Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Saint Fernandel

Saint Fernandel

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Laurent James publie aux Editions Nouvelle Marge un livre intitulé Saint Fernandel. Pour l’auteur, Fernand est le ré-enchanteur, il lui emprunte d’ailleurs ce style rabelaisien si français : « Je ne me retiens pas de pleurer, moi, devant Fernandel : de par son intime vibratilité spasmodique, le Schpountz-Pantocrator crève mes globes oculaires en poudre d’eau pailletée, et mes oreilles prennent le large en dégueulances de liquoreux cérumen. » ; «  Sa voix mâle, assurée de vous envaper dans sa stricte logique irréfutablement décalée, ne vous lâchera jamais plus. Ignace, Barnabé, Victor, Célestine, Amédée, Octavie, … : son rêve était de ré-enchanter le calendrier, d’assigner à chaque saint journalier une ritournelle spécifique, apte aux plus délirantes prières extatiques. C’est une tentative directe de mettre en musique La légende dorée, pas moins ! »                                                                            

Fernandel qui eut cent quarante-huit films à son actif fut souvent confondu avec son personnage fétiche, Don Camillo. Il fut même reçu en audience privé par Pie XII qui voulait s’entretenir avec, disait-il, « le plus connu des prêtres de la chrétienté après le pape. » Il fut un boulimique de son art, « absolument incapable de refuser un script, son envie première étant de pouvoir jouer tous les rôles imaginables, jusqu’à parvenir à incarner à l’écran la totalité des êtres de cette planète, vivants et morts. Comme dans Sénéchal le magnifique, mais à l’échelle du cosmos. Le rêve de Fernandel est d’être le seul interprète d’un film de trois mille heures qui s’appellerait Histoire mondiale de l’humanité, où il jouerait simultanément tous les rôles – bébés, femmes et animaux compris. »

« Atteint de cette horrible maladie du rire », « loyal envers le cosmos », Fernandel avait déclaré à Ciné-revue dans les années 1960 : « L’humanité est faite de jaloux, de prétentieux, d’ambitieux, d’égoïstes, de cupides, de pessimistes, mais elle a sa contrepartie de joyeux caractères, d’âmes nobles, de sages, de modestes, de dévoués et de désintéressés. Choisissez, moi c’est fait. »

Litanies, jubilation sans restriction :

  • « Un garçon d’honneur au cœur de lilas célébrant la fulgurante beauté ophélique de Marcelle Romée. »
  • « Fernand à bras-le-corps avec le bric-à-brac. »
  • « Le courtisan d’une jeune femme subissant une fausse attaque nocturne. »
  • « Casimir le garçon de café entrainant Georgius (contractuellement sans femme) au cabaret La Vache en Folie. »
  • « Valentin Bourgeasse profondément enivré par habitude. »
  • « Un varois tenaillé par l’amour. »
  • « Chatelard le mari volage muet comme une carpe (il faut dire que Prévert est aux dialogues). »
  • « Eloi le chauffeur maladroit ne vivant que d’amour et d’eau fraîche. »
  • « Saturnin le jeune valet de ferme du Garlaban au visage de skinhead mystique, sauveteur dévoué du bébé bâtard d’Angèle. »
  • « Albert Durandal comptable chanteur à ses heures (feutre mou et rasé de frais), recueillant la petite Josette pour la mettre entre les mains d’un Juif super-riche et lui impulser une carrière à la Shirley Temple. »
  • « Simplet l’Idiot, non pas d’un, mais de deux villages. »
  • « Albert Topaze -moustaches fines, petite barbiche et raie au milieu- d’abord professeur modeste dans une pension sordide, se faisant virer pour refus de relever les notes d’un cancre fils de baronne, puis embaucher par un conseiller municipal véreux pour couvrir les malversations d’icelui : il finit par comprendre que « les hommes ne sont pas bons », et accède aux prospérités du vice en devenant escroc de grande race. »

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