Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.

MN prend la marge et revient en septembre


More, un résistant haut en couleurs

More, un résistant haut en couleurs

Par  

En canonisant More (1935), Pie XI invite les laïcs cultivés à combattre pour l’Eglise par la plume et la parole. Thomas More est en effet un exemple extraordinaire de l’apostolat des laïcs. Une manière dégagée, une liberté d’allures du laïc étranger à la raideur des hommes d’église de  son époque. Il préfère le « fleuret moucheté de l’ironie » aux arguments d’autorité des théologiens scolastiques. Ainsi, en 1515, dans sa Lettre à Dorp, More dénonce le psittacisme stérile des clercs alors que la révolte gronde en Europe. Ses adversaires, ces mandarins encroûtés dans leur parti-pris, ignorants des raisons de leurs conclusions, détiennent les chaires, l’argent, la censure des livres, la renommée universitaire, les postes de décision et de coercition. Face à ces théologiens qui argument surtout par la foi, More entend répondre à la recommandation de saint Pierre (II Pierre) : rendre compte de son espérance aussi par la raison, le bon sens.

More n’est pas un amateur : il parle avec aisance des traductions existantes et des commentateurs latins du Stagirite. Bien plus, en cette année 1515 (More a trente-sept ou trente-huit ans), il semble que More ait déjà tout lu… Platon certainement, Aristote, sans doute, mais également leurs commentateurs. Il a même connaissance des essais scolaires de l’étudiant Martin van Dorp, auquel est destiné sa Lettre. Il est manifeste que Thomas More connaît intimement les questions philosophiques et théologiques qui animent l’Eglise.

Le jeune théologien ne jure que par saint Augustin, certes maître indépassable selon la Catena Aurea. Mais More lui révèle un docteur humain, sujet à l’erreur et capable de se remettre en question. Bref, la parole d’un Docteur humain n’égale pas la Parole divine.

A rebours des simplifications empiristes d’un Machiavel, Thomas More se présente comme un docteur éminent par son sens des nuances du réel et son amour du Dieu bon de la Révélation. La mesure de l’homme reste la loi naturelle, découverte par la raison droite, confirmée et sublimée par la Parole de Dieu. Occam et Luther insinueront la confusion dans les œuvres de la raison, alors que Thomas d’Aquin cherchait à concilier la foi et la raison droite.

Saint Jean-Paul II, en l'an 2000, l'a fait saint patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques.

Time Trieth Truth (devise de Thomas More).


Clochemerle en couleurs et en ébullition
Clochemerle en couleurs et en ébullition
Hélène Raveau ravive les choses d’en haut
Hélène Raveau ravive les choses d’en haut
Le moment est venu de vous dire ce que j'ai lu
Le moment est venu de vous dire ce que j'ai lu

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :