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Sarah réveille les couples

Sarah réveille les couples

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Qu’il est plaisant de lire de temps à autre le cardinal Sarah. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et pour la discipline des sacrements est d’une certaine manière le pape qui nous manque. Robert Sarah n’est pas François, il ne fait pas de politique, il ne veut pas plaire aux puissants de ce monde, il ne cherche pas à épouser les thèmes du temps.

Dans son ouvrage Couples, réveillez votre amour, il exhorte les conjoints catholiques à ne jamais cesser de cultiver leur amour. Il parle du bon Dieu. Il convoque la vérité. Il nous touche aux tréfonds de l’âme. Il pourrait parler comme Simone Weil dans La pesanteur et la grâce : « Le beau est ce qu’on ne peut pas vouloir changer. »

Tout est légèreté dans son livre mais aussi invitation programmatique adressée aux couples : « Voyons maintenant comment la vie conjugale peut être irradiée de la présence du Christ notre Sauveur, et donc entrer dans la dimension sacrificielle de sa vie offerte pour le Salut du monde. Chers amis époux chrétiens, il suffit pour cela de vous remémorer les trois étapes de votre rencontre avec votre conjoint, qui vous ont conduits à n’être plus qu’un avec lui, et donc à votre union et votre communion dans le mariage. Ces étapes sont semblables à celles de notre vie spirituelle. Elles ont pour noms : le ravissement ou éblouissement, le sacrifice ou offrande de soi-même, et la résurrection. » Ah, le ravissement ! Nous avons moultes fois écrit dans la revue Mauvaise Nouvelle au sujet de la capacité d’émerveillement qui s’est éteinte chez l’homme moderne. « Le monde ne mourra pas par manque de merveilles mais par manque d’émerveillement » disait le génial Chesterton qui décochait cet autre trait subtil : « C’est une chose de rapporter une interview avec une gorgone ou un griffon, créatures qui n’existent pas; c’est une tout autre chose de découvrir que le rhinocéros existe et alors prendre plaisir au fait qu’il a l’air de ne pas exister. Nous cherchons la vérité, mais peut-être recherchons-nous d’instinct les vérités les plus extraordinaires. »

Robert Sarah nous rappelle qu’il faut lire le Cantique des cantiques, merveille des merveilles de la Bible, ode à l’amour de l’époux à l’égard de son épouse, hymne charnel au délicat érotisme, qui dévoile l’insondable mystère de l’amour dont la force est son incarnation même : « Si tu ne le sais, ô la plus belle entre les femmes… ainsi tu m’apparais ».

Le cardinal ne cherche pas simplement à édifier, il convoque l’homme d’aujourd’hui bien souvent infidèle et inconstant, et interroge sa médiocrité : « Le divorce est le plus grand désastre qu’un homme ou une femme peut connaître, le malheur le plus irréparable et le désastre le plus grand et le plus destructeur des enfants. » Nous sommes ici à des années lumières de la ritournelle bête et désespérante entendue partout, selon laquelle « la société a changé » et nécessite désormais toutes les ouvertures sociétales : normalisation puis généralisation de l’homosexualité, PMA pour toutes, GPA bientôt, avortement jusqu’à 9 mois (vous avez bien lu !) en cas de détresse psycho-sociale, diffusion de l’idéologie du gender pour clouer le bec à la dictature de l’altérité sexuelle qu’a trop longtemps imposée la nature…

Le prélat écrivain poursuit son invite à l’élévation de tous les couples de bonne volonté, son Duc in altum : « Puis vient la deuxième étape : il s’agit du sacrifice ou offrande de soi-même, qui mène à la troisième étape, la résurrection. L’amour, par essence, implique un saut dans l’inconnu, une mort à soi-même, car le véritable amour est un amour qui va jusqu’au bout de l’Amour. Et aller jusqu’au bout de l’Amour, c’est mourir pour ceux qu’on aime. Et c’est aussi leur pardonner. Ce qui implique l’expérience un jour ou l’autre, de la Croix et donc du sacrifice, qui va sceller définitivement l’unité des époux. En d’autres termes, le caractère définitif et irrévocable de l’union conjugale, qui existe déjà objectivement sur le plan sacramentel depuis l’échange des consentements, va devenir une réalité existentielle. »

Le mariage chrétien, la fidélité, l’amour inconditionnel du conjoint, l’humilité devant la puissance de cette grâce qu’irrigue deux êtres qui n’en font mystérieusement plus qu’un : voilà la rupture, la vraie disruption qui peut transformer le monde et l’aider à rejeter ses nombreuses idoles, dont celles de l’hypersexualité débridée et de l’hédonisme asservissant.


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