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Énergie nucléaire : quand l'IPCC fait les comptes

Énergie nucléaire : quand l'IPCC fait les comptes

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D'après le dernier rapport de l'IPCC (Working Group III, 2014) le secteur de la production d'énergie électrique est le plus gros émetteur de CO2, en gros le tiers de toutes les émissions anthropogéniques. Le secteur des transports n'est pas pris en considération et pour cause : il s'agit d'un poste de production de CO2 hautement décentralisé et atteindre des objectifs de réduction d'émissions de carbone n'a rien à voir avec le secteur énergétique qui est au contraire centralisé. Par exemple l'objectif de diminution des émissions de carbone dans le secteur automobile tel qu'il a été décidé par la commission européenne entrant dans le fameux 20 % de diminution constitue un challenge proprement inaccessible. Juste pour ce qui concerne la France, il faudrait convertir à l'électricité au moins un demi-million de véhicules automobiles à essence chaque année afin de respecter d’extrême justesse les objectifs fixés. Autant dire tout de suite qu'il s'agit d'un doux rêve.

Pour le reste des émissions de carbone, cela concerne le secteur industriel hors énergie et à moins de créer une violente récession économique, ces objectifs de réduction ne seront pas non plus atteints. Malgré tout l'IPCC, habitué aux déclarations alarmistes appuyées sur des projections informatiques déduites de savants calculs et autres simulations ne cesse de prédire l'apocalypse infernale qui attend l'ensemble de l'humanité si rien n'est fait sérieusement et de manière décisive aussi vite que possible. Toute la stratégie préconisée par l'IPCC se résume en une phrase d'Ottmar Edenhofer (IPCC, co-président du Working Group III) : « There is a clear message from science : To avoid dangerous interference with the climate system, we need to move away from business as usual », déclaration lapidaire et qui veut bien dire ce qu'elle veut dire. En français ça donne à peu près ce pamphlet : La science donne un message clair : afin d'éviter toute interférence dangereuse avec le système climatique, il est nécessaire de changer entièrement de paradigme. En d'autres termes il faut bannir la croissance à tout prix et revenir à l'âge des cavernes ou opter pour un développement de l'énergie nucléaire. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les « experts » de l'IPCC !

Dans tous les scénarios de stabilisation des émissions de carbone (entre 430 et 530 ppm d'équivalents CO2) la part de la production d'électricité peu productrice de carbone devra passer de 30 à plus de 80 % vers 2050 et 100 % vers 2100, en se basant sur les prédictions de l'IPCC. Autant dire que ces prédictions posent un réel problème dont on ignore actuellement les solutions. Pourtant, et ce n'est pas une surprise, le rapport de l'IPCC confirme clairement que l'énergie nucléaire compte parmi les sources d'énergie (électrique) les plus économes en carbone et le rapport précise donc un classement des sources d'énergie en termes d'émission de carbone. Le nucléaire et les moulins à vent sont les plus satisfaisantes sources d'énergie électrique : 12 grammes/kWh. L'hydraulique et le solaire, 24 et 28 g/kWh respectivement. La biomasse, pourtant considérée comme économe en termes de carbone atteint 220g ! Les combustibles fossiles avec séquestration du CO2 (cette approche tient encore du doux rêve) sont évalués toujours dans le même rapport entre 160 et 220 g. Le méthane avec cogénération, c'est pire : 490 g et enfin le charbon et la lignite 920 g, n'insistons pas. Plus surprenant ce rapport indique qu'en termes de sécurité le nucléaire et l'hydraulique sont les deux filières les plus sûres et cette assertion va certainement énerver les écologistes mais après tout les « experts » de l'IPCC ne sont-ils pas des écologistes professionnels dont il faut prendre les propos à la lettre ?


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