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Agriculture : vivement la fin de l'embargo russe

Agriculture : vivement la fin de l'embargo russe

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Parce que l'agriculture « est toujours dans un état critique », le principal syndicat agricole européen a appelé la commission « à intensifier ses efforts en vue de la réouverture du marché russe ». L'embargo sur les produits alimentaires européens, imposé par Russie, pénalise les agriculteurs européens depuis maintenant près de deux ans. Cet embargo avait été décidé en représailles aux pénalités économiques décidées par l'Europe lors de l'annexion d'une partie de l'Ukraine.

L'agriculture européenne, et notamment française, connaissait déjà un désarroi profond causé par l'abandon des quotas de la PAC et l'explosion de la production. Compte tenu de ces cours, les fermes doivent atteindre une masse critique pour être viables, afin que les économies d'échelle rendent possible un équilibre économique. En plus de perturber les habitudes et les traditions, ce bouleversement demande des investissements conséquents. Les difficultés actuelles, fruits de l'embargo russe, ont rendu impossibles les lourdes dépenses nécessaires à une révolution agricole non désirée mais inéluctable. Difficile dans ces conditions de ne pas comprendre l'exaspération des agriculteurs, otages d'une crise qui ne les concerne pas.

Par excès de suivisme pro-américain ou par excès de bon sentiments qu'importe, la raison économique et ses difficultés ont été totalement éclipsées lors de la prise de décision des sanctions contre la Russie. Heureusement, le temps et le cortège de conséquences néfastes ramènent peu à peu les justiciers à la réalité. Déjà en février dernier, Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, avait regretté l'absence d'anticipation de la commission européenne, face l'impact de cette décision diplomatique sur le monde agricole. « Il faut que l'Europe bouge sur cette question. Il ne s’agit pas d’attendre, on a besoin de lever l’embargo russe, c’est la responsabilité de la Commission, il faut qu’elle s’en donne les moyens. » Le mois dernier, c'est l'Assemblée Nationale qui a proposé de ne pas prolonger les sanctions à l'égard de Moscou.

Ces mouvements, ces signaux, s'ils ne font certes pas la décision, indiquent néanmoins que la perception des faits tend à évoluer à tous les niveaux.

La décision de maintenir les sanctions à l'encontre de Moscou, et probablement en retour de l'embargo contre les produits agricoles européens, sera débattue à l'été lors du Conseil Européen de fin juillet ; le maintien de la situation actuelle demandera l'unanimité. La chose semble de moins en moins probable…

La realpolitik et sa petite soeur, la raison d'État, ont toujours pris leur distance avec la morale et la démocratie ; il n'y aura pas d'exception pour la Russie et c'est tant mieux. Après tout, en quoi le Maréchal al-Sissi est-il un plus grand démocrate que le lieutenant-colonel Poutine ? En quoi l'industrie des armes mérite-t-elle davantage, que le secteur agricole, que l'on fasse des concessions pour elle ?


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