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MN prend la marge et revient en septembre


Retour sur Moralement correct

Retour sur Moralement correct

Par  

Jean Sévillia, déjà auteur des best-sellers "Le Terrorisme Intellectuel" et "Historiquement Correct", publiait en 2007 un nouvel opus intitulé "Moralement Correct". Y revenir neuf ans après peut agacer ceux qui en ont marre des "réacs". Si nous évoquons cette terminologie de "réactionnaire", c'est parce que par définition elle désigne celui ou celle qui a des réactions, n'est pas amorphe, vit et ne se contente pas d'exister, est l'inverse du consommateur invertébré et jouisseur… Oui, nous aimons être qualifiés de "réacs" en tant que lecteurs de Jean Sévillia ! Plus précisément, notre auteur, précurseur dans l'analyse clairvoyante des maux dont souffre notre nation, a ouvert la voie à de nombreux essayistes, écrivains, journalistes, philosophes qui se battent aujourd'hui et refusent les diktats du monde moderne, le libéralisme mondial et sauvage, et le relativisme dogmatique : Finkielkraut, Zemmour, Houellebecq, Onfray, Rioufol….et d'autres. Il a permis à l'audace et à la parole libre, même minoritaires, de continuer à s'exprimer dans notre beau pays. Ces cosaques ou ces nouveaux hussards, pour des motifs identiques ou bien différents, venus de la gauche ou de la droite -en fait peu importe!-, ne veulent pas l'implosion de notre civilisation et s'agrègent sur cette visée qui constitue leur dénominateur commun. Ils sont donc les héros nationaux des temps modernes. Ils luttent pieds et poings contre l'idéologie politique et médiatique dominante et contre l'hydre mondiale qu'elle a enfantée et qui engloutit tout sur son passage -les régions, les nations, les frontières, les différences culturelles, les paysans, les ouvriers -qu'on songe à la disparition de notre industrie- pour se vautrer au pied du trône du Dieu Marché.

Déjà en 2007, notre auteur, d'une lucidité impressionnante, décrivait en historien méticuleux, les causes du délitement de la France. Non pas comme un décliniste, un Cassandre, mais de façon méthodique, pragmatique, en liaison directe avec le pays réel, sans perdre cependant tout espoir de renouveau ou de reconquête. Ses interrogations ne manquent pas d'interpeler encore : "un pays où 50% de la jeunesse se drogue et où 50% de la jeunesse -peut-être pas la même- regarde des films pornos, n'est-il pas un pays en crise, et en mal d'identité ou d'idéal"? Ou encore : "nos contemporains ne s'intéressent pas à la question des origines de la vie ni des fins dernières, c'est la première civilisation à agir ainsi", est-ce le signe d'une bonne santé pour cette société de consommation ayant perdu la charpente des valeurs et toute forme de transcendance ? Il décrypte les tendances lourdes comme l'hédonisme et l'individualisme -le moi je- fruits de la société construite ces quarante dernières années, la "sexe attitude" et les ravages de Mai 68, le "droit au non-travail" et la logique d'assistanat promue par notre Etat Providence.

Sa vision était en 2007 d'une acuité exceptionnelle, sur l'immigration, l'addition des cultures dans une France ne parvenant pas à assimiler les populations maghrébines et noires-africaines issues de la décolonisation et de la politique immigrationniste qui suivit -ce qu'elle fit pourtant bien pour les Italiens, les Portugais, les Espagnols ou les Assyro-Chaldéens présents à Paris par exemple-. La place de l'Islam en France se posait déjà et le problème allait s'accentuer.

Depuis, la volonté ou l'idée même d'assimiler s'apparente à un fascisme pour les bien-pensants droits de l'hommistes qui considèrent que les cultures se doivent de coexister dans le vivre-ensemble et qu'aucune, même celle du pays d'accueil, ne doit prévaloir sur les autres. Cette haine de soi et cette préférence de l'autre sont devenues une doxa que seul l'Occident européen est capable d'ériger en principe, en dépit de toute cohérence, dans un masochisme qui confine à l'autodestruction. Il est vrai que les forces qui poussent à cela sont puissantes et mondiales, européennes donc aussi, et que la France, pauvre esquif isolé sur l'océan démonté, ne peut qu'être emportée par les flots sans jamais être en mesure d'assumer sa vocation de "fille aînée de l'Église et éducatrice des peuples".

Jean Sévillia savait que le multiculturalisme, c'est à dire la juxtaposition de cultures éparses à nos valeurs occidentales ayant perdu le caractère de référent, de norme, de cadre à respecter, conduirait irrésistiblement aux tensions, au terrorisme et à la guerre civile.

À quoi sert de se lamenter sur la situation advenue? " Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes " observait déjà Bossuet.

Relire cet ouvrage de Jean Sévillia, c'est se donner les moyens de comprendre notre société française si complexe, de réaliser un juste et froid diagnostic sur les causes de son délitement, et de ne plus attendre pour apporter les remèdes nécessaires. Avec cette clé, en final de l'ouvrage, de la "morale, ce chaînon manquant" qui permettrait de charpenter à nouveau notre nation.


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