moral.
  7. Acatalepsie.
  8. Formation non-inductive qui induit des habitus de même nature : raisonnement précipité exclusivement hypothético-déductif, formalisme intellectuel et morale, rhétorique envahissante. Au bon souvenir des lecteurs d’Alvin Toffler : Le Choc du Futur.
  9. Immense écrivain, authentique humaniste, d’une sincérité incontestable, Montaigne reste sceptique en théorie.
  10. Ces blocages émotionnels paralysant toute résistance rationnelle.
  11. Et donc de l’intelligence. Nous sommes convaincus que le tribalisme résurgent dans la vie sociale provient d’une incapacité spéculative à atteindre l’universel.
  12. Qui cherchent la disparition de cet « angle alpha » cher à Frédéric Lordon (Capitalisme, désir et servitude. La Fabrique, 2010).
  13. « L'individualisme est un sentiment réfléchi qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables de telle sorte que, après s'être créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même ». Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, t.II., deuxième partie, chap. II, Gallimard, Folio-Histoire, Paris, 1999, p.143.
  14. Comme les programmes de formation de l’université française, des « Grandes Ecoles », ENA, Science-Po, Mines, Polytechnique, CNRS, etc.
  15. Sur le storytelling : voir le prologue.

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