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Recevoir le féminin

Recevoir le féminin

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Voilà notre sujet préféré, notre thème de prédilection, l’objet de toutes nos convoitises amoureuses de chair, de cœur et d’esprit : la femme ! Notre passion est encore rehaussée lorsque c’est une femme même qui se décide à nous enseigner, qui entreprend audacieusement d’offrir de précieuses clefs à notre mâle condition si souvent démunie face au mystère de la sublime altérité. Gabrielle Vialla, philosophe chrétienne, est passionnée de « théologie domestique ». Elle se situe dans le droit fil des « églises domestiques », ces familles catholiques vivant un grand et profond idéal que Jean-Paul II a encouragées et accompagnées par sa théologie du corps et une part importante de sa catéchèse. Notre auteur (nous ne cédons pas au « auteure » de l’orthographe inclusive), mère de sept enfants (quelle merveille ! quel objet digne d’immense admiration !), publie en 2018 Recevoir le féminin. La préface de l’ouvrage provient de la main d’un(e) inconnu(e) d’un monastère bénédictin et a été écrite le 1er janvier, en la solennité de Marie Mère de Dieu. En voici un court extrait qui nous immerge au cœur de l’enjeu : « Que de vérité, que de beauté, contenues et cachées dans l’énoncé de ces trois petits mots (Recevoir le féminin) ! Mais aussi que de souffrances ensevelies dans leur négation, que de larmes versées dans la nuit des temps ! Depuis la femme de la Genèse jusqu’à la femme de l’Apocalypse, d’un bout à l’autre de l’Histoire, la vie d’innombrables femmes s’écoule, entrelacée d’ombre et de lumière, et ces trois petits mots qui résonnent toujours comme une émouvante promesse, dessinent une frontière invisible en travers des âmes et des civilisations. Recevoir le féminin, l’histoire de l’humanité l’atteste amplement, n’est pas une attitude facile. » Gabrielle Vialla ambitionne dans son livre « d’entraîner celui ou celle qui la lira dans une vaste réflexion dont le but est que la femme puisse se situer existentiellement et spirituellement et que l’homme puisse la recevoir. En d’autres termes, contempler la beauté, la grandeur, la dignité de ce qui est confié en propre à la femme, et pas que pour elle. »

Bien consciente de la prégnance des structures de péché et des déconstructions en cours, notamment sur les questions de morale, l’auteur pointe les dégâts occasionnés par le féminisme qui non content d’avoir marginalisé l’homme « en le méprisant » a créé l’incertitude dans le cœur féminin sur les questions de la dignité de la femme, son rôle dans la société et sa complémentarité naturelle à l’homme. Pourtant, cette complémentarité était là dès la création du monde. Dans son encyclique Evangelium Vitae, Jean-Paul II décrit la symbiose homme/femme en se référant à la Genèse, premier livre de la Bible : « Il est d’autant significatif de voir l’insatisfaction qui s’empare de la vie de l’homme dans l’Eden tant que son unique point de référence demeure le monde végétal et animal (cf. Gn 2, 20). Seule l’apparition de la femme, d’un être qui est chair de sa chair, os de ses os (cf. Gn 2, 23) et en qui vit également l’esprit de Dieu créateur peut satisfaire l’exigence d’un dialogue interpersonnel, qui est vital pour l’existence humaine. En l’autre, homme ou femme, Dieu se reflète, lui, la fin ultime qui comble toute personne. »

Les rôles de la femme sont nombreux, irremplaçables et surtout servent à tirer l’humanité toute entière vers des hauteurs nécessaires : d’abord, elle porte la vie, ce qui lui confère une place absolument éminente dans l’ordre des choses essentielles ; la femme a un rôle particulier sur les aspects de conscience morale ; elle est gardienne de la chasteté (vaste enjeu dans le contexte de dégradation absolue des mœurs) ; elle porte une grande part de la responsabilité éducative ; elle « représente l’amour qui accompagne » tant dans la cellule familiale que dans la relation aux autres… La femme au foyer, indûment considérée comme « sans statut » par l’administration, investit par le don d’elle-même et son sacrifice de discrétion et d’humilité, ces champs primordiaux qui structurent et fondent une société civilisée : éducation des enfants, disponibilité aux autres, actions bénévoles et petites choses du quotidien qui créent ces infimes liens d’amour et d’amitié entre les hommes.

Gabrielle Vialla révèle que « Chez la femme, l’interrogation sur la qualité de la relation est souvent prépondérante et qu’elle doute facilement de la solidité et de la réciprocité de l’amour, mais aussi simplement de la sincérité de l’intérêt qu’on lui porte, la confiance lui étant difficile. » Les symptômes (relativisme, matérialisme, individualisme) de la société occidentale malade et déverticalisée sont puissants et impactent particulièrement la femme qui est vulnérable et plus exposée. Quelle tristesse ! Mais ce n’est pas une surprise si l’on songe aux atteintes la visant qui sont très virulentes, insidieuses et souvent parées des atours du moralisme athée contemporain : éclatement des familles, paupérisation économique (50% des femmes en France vivent sans conjoint en assumant souvent seules les enfants), avortement, PMA, GPA, genre, transhumanisme parmi d’autres attaques jouant habilement de sa fragilité constitutive. Mais il faut d’autre part insister sur le fait que la femme incarne aussi la force. Gabrielle Vialla nous offre une belle et profonde méditation du cycle féminin comme manifestation possible de cette force intérieure. Sur d’autres fronts, dans le combat spirituel ou politique par exemple, la femme occupe une place de choix dans l’histoire. Plus simplement, on peut aisément constater qu’au quotidien, elle est souvent moins pusillanime que l’homme qui se cache volontiers, élude ou contourne les difficultés, quand elle, de son côté, les prend à bras le corps sans coup férir. L’auteur renchérit : « Trop souvent, parce qu’elle se sous-estime, à cause d’un système éducatif rigide, spécialisé, peu adapté à sa richesse féminine qui est souple, capable de faire des liens entre des domaines divers non toujours scolaires, la femme ne se rend pas compte des trésors qu’elle a dans son cœur, sa tête, et ses mains. Celles qui ont choisi cette magnifique appellation d’être le cœur du foyer", pensent souvent être illégitimes et négligent alors d’œuvrer à la mesure de ce qu’elles peuvent réaliser. De l’or perdu ! »

Appelant à la réciprocité homme/femme, à la reconnaissance et au soutien indéfectible des femmes par les hommes, Gabrielle Vialla cite ce très bel appel de Jean-Paul II aux femmes et à leur rôle éminent pour l’édification des hommes et de la société : « J’adresse moi aussi aux femmes cet appel pressant : "Réconciliez les hommes avec la vie.", vous êtes appelées à témoigner du sens de l’amour authentique, du don de soi et de l’accueil de l’autre qui se réalisent spécifiquement dans la relation conjugale, mais qui doivent animer toute autre relation interpersonnelle […] La mère accueille et porte en elle un autre, elle lui permet de grandir en elle, lui donne la place qui lui revient en respectant son altérité. Ainsi, la femme perçoit et enseigne que les relations humaines sont authentiques si elles s’ouvrent à l’accueil de la personne de l’autre, reconnue et aimée pour la dignité qui résulte du fait d’être une personne et non pour d’autres facteurs comme l’utilité, la force, l’intelligence, la beauté, la santé. Telle est la contribution fondamentale que l’Eglise et l’humanité attendent des femmes. »


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