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Tartuffe chez les homos

Tartuffe chez les homos

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Ce livre1, sorti dans l’ambiance euphorique de l’humanisme synodal, devrait être uniment soutenu par la bien-pensance catholique, en tant qu’il annonce la posture de la « nouvelle évangélisation » sur la question homosexuelle.

« La seule chose qui existe dans l’homosexualité, c’est le désir homosexuel » affirme tout de go l’auteur qui se proclame homosexuel et catholique.(10)2 Et la jouissance ? Elle est tout bonnement exclue : « dans les débats sur l’homosexualité, attachons-nous à ne parler que du "désir homosexuel" . Ce sera plus clair et plus réaliste »(11), fait-il prudemment observer.

L’acte sexuel est donc implicitement traité comme opacifiant et non-réel, c’est-à-dire rejeté dans une virtualité évanescente. Le non-dit des ébats dans les débats est un impératif catégorique pour Philippe Ariño. L’acte sexuel de l’homosexualité est ainsi évacué comme secondaire et insignifiant. Serait-ce le trouble de son évocation qu’il faut surtout s’interdire de nommer ?

L’auteur s’empresse de citer Yves Navarre pour qui l’homosexualité est « une sensibilité avant de s’exprimer dans une sensualité et des actes sexuels »(11). Cet argument d’autorité lui semble suffisant pour limiter tout discours sur l’homosexualité à cette « sensibilité » qui la fonde. Évidemment avec des prémices aussi réductrices, il est facile pour l’auteur de soutenir « qu’il n’y a quasiment pas de différences entre l’homosexualité masculine et l’homosexualité féminine ! » (13) Tel est le déni inverti de la différence sexuelle. On reste confondu devant une telle hypocrisie qui s’affiche libérée.

Actuellement, l’Église catholique romaine établit une distinction entre les actes d’homosexualité, « intrinsèquement désordonnés », « contraires à la loi naturelle » – condamnables par l’institution ecclésiastique – et la personne homosexuelle, digne de « respect, compassion et délicatesse »3. Les autres instances chrétiennes reprennent œcuméniquement le même discours4. Cette dissociation entre la personne et ses actes signifie-t-elle qu’il nous faudrait disjoindre la personne du Christ et l’acte de sa passion ?

  1. Philippe Ariño, L’homosexualité en vérité, Éditions France catholique, 2012.
  2. Les chiffres entre parenthèses renvoient à la pagination de l’édition citée.
  3. Catéchisme de l’Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2.
  4. Cf. le récent livre du père orthodoxe Marc-Antoine Costa de Beauregard, Regard chrétien sur l’homosexualité, Éditions de l'Œuvre, 2013.

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