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L'État pétrolier du Québec

L'État pétrolier du Québec

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Le québec deviendra bientôt la sixième région canadienne productrice de pétrole. Pétrolia, premier groupe pétrolier de la région du Québec et qui est son premier actionnaire, est sur le point de lancer l'exploitation de gisements situés au bord du golfe du Saint-Laurent, près de la ville de Gaspé. L'indépendance énergétique, défendue par le gouvernement indépendantiste, de la région qui satisfait déjà 40 % de ses besoins énergétiques rien qu'avec ses barrages hydro-électriques, en sortira évidemment renforcée. Le projet ne fait cependant pas l'unanimité, y compris au sein du gouvernement où Yves-François Blanchet, le ministre du développement durable et de l'environnement confie ne pas être "du tout enthousiaste". Pourtant, l'aventure pétrolière du Québec ne devrait cependant pas s'arrêter là, notamment grâce à l'exploitation de pétroles de schiste, après un moratoire sur leur extraction.

Pétrolia envisage maintenant de se lancer dans un nouveau projet dans l'île Anticosti, située elle aussi dans le golfe du Saint-Laurent. La partie la plus septentrionnale du golfe, aujourd'hui dépourvue de tout accès au gaz naturel notamment, serait assise sur près de 40 milliards de barils de pétrole, soit l'équivalent des réserves prouvées du Nigéria. En outre, la qualité de ce gisement serait exceptionnelle, comparable à celle du Brent de la mer du Nord car constitué en majorité d'hydrocarbures légers, plus facilement valorisables que les sables bitumineux de l'Athabasca.

Contrairement à l'essentiel des exploitations, la technique d'extraction ne sera pas la fracturation hydrolique, fortement controversée pour son impact négatif sur l'environnement et qui justifie notamment l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste en France. La compagnie pétrolière envisage d'injecter du gaz naturel sous pression dans les puits pour fracturer la roche et libérer les hydrocarbures qui en sont prisonniers. La technique présente aussi l'avantage d'être indépendante une fois lancée, puisque le gaz extrait peut être réutilisé pour réaliser de nouvelles fracturations ; autre avantage de la méthode, pas besoin d'investir dans de lourdes installations de dépollution, comme les engins de décontamination des boues de forages issues de la fracturation hydrolique. Des tests à grande échelle devraient être lancés l'année prochaine pour un lancement de la production en 2016.

Novice dans l'industrie pétrolière, la région devra d'ici là établir une législation adaptée, comme la France l'avait envisagé quand nous pensions pouvoir exploiter le pétrole au large de la Guyane. Le ministre de l'environnement assure à une opinion publique plutôt réticente que cette nouvelle technique, comme les autres, devra convaincre sa très rigoureuse administration pour être autorisée. Précaution d'autant plus nécessaire sur le plan politique que, pendant ce temps, les plus ardents pourfendeurs de l'extraction des hydrocarbures de schiste accusent déjà la fracturation au gaz naturel d'être encore plus polluante que la fracturation hydraulique. Ainsi Pierre-Olivier Pineau, économiste des questions énergétiques, avance que la fracturation par gaz multiplie les risques de fuites de méthane, accusé de jouer un rôle particulièrement actif dans le processus de réchauffement de la planète. Affaire à suivre…

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